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Yearly Archives: 2017

L’attente est la première forme de notre révolte

Chers amis, En cette rentrée de septembre, les difficultés auxquelles nous devons faire face, qu’elles soient personnelles (précarité, perte d’emploi, maladie, fragilité humaine, trouble existentiel, mal provoqué ou subi) ou collectives (crise économique, malaise social, confusion politique, incertitude internationale) sont si imposantes que nous pourrions finir par nous résigner à ne plus rien attendre. Pourtant, jamais comme en ces circonstances, les mots de DANTE – qui nous reviennent en tête- ne se sont révélés aussi évidents : » Chacun confusément conçoit un bien ou l’âme se repose et le désire; et chacun s’efforce à l’atteindre ». Mais quelle loyauté chacun de nous doit avoir pour reconnaitre cette attente et ce désir de bien ! Et ce qui rend cette reconnaissance plus difficile, c’est cette clameur sociale que nous concourons tous à engendrer par notre passivité complice. En fait,  » tout est unanime à nous passer sous silence, moitié comme une honte peut-être, moitié comme une indicible espérance »(RILKE). Chacun de nous sait très bien dans quelle mesure il contribue à cette situation inconfortable. Qui l’emporte ? Notre côté qui attend ou celui qui se contente? PAVESE nous donne un début de réponse, en saisissant en nous, comme personne d’autre, la persistance de cette …

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Lettre écologique n° 2 : « Entrer en révolte pour le bien commun »

Éditorial de Ludovic Trollé. L’institut éthique et politique Montalembert souhaite aider la « Société civile de convictions » à mieux porter son message politique ! Albert Camus écrivait : « Je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation. La première et la seule évidence qui me soit ainsi donnée, à l’intérieur de l’expérience absurde, est la révolte ». Cette révolte marque le « dépassement de l’individu dans un bien désormais commun », ajoutait-il En matière d’écologie, qu’est ce que le bien commun ?  Deux éclairages pour le définir : Le bien commun : la dimension sociale du bien moral Certes, il est des biens auxquels une société doit garantir un accès universel : l’eau, l’air qu’on respire, la sécurité des aliments produits. Une société qui n’y parvient pas dysfonctionne. Il est des biens écologiques qui sont indispensables : notre lettre cite des cas de pollutions qu’il faut éviter. Mais le bien commun ne se décline pas au pluriel. Ce n’est pas la somme de diverses mesures destinées à satisfaire le maximum d’inclinations individuelles. S’il en manque une, il faut l’ajouter. Le bien commun se conjugue au singulier. Il ne se …

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Qu’est-ce que le Bien Commun en politique ?

La sixième lettre de doctrine sociale de l’Eglise vous propose un extrait du texte de Marcel Clément « Est-il possible de résumer en quelques lignes la doctrine sociale de l’Eglise ? » (in La DSE, 1891-1991, éd. de l’Escalade, 1995, p. 37), complété par un extrait de l’encyclique Pacem in terris de Jean XXIII sur le bien commun dans la cité. Les principes de la doctrine sociale de l’Eglise en bref et leur application à la politique « Le principe tout à fait commun est que la personne humaine est revêtue d’une dignité qui se définit comme le droit d’être cause responsable de ses actes. Ses actes sont tous à ordonner en vue de sa fin ultime. Tous les droits humains, tels qu’énumérés par Jean XXIII procèdent de cette dignité. Ils s’expriment dans la société par l’exigence de nature, pour chaque homme, d’être traité, non comme un objet, mais comme un sujet de droit. C’est sous le rapport de ce principe commun que tous les hommes sont égaux, ce qui n’empêche pas les complémentarités des sexes, des âges, des fonctions, des cultures, etc.   De ce principe dérive une organisation sociale dont les trois institutions fondamentales sont la famille, la propriété privée et l’Etat. …

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Dans l’attente, se former : Parcours d’anthropologie politique chrétienne

