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Monthly Archives: février 2020

L’État est-il à bout de souffle?

L’État moderne a comme caractéristique la souveraineté et la puissance, en récupérant de ce fait, et particulièrement en France, une part de la sacralité qui était celle du pouvoir royal. La synthèse de ces éléments donnait cette idée qu’est l’État, ainsi que le théorisait très justement Georges Burdeau. Une Idée au sens hégélien, c’est-à-dire un esprit vivant, une substance éthique, la forme par laquelle le groupe s’unifie sous une loi commune. Or, tous ces éléments se dissolvent sous nos yeux. Par Guilhem GOLFIN, publié dans le FIGAROVOX Docteur en philosophie, Guilhem Golfin est cofondateur du jeune Collège Saint-Germain, organisation pour l’étude de la philosophie chrétienne, et membre de l’Institut d’éthique et politique Montalembert. Il a publié Souveraineté et désordre politique (éd. du Cerf, 2017) Cliquez sur l’image pour accéder à l’article

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La liberté au service du bien commun — Réponse à Charles Becquérieux

La liberté guidant le peuple

Dans France catholique, Charles Becquérieux propose une analyse percutante du tableau de Delacroix : La liberté guidant le peuple. « Le plus intéressant dans ce tableau, c’est le titre. Car il renferme le secret du désarroi moderne. Pour s’en rendre compte, il suffit de poser une question élémentaire : où va-t-on quand on est guidé par la liberté ? » Souvent édifiés par les démonstrations de l’auteur, nous estimons ici que son analyse de la notion moderne de liberté est pré-thomiste. L’article vise à mettre en perspective une conception de la liberté « auto-déterminante » qui s’est développée à partir de la Renaissance en Europe : liberté privée de contenu et de destination parce qu’elle idolâtre la volonté humaine (et plus précisément la volonté individuelle). À cette conception, l’article oppose en fin d’analyse une liberté « conçue comme la faculté humaine d’être maître de ses actes ». Pourtant cette définition, au-delà du vocabulaire choisi, est précisément ce qui pose problème : l’homme peut-il prétendre être maître de ses actes ? On connaît les analyses très profondes de Max Weber sur le paradoxe des conséquences, illustré chaque jour par l’actualité de notre époque : lorsque l’homme se prétend maître de ses actes, il commet les plus grandes erreurs. Au contraire, …

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Lettre écologique n° 12 : « De la frugalité »

Dans un épisode rapporté par saint Matthieu, Jésus est qualifié de « glouton » alors que Jean Baptiste est critiqué pour son excès de frugalité (Mt 11, 18-19). Il semble en être ainsi des débats écologiques de notre époque. Pour préserver notre planète et les générations futures, devons-nous limiter notre consommation de biens matériels, ou plutôt développer les investissements dans la recherche de nouvelles techniques ? De la frugalité heureuse à la frugalité par précaution Le concept de « frugalité heureuse » rappelle celui de « sobriété heureuse », développé par Pierre Rabhi et repris par le pape François. Il a été accaparé par les auteurs d’un « ma­nifeste pour une frugalité heureuse et créative » [1], dont l’introduction explique : « Le temps presse. L’alarme sonne de tous côtés. Les rapports du GIEC confirment la responsabilité humaine dans le dérèglement global. » En se fondant sur des thèses alarmistes, ils plaident en quelque sorte pour une « frugalité par précaution ». La sobriété : une vertu L’encyclique Laudato si’ se tourne au contraire vers une « sobriété par choix », par choix libre : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice […] …

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Sobriété par précaution ?

Shadock

Le principe de précaution propose de s’interroger sur les risques liés à une technique ou à un mode de consommation. En amont de cette analyse, il peut être utile de considérer les hypothèses qui conduisent à l’identification de chaque risque. Sont-elles si neutres qu’elles y paraissent ?

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