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Edito

« Sans être encore dans un régime totalitaire, nous sommes déjà en post-démocratie »

LE PARADOXE D’UN ÉTAT À LA FOIS OMNISCIENT ET IMPOTENT En quelques mots, on a nié la possibilité de distinguer avec rectitude le bien du mal, le juste de l’injuste, le vrai du faux. Dans notre tradition occidentale, les normes qui dirigent nos actes sont considérées comme objectives et accessibles à la raison naturelle. Tout indique que les universités et grandes écoles ne sont plus les gardiennes de cette tradition, qu’elles se sont mises au service d’un esprit qui refuse la vérité, qu’elles encouragent, prolongent, affermissent la rupture entre le mot et le monde, entre le verbe et l’être, entre l’intelligence et le réel. C’est notamment le cas de l’« l’islamo-gauchisme » qui prospère dans l’enseignement supérieur. Cliquez sur l’image pour accéder à notre Tribune dans Marianne

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Après la crise, engageons une renaissance politique

Notre dernière tribune dans Valeurs Actuelles Cliquez sur l’image pour accéder à la Tribune La crise sanitaire, ses causes et sa gestion nous ont donné une certitude. Le “monde d’après” devra s’appuyer sur un système politique totalement rénové. Bien triste constat. Bien inquiétant également, quelles que soient nos opinions politiques. Mais l’exaspération populaire accumulée depuis de nombreuses années n’aura trouvé aucune raison de s’apaiser avec la gestion de la crise sanitaire. Le “système” politique et l’Etat n’ont pas satisfait aux attentes. Au contraire, ils ont accru le niveau de défiance. Les Français ont désormais constaté l’inanité du logiciel politique et l’incapacité du Président à réagir et à conduire le pays. Les français ne veulent plus de ce faux-semblant. Ils ne veulent plus de cette France incapable d’anticiper, de s’armer contre les risques et les menaces. Ils ne veulent plus de cette idéologie qui fait perdre au pays son indépendance et sa souveraineté, autant que sa capacité à les considérer ou à les entendre ! Il ne s’agit plus d’une impatience ; il s’agit d’un rejet. Aucun Président et aucun gouvernement n’ont été, dans l’histoire de la Vème République, aussi sourds aux revendications populaires.

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La liberté au service du bien commun — Réponse à Charles Becquérieux

La liberté guidant le peuple

Dans France catholique, Charles Becquérieux propose une analyse percutante du tableau de Delacroix : La liberté guidant le peuple. « Le plus intéressant dans ce tableau, c’est le titre. Car il renferme le secret du désarroi moderne. Pour s’en rendre compte, il suffit de poser une question élémentaire : où va-t-on quand on est guidé par la liberté ? » Souvent édifiés par les démonstrations de l’auteur, nous estimons ici que son analyse de la notion moderne de liberté est pré-thomiste. L’article vise à mettre en perspective une conception de la liberté « auto-déterminante » qui s’est développée à partir de la Renaissance en Europe : liberté privée de contenu et de destination parce qu’elle idolâtre la volonté humaine (et plus précisément la volonté individuelle). À cette conception, l’article oppose en fin d’analyse une liberté « conçue comme la faculté humaine d’être maître de ses actes ». Pourtant cette définition, au-delà du vocabulaire choisi, est précisément ce qui pose problème : l’homme peut-il prétendre être maître de ses actes ? On connaît les analyses très profondes de Max Weber sur le paradoxe des conséquences, illustré chaque jour par l’actualité de notre époque : lorsque l’homme se prétend maître de ses actes, il commet les plus grandes erreurs. Au contraire, …

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Albert CAMUS : Le Vrai Humanisme

