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Enseignement social chrétien

Commentaire de l’encyclique du pape François : Fratelli Tutti par IEPM

L’encyclique Fratelli Tutti du pape François a été signée le 3 octobre 2020, veille de la fête de saint François d’Assise. Elle se présente comme la déclinaison pour l’Eglise catholique du Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, adopté par le pape François et le Grand Imam Ahmad Al-Tayyeb à Abou Dabi le 4 février 2019. Une grande émotion entoure en France cette encyclique qui commence de façon réellement tonitruante : dès son paragraphe 3, le pape y rappelle la visite de saint François au sultan d’Egypte et sa volonté dans cette démarche « de ne faire ni disputes ni querelles mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu ». Si l’émotion ainsi provoquée a permis de parler de cette encyclique dans de nombreux médias, elle aura été vaine si elle empêchait de lire cette encyclique (https://eglise.catholique.fr/vatican/encycliques/lencyclique-fratelli-tutti/) ainsi que l’appel à la paix, à la justice et à la fraternité lancé par le pape et le grand imam (https://www.mcc.asso.fr/priere-pour-la-paix-la-justice-et-la-fraternite/). Les événements en France conco-mitants de Fratelli Tutti ont montré son actualité. Il faut la lire pour en comprendre la pertinence. Construite comme un vaste commentaire de la parabole du bon Samaritain, l’encyclique s’adresse de …

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« On aurait pu prévenir et empêcher toutes ces morts.»

Mais alors, où sont les responsabilités ? Présentation : smart Ayant vécu personnellement mon enfance dans les cités j’ai été témoin, et parfois même victime, de certains dysfonctionnements sociaux qui régissent ces lieux. J’ai eu la chance de rencontrer sur mon chemin de vie certaines personnes qui ont donné du sens à ma vie, ce qui fait qu’aujourd’hui je suis consultant en prévention de la violence urbaine. Je travaille depuis 5 années sur un programme de déradicalisation. Je connais bien l’islamisme, son idéologie et sa violence, c’est pourquoi j’ai voulu consacrer toute mon énergie à le combattre au travers d’actions de prévention. Devant la tragédie de la mort de Samuel PATY et celle de ces trois malheureux fidèles catholiques je m’interroge sur ce qu’il aurait pu être fait pour les éviter. Oui, nous aurions pu prévoir ces drames ! Il ne faut pas laisser dire et penser, encore une fois, qu’ils sont morts par hasard, sans raison, sous les coups d’un ‘’déséquilibré’’ ! Aujourd’hui, il me semble nécessaire de partager ma réflexion pour enfin combattre efficacement l’islam radical et, ainsi, empêcher de nouvelles morts, de nouveaux morts. Je me sens cette responsabilité, en mémoire de Samuel PATY et de ces trois …

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Les églises vides : un signe et un défi !

…et si les églises vides un peu partout dans le monde au moment de Pâques 2020 étaient un signe de ce qui se produira si nous ne parvenons pas à changer radicalement le visage du christianisme ? Il nous faut aller plus loin, plus profond que l’offre des substituts télévisés qui sont proposés. C’est de la République tchèque que nous arrive cette profonde réflexion : Tomás Halik, son auteur (né en 1948), est professeur de sociologie à l’Université Charles de Prague, président de l’Académie Chrétienne Tchèque et aumônier de l’université. Pendant le régime communiste, il a été actif dans l’« Église clandestine ». Il est lauréat du Prix Templeton et docteur honoris causa de l’Université d’Oxford. Notre monde est malade. Je ne fais pas seulement référence à la pandémie du coronavirus, mais à l’état de notre civilisation, tel qu’il se révèle dans ce phénomène mondial. En termes bibliques : c’est un signe des temps. Au début de ce temps de Carême inhabituel, nombre d’entre nous pensaient que cette épidémie allait provoquer une panne généralisée de courte durée, une rupture dans le fonctionnement habituel de la société, que nous allions surmonter d’une manière ou d’une autre, et que bientôt tout rentrerait dans l’ordre comme cela était auparavant. Ce ne …

