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Écologie

Lettre écologique n° 16 : « Combattre la peur ? »

Éditorial de Ludovic Trollé. Chacun vit avec ses peurs, qu’elles soient intimes ou collectives. La peur peut être une composante majeure de l’expérience humaine. Mais ne serait-elle pas devenue un instrument de gouvernance ? Les dirigeants, avec le principe de précaution, ses règles et ses interdits, ne font en réalité qu’amplifier les craintes et exagérer les risques. La jeunesse prise pour cible Enfermer l’homme dans la peur finit par le culpabiliser pour mieux l’asservir. La meilleure des techniques, pour installer une croyance, consiste à asservir et faire régresser le « moi » psychique des individus. Freud décrit le « moi » comme un organe qui sert de support à la conscience de soi. Le « surmoi » représente les pressions sociales à l’intérieur du système psychique, d’où viennent les sentiments de culpabilité. Le « moi » se construit dès la plus petite enfance et permet l’autonomie psy­cho­logique vis-à-vis d’autrui et de ses propres pulsions. Plus le « moi » est fai­ble, moins le sujet sera capable de lutter contre les pressions, internes et externes. Notre jeunesse est particulièrement exposée. Faute d’expérience, elle n’a pas appris à prendre du recul sur les allégations anxiogènes auxquelles elle est soumise, en particulier dans …

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Lettre écologique n° 15 : « Une démarche de dialogue prophétique »

Engager le débat sans refuser le conflit est une démarche courageuse et de grande valeur. Nous reprenons ici des extraits de la préface de l’ouvrage [1] présenté dans le dossier central de la lettre écologique n°15. par le père Nicolas Buttet, fondateur de la Fraternité Eucharistein Fabien Revol et Stanislas de Larminat échangent entre eux […]. Une telle démarche apparaît comme prophétique dans l’Église catholique de notre temps. Il est si difficile en effet d’oser le dialogue, d’affronter avec maturité humaine et liberté intérieure les divergences de vue ou d’opinion dans l’Église. La longue tradition de la disputatio L’Église a pourtant une longue tradition de la disputatio, comme méthode de recherche et d’enseignement. […] Si parfois cette disputatio apparaissait – dans sa dimension dialectique – comme « l’escrime de l’esprit », elle était avant tout une méthode intellectuelle de recherche permettant l’examen critique de thèses en présence. Elle avait, pour finalité, la vérité. Ce n’est pas autre chose qu’écrivait le philosophe chinois Mozi au Ve siècle avant notre ère : « Le but de la discussion doit être de distinguer le oui et le non, le vrai et le faux, en vue de produire l’ordre et d’éviter le désordre… Son but …

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Lettre écologique n° 14 : « Ressources limitées ? »

Éditorial de Ludovic Trollé. Dès le début de la crise sanitaire, Emmanuel Macron déclarait pompeusement que la santé n’avait pas de prix. Au nom de l’État, il s’engageait le 12 mars 2020 à « sauver des vies, quoi qu’il en coûte ». Fallait-il donner priorité à la santé sur l’économie ? Cette question n’a pas grand sens. C’est la prospérité qui permet le financement des soins. Un antagonisme malsain L’écologie décroissantiste voudrait opposer l’amélioration de notre environnement et le développement économique. Lors de son discours de passation de pouvoir, le 4 septembre 2018, Nicolas Hulot évoquait une « faille » entre l’économie et l’écologie. Cette croyance est abondamment diffusée. Pourtant, c’est dans les pays les plus développés que les conditions de vie sont les plus saines et que la préoccupation pour l’environnement est la plus grande. Les pauvres n’ont pas les moyens de dorloter la biodiversité. Ils pensent d’abord à augmenter leur niveau de vie, voire à survivre pour certains. Il est souvent considéré comme « évident » que les ressources naturelles sont limitées. Mais plutôt que de regarder l’arbre coupé pour les besoins humains du moment, on pourrait observer avec émerveillement la forêt qui croît et se développe, grâce à …

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Lettre écologique n° 13 : « Monde d’après ? »

Éditorial de Ludovic Trollé. Avec la crise sanitaire, experts et intellectuels de tous bords réfléchissent au « monde d’après » dans de multiples forums ou tribunes. À cette occasion, les écologistes reviennent en force, comme s’ils craignaient que la crise économique ne mette à bas ce à quoi ils croient. C’est en réalité le monde d’avant qui risque de revenir, mais en pire. Rapidement, le président Macron a mis le sujet sur la table : « Il est des biens et des services [dont] nous devons reprendre le contrôle [1]. » Il ne s’agit pas de reprocher à des entrepreneurs d’avoir localisé certaines productions près de nouveaux marchés émergents. Ils ont fait l’expérience de coûts du travail moins élevés, de pressions fiscales plus faibles, de réglementations plus stables et de taux de changes favorables. Mais le retour en Europe de certaines productions ne se fera ni par un coup de baguette magique, ni par une nouvelle couche d’obligations réglementaires. Le poids de l’État en question Concrètement, il revient à l’État de créer les conditions de ce retour en se remettant profondément en cause. Il pourrait par exemple se dégraisser dans des secteurs où son monopole n’est pas nécessaire : éducation, …

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Lettre écologique n° 12 : « De la frugalité »

Dans un épisode rapporté par saint Matthieu, Jésus est qualifié de « glouton » alors que Jean Baptiste est critiqué pour son excès de frugalité (Mt 11, 18-19). Il semble en être ainsi des débats écologiques de notre époque. Pour préserver notre planète et les générations futures, devons-nous limiter notre consommation de biens matériels, ou plutôt développer les investissements dans la recherche de nouvelles techniques ? De la frugalité heureuse à la frugalité par précaution Le concept de « frugalité heureuse » rappelle celui de « sobriété heureuse », développé par Pierre Rabhi et repris par le pape François. Il a été accaparé par les auteurs d’un « ma­nifeste pour une frugalité heureuse et créative » [1], dont l’introduction explique : « Le temps presse. L’alarme sonne de tous côtés. Les rapports du GIEC confirment la responsabilité humaine dans le dérèglement global. » En se fondant sur des thèses alarmistes, ils plaident en quelque sorte pour une « frugalité par précaution ». La sobriété : une vertu L’encyclique Laudato si’ se tourne au contraire vers une « sobriété par choix », par choix libre : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice […] …

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Sobriété par précaution ?