Un Homme révolté contre toute forme d’idéologie Il y a soixante ans disparaissait l’UN DES PLUS GRANDS ÉCRIVAINS français du vingtième siècle, mis au ban par les intellectuels de son temps (à commencer par son « ami » Sartre) parce qu’il avait refusé toute idéologie. Ses œuvres témoignent d’une « ouverture indomptable » à toute la réalité, ainsi que d’une lutte passionnée pour ne rien censurer chez l’homme. À commencer par son besoin d’être pardonné. Dans le siècle le plus nihiliste et tragique de toute l’histoire, Camus représente l’un des artistes qui se sont le plus fièrement opposés à cette évolution, non pas au nom d’une religion, mais au nom de l’expérience humaine, ce que nous appellerions – sans aucune crainte de forcer la réalité – l’expérience élémentaire. Un homme n’est pas pleinement homme s’il ne s’ouvre pas à la réalité tout entière, totale. C’est notre véritable vocation, la vraie nature de la raison : Un artiste (autrement dit un homme) qui ne peut s’ouvrir à la réalité entière est comme mutilé. En un siècle dans lequel la raison a été utilisée pour compter, diviser, regrouper, calculer, mesurer, un siècle où la raison a été l’instrument abstrait d’une informatisation et …

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Lettre Politique N°2 : Qu’est ce que l’Idéologie

Qu’est-ce que l’idéologie ?  Dans son essai Le pouvoir des sans pouvoir, Vaclav Havel définit ainsi l’idéologie : « … chacun est en même temps plus ou moins prêt à se résigner à la « vie dans le mensonge », chacun succombe d’une manière ou d’une autre à une réification profane et à la docilité ; en chacun il y a une tendance à se dissoudre dans la masse anonyme et à suivre tranquillement avec elle le courant de la pseudo-vie. Il ne s’agit plus ici depuis longtemps du conflit de deux identités. Il s’agit de quelque chose de pire : de la crise de I’identité elle-même. » Léger MOISSAC Voici le lien pour lire la lettre dans sa totalité : La lettre politique2

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Révolte pour le Bien Commun : Constituer une communauté nouvelle

La POLIS parallèle Pour se mettre dans cet état d’esprit, nous trouvons un excellent modèle dans l’expérience des dissidents au régime communiste tchèque. Le dramaturge et prisonnier politique Václav Havel et ses proches on écrit, sous des degrés d’oppression et de persécution inimaginables pour nous, des essais qui offrent une saisissante vision de ce qu’est la politique chrétienne dans un monde où ses tenants sont une minorité impuissante et méprisée. Havel, mort en 2011, professait une « politique antipolitique », dont l’essence était de « vivre en vérité ». Il le développa fameusement dans un long essai écrit en 1978, le Pouvoir des sans pouvoir, qui électrisa, à sa publication, les mouvements de résistance en Europe de l’Est. C’est un livre remarquable, que tous les chrétiens orthodoxes occidentaux devraient lire et méditer. Prenons l’exemple, écrit Havel, d’un marchand de primeurs vivant sous un régime communiste, qui mettrait sur sa devanture une pancarte clamant : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! » II ne le fait pas nécessairement parce qu’il y croit ; tout ce qu’il souhaite, c’est ne pas avoir d’ennuis. Et s’il n’y croit pas vraiment, il s empêche de ressentir l’humiliation d’une telle coercition en se …

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JÉSUS : L’événement d’une rencontre !

L’un des impératifs non écrits du monde d’aujourd’hui voudrait nous obliger à penser que pour se sentir vivants, il convient de changer souvent. Changer de lieu, changer d’amours, changer de travail, changer de look, changer de vie et de croyance. Le poète TS ELIOT dans les chœurs du Roc, donne cet avis : «  Le monde tourne et le monde change / mais une chose ne change pas / La lutte perpétuelle du Bien et du Mal». C’est-à-dire la lutte, la différence entre ce qui réalise complètement le désir et ce qui, au lieu de cela, le déçoit et le déprime. L’histoire change, aussi bien l’histoire personnelle que l’histoire collective, les lieux changent, les usages. Durant ces dernières décennies, nous avons assisté à une série impressionnante de changements dans la politique mondiale, dans les habitudes, dans les modes et les lois, dans les moyens que les hommes ont à leur disposition. Et pourtant le cœur de la personne, ce que saint Paul appelle « mentalité », peut rester identique, immobile. Et au milieu d’une lutte quotidienne entre ce qu’on sent comme le bien et le mal, il peut rester dépaysé, incertain : une mentalité, un « moi », au fond rabougris, suspendus peut-être entre de grands …