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POLITIQUE et BIEN COMMUN : Rechercher un point au delà de l’Horizon

 Texte de notre intervention lors du dernier dîner de l’Institut Montalembert Le politique devrait être le lieu où les relations entre l’individuel et le collectif sont le mieux régulées. Or en démocratie, presque par construction, le politique donne toujours la priorité à l’intérêt collectif tel qu’il est supposé être exprimé par la majorité, et ceci bien souvent aux dépens de l’intérêt particulier. Depuis Condorcet, nous savons qu’il est impossible de déterminer un intérêt collectif par simple addition d’intérêts individuels. Même avec l’aide d’une « main invisible », cela reste impossible. Au delà de l’intérêt général, de l’intérêt collectif, voire de la raison d’état qui sont souvent invoqués et qui ne sont que des cache-misères de la démocratie, il faut faire appel au Bien Commun pour s’assurer du fonctionnement harmonieux d’une communauté. Or ce Bien Commun est malheureusement de plus en plus souvent invoqué sans que ceux qui l’invoquent ne sachent véritablement à quoi il renvoie. D’après le Compendium, le Bien Commun est « un ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée »[1]. Définition assez compliquée mais qui reprend des éléments importants : social, groupe membres, perfection… …

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Lettre DSE N°7 : Organisations professionnelles, liberté et bien commun

La septième lettre de doctrine sociale de l’Eglise de l’Institut éthique et politique Montalembert vous propose des extraits de l’ouvrage d’Achille Dauphin-Meunier « La société industrielle contemporaine et les enseignements pontificaux », Nouvelles éditions latines, 1972. A cette époque membre de l’Académie d’agriculture, doyen de la faculté autonome d’économie et de droit de Paris, vice-président de la société française de géographie économique, Achille Dauphin-Meunier analyse les motifs pour lesquels la doctrine sociale de l’Eglise affirme le rôle des organisations professionnelles dans la recherche du bien commun. Une vision déformée des organisations professionnelles, au prisme d’un individualisme radical ou d’un syndicalisme gestionnaire, en fait des obstacles au progrès technique que seule une concurrence effrénée pourrait accélérer. Au contraire, l’organisation des filières professionnelles tournées vers le bien commun est nécessaire pour conforter la dignité et la liberté des acteurs économiques et ainsi dynamiser le progrès technique au service de la société. Pour illustrer ce propos, nous vous proposons également dans cette lettre un extrait de l’encyclique Sertum Laetitiae (« Couronne de la joie ») adressée aux cardinaux américains le 1er novembre 1939 et consacrée à la « question sociale » aux Etats-Unis. L’institut éthique et politique Montalembert souhaite donc à l’occasion de la publication de ces extraits souligner …

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Qu’est-ce que le Bien Commun en politique ?

La sixième lettre de doctrine sociale de l’Eglise vous propose un extrait du texte de Marcel Clément « Est-il possible de résumer en quelques lignes la doctrine sociale de l’Eglise ? » (in La DSE, 1891-1991, éd. de l’Escalade, 1995, p. 37), complété par un extrait de l’encyclique Pacem in terris de Jean XXIII sur le bien commun dans la cité. Les principes de la doctrine sociale de l’Eglise en bref et leur application à la politique « Le principe tout à fait commun est que la personne humaine est revêtue d’une dignité qui se définit comme le droit d’être cause responsable de ses actes. Ses actes sont tous à ordonner en vue de sa fin ultime. Tous les droits humains, tels qu’énumérés par Jean XXIII procèdent de cette dignité. Ils s’expriment dans la société par l’exigence de nature, pour chaque homme, d’être traité, non comme un objet, mais comme un sujet de droit. C’est sous le rapport de ce principe commun que tous les hommes sont égaux, ce qui n’empêche pas les complémentarités des sexes, des âges, des fonctions, des cultures, etc.   De ce principe dérive une organisation sociale dont les trois institutions fondamentales sont la famille, la propriété privée et l’Etat. …

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Dans l’attente, se former : Parcours d’anthropologie politique chrétienne