Chers amis, Nous voulions avec cet article vous proposer cette belle initiative de l’Espace BERNANOS que nous soutenons. Nous invitons l’ensemble de nos membres et amis à s’inscrire et à suivre cette formation de qualité. CHAQUE CHRÉTIEN  exerce d’une manière souvent très personnelle sa responsabilité dans la vie de la cité. Il doit faire des choix, prendre des décisions. Le discernement est pour lui difficile, a fortiori dans un contexte où l’indifférence le dispute à l’hostilité. Appelé à la cohérence, il se heurte à la liberté humaine et à la contingence des faits. Dès lors, que faire ? Et comment le faire ? Car si la différence chrétienne est tenue pour minoritaire, sa voix devient de plus en plus une condition de la liberté. #VENEZetSUIVEZ Parcours d’anthropologie politique chrétienne, Paris, Espace Georges-Bernanos Coordination et animation : Père Xavier Lefebvre, Philippe de St-Germain Un mercredi par mois, de 19h à 21h. – 3 octobre : « Morale ou politique ? La responsabilité sociale du chrétien » par Thibaud Collin – 15 novembre : « Le fait idéologique, clé d’interprétation du monde moderne » par Roland Hureaux – 13 décembre : « Politique économique et bien commun à la lumière de la doctrine sociale de l’Église » par Pierre …

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Écologie et rétribution : petit parcours biblique

Jb 19, 1

Les petits gestes écologiques, que nous espérons voir rétribués sur cette Terre, nous ramènent à la foi de l’Ancien Testament. par Benoît H. Perrin.Texte paru dans la Lettre écologique n° 2 de l’Institut Montalembert. La sagesse empirique enseigne l’existence d’une forme de justice immanente. Celui qui sème moissonne, celui qui aide son prochain se verra rendre la pareille. Dans une perspective de foi, la notion correspondante est celle de la rétribution divine : Celui qui observe ton âme, il sait, lui ; il rendra à chacun selon ses actes.Pr 24, 12 Thomas Römer, dans Dieu obscur, explique cette notion : L’idée de la rétribution rassure, puisqu’elle semble rendre Dieu et le monde compréhensibles. Cette conception n’est d’ailleurs nullement limitée à l’époque vétéro­testa­men­taire ; dans le Nouveau Testament,  elle apparaît bien établie lorsque les disciples questionnent Jésus au sujet d’un aveugle : “Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents ?” (Jn 9, 2) Dans la théologie deutéronomiste, la rétribution est collective, différée, et strictement terrestre. Ainsi, quand Samuel défie Dieu en initiant un recensement, c’est au peuple que le châtiment sera adressé (cf. 2 S 24). Avec Ezéchiel, la rétribution devient individuelle et immédiate, mais reste strictement …

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Lettre DSE N° 5 – L’engagement Chrétien en Politique : l’unité de la société

En ce mois de mai marqué par la passation de pouvoir au sommet de l’Etat français, l’Institut éthique et politique Montalembert vous propose le texte de l’audience générale du pape Benoit XVI, consacrée à Sainte Jeanne d’Arc le 26 janvier 2011. Jeanne, patronne secondaire de la France, est fêtée par l’Eglise le 30 mai, la fête du 8 mai commémorant la prise d’Orléans. Dans cette catéchèse, Benoît XVI fait un rapprochement entre Jeanne et Sainte Catherine de Sienne, patronne de l’Italie et de l’Europe, toutes deux vierges consacrées engagées au service du bien commun. En donnant en exemple d’engagement politique l’œuvre de libération de Jeanne et de Catherine, le pape invite les chrétiens à fonder leur action dans le Christ pour pouvoir, dans les situations auxquelles chacun est confronté, faire les choix lui permettant de contribuer selon ses talents personnels au bien commun. Cette invitation nous paraît particulièrement pertinente en cette période de discernement en vue des élections législatives des 11 et 18 juin qui auront une importance décisive pour l’avenir de notre pays. La doctrine sociale de l’église n’oppose pas le bien commun et le bien personnel comme certains philosophes des Lumières opposent l’intérêt individuel et l’intérêt général. Au …