Shadock

Le principe de précaution propose de s’interroger sur les risques liés à une technique ou à un mode de consommation. En amont de cette analyse, il peut être utile de considérer les hypothèses qui conduisent à l’identification de chaque risque. Sont-elles si neutres qu’elles y paraissent ?

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Lettre écologique n° 11 : « Conversion écologique »

Choisir

Dans l’encyclique Laudato si’, le pape François invite les chrétiens à une « conversion écologique ». Il lance un appel à des changements d’attitudes et de mentalités dans notre relation à notre environnement. Cet enseignement social est souvent qualifié de « prudentiel ». Il se situe sur un autre plan que d’au­tres aspects plus spirituels, comme les dogmes de foi. Le cœur d’un paradoxe Sur de tels sujets, notre société refuse une définition commune du bien et du mal, qui permettrait à l’État de définir des interdits au plan indi­vi­duel. En matière d’éducation, elle récuse l’efficacité des punitions et des contraintes. Pourtant, l’opinion publique véhicule l’universalité du bien et du mal écologiques. Pour s’y conformer, elle serait prête à renoncer à la démocratie, certes imparfaite, au profit d’une gouvernance mondiale dépourvue de subsidiarité et d’ancrage historique. Les sanctions et autres mesures contraignantes deviendraient vertueuses, dès lors qu’elles sont dirigées contre les États. Autant l’éthique est rejetée au niveau national, autant la morale écologique apparaît comme un absolu « pour la planète ». Les appels à la conversion écologique, garante d’un salut temporel, se substituent à un salut spirituel, dont plus personne ne croit que la communauté nationale pourrait nous aider à y parvenir. …

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La grande illusion des messianismes temporels

Tenture de l'Apocalypse, Château d’Angers (détail).

[Texte paru dans la lettre écologique no 11.] La plupart des programmes politiques brandissent la menace apocalyptique écologique. Chacun s’emploie à proposer des recettes, voire à imposer des conversions comportementales. L’utilisation de telles techniques se fait souvent au détriment de la vérité. Comment croire les appels à des transitions écologiques forcées, dont on ne sait sur quoi ils sont fondés ni sur quel futur ils jettent des ponts ? Le salut annoncé fait supposer que l’adaptation de notre environnement et ses interactions internes seraient inexistantes, face à une humanité qui serait toute-puissante. Comme si cette résilience de notre planète dépendait d’une simple addition d’« éco-gestes » dérisoires. Ces appels ne cachent-ils pas d’au­tres intérêts, qu’ils soient malthusiens, économiques, phi­lo­sophiques ou politiques ? On qualifie de messianique un mouvement religieux ou politique qui annonce un avenir meilleur fondé sur la « libération » de l’homme. La tentation est grande, pour les élites gouvernantes, de hâter l’avènement de la nouvelle société promise. Nos dirigeants proposent des concepts de « bonheur national brut » ou d’« indice du bonheur mondial ». Fabrice Hadjadj nous met en garde : « Certains discours appellent à une société par­faite, et pour ce faire, méprisent les désirs d’autrui …

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Lettre écologique n° 10 : « Confusion des mots »

[Éditorial de Ludovic Trollé] Le discours de l’écologie politique reprend volontiers le thème des biens communs. On affirmera par exemple que le climat est « un bien commun », ce qui sous-entend qu’il en existe d’autres : nappes phréatiques, pâturages, etc. De telles ressources ont souvent un caractère collectif palpable. Le retour des communs Au pluriel, l’expression « biens communs » rappelle la réalité des « communaux » du Moyen Âge. L’accès à ces pâturages par tout propriétaire de troupeaux n’était possible qu’avec des règles de gouvernance très précises. Une « théorie des communs » s’est développée, surtout dans le contexte des problématiques écologiques. Dans la réflexion de ses promoteurs, il est impossible de séparer la nature de ces ressources et la gouvernance qui accompagnerait nécessairement leur gestion. On peut parfois se demander lequel des deux concepts précède l’autre. La na­ture des biens communs semble justifier une gouvernance appropriée. À l’inverse, une volonté de gouvernance mondiale ne trouve-t-elle pas ici un alibi facile ? Avec un peu de vernis scientifique et de manipulation politique, ne peut- on pas « créer » de toutes pièces des biens communs, pour lesquels il faudra mettre en place une réglementation, voire une instance dédiée ? Ambiguïté linguistique Malgré …

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Lettre écologique n° 9 : l’écologie subsidiaire

La nouvelle lettre écologique n° 9 de l’Institut Éthique et Politique Montalembert propose une réflexion sur l’écologie subsidiaire. La subsidiarité permet l’expression des convictions personnelles, permet le débat et l’identification de remèdes ou d’actions préventives des pollutions locales. C’est à tous les niveaux que se construisent les relations, l’autorité et la solidarité, qui permettent à chacun de contribuer pleinement au bien commun. Bonne lecture ! Pour lire la lettre voici le lien de téléchargement : IEPM_Lettre_ecologique_9.A4  

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