Chers amis, Nous voulions avec cet article vous proposer cette belle initiative de l’Espace BERNANOS que nous soutenons. Nous invitons l’ensemble de nos membres et amis à s’inscrire et à suivre cette formation de qualité. CHAQUE CHRÉTIEN  exerce d’une manière souvent très personnelle sa responsabilité dans la vie de la cité. Il doit faire des choix, prendre des décisions. Le discernement est pour lui difficile, a fortiori dans un contexte où l’indifférence le dispute à l’hostilité. Appelé à la cohérence, il se heurte à la liberté humaine et à la contingence des faits. Dès lors, que faire ? Et comment le faire ? Car si la différence chrétienne est tenue pour minoritaire, sa voix devient de plus en plus une condition de la liberté. #VENEZetSUIVEZ Parcours d’anthropologie politique chrétienne, Paris, Espace Georges-Bernanos Coordination et animation : Père Xavier Lefebvre, Philippe de St-Germain Un mercredi par mois, de 19h à 21h. – 3 octobre : « Morale ou politique ? La responsabilité sociale du chrétien » par Thibaud Collin – 15 novembre : « Le fait idéologique, clé d’interprétation du monde moderne » par Roland Hureaux – 13 décembre : « Politique économique et bien commun à la lumière de la doctrine sociale de l’Église » par Pierre …

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Lettre DSE N° 5 – L’engagement Chrétien en Politique : l’unité de la société

En ce mois de mai marqué par la passation de pouvoir au sommet de l’Etat français, l’Institut éthique et politique Montalembert vous propose le texte de l’audience générale du pape Benoit XVI, consacrée à Sainte Jeanne d’Arc le 26 janvier 2011. Jeanne, patronne secondaire de la France, est fêtée par l’Eglise le 30 mai, la fête du 8 mai commémorant la prise d’Orléans. Dans cette catéchèse, Benoît XVI fait un rapprochement entre Jeanne et Sainte Catherine de Sienne, patronne de l’Italie et de l’Europe, toutes deux vierges consacrées engagées au service du bien commun. En donnant en exemple d’engagement politique l’œuvre de libération de Jeanne et de Catherine, le pape invite les chrétiens à fonder leur action dans le Christ pour pouvoir, dans les situations auxquelles chacun est confronté, faire les choix lui permettant de contribuer selon ses talents personnels au bien commun. Cette invitation nous paraît particulièrement pertinente en cette période de discernement en vue des élections législatives des 11 et 18 juin qui auront une importance décisive pour l’avenir de notre pays. La doctrine sociale de l’église n’oppose pas le bien commun et le bien personnel comme certains philosophes des Lumières opposent l’intérêt individuel et l’intérêt général. Au …

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Note DSE N°4 : Le fondement de la solidarité

100 ans de doctrine sociale de l’Eglise : Quels principes pour quels objectifs ?   Extraits de l’encyclique Centesimus Annus, Rome, 1er mai 1991, mémoire de saint Joseph, travailleur   Le fondement de la solidarité   Jean Paul II reprend les thèmes de l’encyclique de Léon XIII Rerum Novarum pour en montrer l’actualité et l’influence sur l’histoire du XXe siècle. Alors que des débats ont lieu aujourd’hui autour des propos du pape François, les extraits proposés permettent de comprendre que ces propos s’inscrivent fidèlement dans la doctrine sociale de l’Eglise. On pourrait objecter que le pape François met plus l’accent sur la dimension solidaire de la doctrine sociale de l’église, au détriment de l’affirmation du droit à la propriété et à l’épargne. Une telle objection ne tient pas : au contraire en condamnant les rigidités de notre société le pape nous appelle à revenir à l’initiative et à l’esprit d’entreprise qui restent la source des réussites solidaires. (…) Je voudrais proposer maintenant une « relecture » de l’encyclique de Léon XIII, et inviter à porter un regard « rétrospectif » sur son texte lui-même afin de redécouvrir la richesse des principes fondamentaux qui y sont formulés pour la solution de la question ouvrière. …

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