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Dans l’attente, acquérir la dignité de l’être

Ceux qui réfléchissent un tant soit peu s’accordent sur le fait que le monde, notre monde à nous, c’est-à-dire l’Occident, est au plus mal et que les crises qui le secouent ne cessent de se multiplier tout en s’aggravant. Les attaques terroristes régulières viennent seulement s’y ajouter. Une sourde angoisse nous étreint ; On voudrait bien qu’une nouvelle révolution soit en marche, mais il ne se passe rien, sinon le morne défilement de jours gris tendant à s’assombrir. Sommes-nous donc désormais totalement abandonnés par les dieux ? Chaque jour qui passe nous révèle de nouveaux scandales, de nouvelles déchéances, nous rapprochant d’une horreur dont nous commençons plus ou moins consciemment à distinguer les contours. Cette marche vers la catastrophe est-elle due à la fatalité d’un destin morbide ? N’y-a-t-il donc rien à faire pour conjurer le sort funeste qui nous attend ? Dans les contingences actuelles, Il n’y a pas de solution, aucune alternative ; nous aurons bientôt droit à la fin des temps… ? L’Alternative spirituelle A moins que… A moins que nous n’acceptions de nous remettre véritablement en question. avec la volonté de laisser de côté nos grilles de lecture habituelles. Au vu de la situation calamiteuse dans laquelle nous …

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L’attente est la première forme de notre révolte

Chers amis, En cette rentrée de septembre, les difficultés auxquelles nous devons faire face, qu’elles soient personnelles (précarité, perte d’emploi, maladie, fragilité humaine, trouble existentiel, mal provoqué ou subi) ou collectives (crise économique, malaise social, confusion politique, incertitude internationale) sont si imposantes que nous pourrions finir par nous résigner à ne plus rien attendre. Pourtant, jamais comme en ces circonstances, les mots de DANTE – qui nous reviennent en tête- ne se sont révélés aussi évidents : » Chacun confusément conçoit un bien ou l’âme se repose et le désire; et chacun s’efforce à l’atteindre ». Mais quelle loyauté chacun de nous doit avoir pour reconnaitre cette attente et ce désir de bien ! Et ce qui rend cette reconnaissance plus difficile, c’est cette clameur sociale que nous concourons tous à engendrer par notre passivité complice. En fait,  » tout est unanime à nous passer sous silence, moitié comme une honte peut-être, moitié comme une indicible espérance »(RILKE). Chacun de nous sait très bien dans quelle mesure il contribue à cette situation inconfortable. Qui l’emporte ? Notre côté qui attend ou celui qui se contente? PAVESE nous donne un début de réponse, en saisissant en nous, comme personne d’autre, la persistance de cette …

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Traité de Résistance pour le Monde qui vient par Bertrand VERGELY

En 1978, Vaclav Havel publie un texte retentissant, Le Pouvoir des sans-pouvoirs, annonçant la fin du communisme et l’avènement d’un post-totalitarisme mêlant consommation et idéologie. Ce présage n’est-il pas aujourd’hui ce que la bien-pensance ambiante veut nous imposer à travers des projets comme « la réussite pour tous » ou bien encore « le mariage pour tous » ? Un mélange de socialisme et de libéralisme qui paralyse les consciences en étouffant la pensée ? C’est le constat effectué par Bertrand Vergely qui nous invite à la résistance face à cette montée post-totalitaire dans notre société contemporaine. Le philosophe propose une réflexion stimulante articulée autour de trois questions fondamentales : – Qu’avons-nous fait de l’amour ? – Que faisons-nous de la société, sur quoi repose notre pacte social aujourd’hui ? – Quelle est notre conception de l’Homme ?   Bertrand Vergely appelle à un sursaut des consciences pour rebâtir notre société sur un socle de vérité, la seule voie envisageable pour vivre ensemble.                                                                           …

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