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Diner du cercle Montalembert le 12 juin : Christophe BILLAN, Président de Sens Commun

Très chers amis, Dans le cadre des rencontres du cercle Montalembert, l’ Institut Ethique et Politique Montalembert (IEPM) vous propose un nouveau dîner. Nous recevrons Christophe BILLAN ( Président de Sens Commun) et Adrian PABST ( Théologien et politologue allemand, installé au Royaume Uni), le 12 juin prochain. Thème : Quelle refondation politique faut-il attendre ? Nous reviendrons avec nos deux invités sur l’élection présidentielle française 2017, ceci pour croiser leurs analyses. L’analyse d’un acteur privilégié et majeur de la campagne qui sera complétéé par celle d’un intellectuel très attentif à la question politque en Europe. Nous serons également le lendemain du premier tour des élections législatives ce qui devrait aussi nous amener à réflechir à la situation politique du moment. Christophe BILLAN : ​ Marié, père de famille, Christophe Billan a débuté sa carrière professionnelle au Ministère de la Défense où il a exercé pendant 22 ans comme officier . Il est aujourd’hui cadre dans une société qui gère le risque des entreprises et des organisations engagées à l’international dans le domaine médical. Il est Président de Sens Commun depuis juin 2016.       Adrian PABST : ​     Adrian Pabst est professeur à l’université du Kent …

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La Révolte pour le Bien Commun

Notre révolte, aujourd’hui.   « Le jour où le crime se pare des dépouilles de l’innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c’est l’innocence qui est sommée de fournir des justifications. », écrivait Albert Camus au début de « L’Homme révolté », essai préparé à partir de la fin de la deuxième guerre mondiale et achevé en 1951. Le sentiment qui nous anime devant les circonstances actuelles peuvent être rapprochées de cette époque. Là où les guerres et les révolutions meurtrières nourrissaient le sentiment de l’absurde, nous avons aujourd’hui le sentiment que les prodigieuses réussites techniques de notre époque ne résolvent pas les difficultés de l’humanité. Camus invite à la prudence face au sentiment de l’absurde : ce sentiment rend possible le meurtre. Mais pour lui en le poussant à son terme, le raisonnement absurde « admet la vie comme le seul bien nécessaire puisqu’elle permet cette confrontation » avec l’absurde. Il est utile de se rappeler cette époque de la libération marquée par la prise de conscience d’une violence insigne. Bien plus que par les guerres, le monde aurait alors pu disparaître par le désespoir devant ce que de nombreux hommes avaient fait ou accepté. Camus distingue l’absurde, sentiment de ma culpabilité, …

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Ouverture ou fermeture ?

Le thème de l’ouverture et de la fermeture est devenu central dans cette partie finale des présidentielles, l’ouverture étant assimilée à la notion de progrès, d’accueil et de générosité et la fermeture étant caractérisée par le rejet de l’altérité et l’égoïsme et souvent associée à une forte odeur de rance. Il est difficile de trouver un terrain sur lequel non seulement soit plus radicale l’opposition entre les deux candidats mais également davantage divisée la société française. En effet, compte tenu de leurs histoires personnelles qui trouvent souvent leurs origines familiales à l’étranger, la plupart des français ont le bon sens d’être globalement d’accord pour que la France, conformément à sa vocation universaliste, soit un pays d’accueil, dans la générosité et l’ouverture. En revanche, ce sur quoi ils ne sont pas d’accord, c’est le moment où cette ouverture doit se produire et la largeur de cette ouverture, la seconde étant d’ailleurs logiquement fonction du premier. Pour faire simple à la veille de ce second tour, tout ce que la presse, les radios et les télévisions comptent de commentateurs et autres éditorialistes affirment que les Macronistes seraient d’avis que la France doive adhérer à une mondialisation sans limite et être ouverte et …

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