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Lettre Politique N°2 : Qu’est ce que l’Idéologie

Qu’est-ce que l’idéologie ?  Dans son essai Le pouvoir des sans pouvoir, Vaclav Havel définit ainsi l’idéologie : « … chacun est en même temps plus ou moins prêt à se résigner à la « vie dans le mensonge », chacun succombe d’une manière ou d’une autre à une réification profane et à la docilité ; en chacun il y a une tendance à se dissoudre dans la masse anonyme et à suivre tranquillement avec elle le courant de la pseudo-vie. Il ne s’agit plus ici depuis longtemps du conflit de deux identités. Il s’agit de quelque chose de pire : de la crise de I’identité elle-même. » Léger MOISSAC Voici le lien pour lire la lettre dans sa totalité : La lettre politique2

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POLITIQUE et BIEN COMMUN : Rechercher un point au delà de l’Horizon

 Texte de notre intervention lors du dernier dîner de l’Institut Montalembert Le politique devrait être le lieu où les relations entre l’individuel et le collectif sont le mieux régulées. Or en démocratie, presque par construction, le politique donne toujours la priorité à l’intérêt collectif tel qu’il est supposé être exprimé par la majorité, et ceci bien souvent aux dépens de l’intérêt particulier. Depuis Condorcet, nous savons qu’il est impossible de déterminer un intérêt collectif par simple addition d’intérêts individuels. Même avec l’aide d’une « main invisible », cela reste impossible. Au delà de l’intérêt général, de l’intérêt collectif, voire de la raison d’état qui sont souvent invoqués et qui ne sont que des cache-misères de la démocratie, il faut faire appel au Bien Commun pour s’assurer du fonctionnement harmonieux d’une communauté. Or ce Bien Commun est malheureusement de plus en plus souvent invoqué sans que ceux qui l’invoquent ne sachent véritablement à quoi il renvoie. D’après le Compendium, le Bien Commun est « un ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée »[1]. Définition assez compliquée mais qui reprend des éléments importants : social, groupe membres, perfection… …

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Révolte pour le Bien Commun : Constituer une communauté nouvelle

La POLIS parallèle Pour se mettre dans cet état d’esprit, nous trouvons un excellent modèle dans l’expérience des dissidents au régime communiste tchèque. Le dramaturge et prisonnier politique Václav Havel et ses proches on écrit, sous des degrés d’oppression et de persécution inimaginables pour nous, des essais qui offrent une saisissante vision de ce qu’est la politique chrétienne dans un monde où ses tenants sont une minorité impuissante et méprisée. Havel, mort en 2011, professait une « politique antipolitique », dont l’essence était de « vivre en vérité ». Il le développa fameusement dans un long essai écrit en 1978, le Pouvoir des sans pouvoir, qui électrisa, à sa publication, les mouvements de résistance en Europe de l’Est. C’est un livre remarquable, que tous les chrétiens orthodoxes occidentaux devraient lire et méditer. Prenons l’exemple, écrit Havel, d’un marchand de primeurs vivant sous un régime communiste, qui mettrait sur sa devanture une pancarte clamant : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! » II ne le fait pas nécessairement parce qu’il y croit ; tout ce qu’il souhaite, c’est ne pas avoir d’ennuis. Et s’il n’y croit pas vraiment, il s empêche de ressentir l’humiliation d’une telle coercition en se …

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Lettre Politique N°1 : Manifeste pour un conservatisme social

Le conservatisme en politique, c’est croire que le politique n’a pas pour vocation de changer les hommes mais de créer les conditions pour que chacun puisse davantage se réaliser et se libérer dans ses communautés d’appartenance. Croire : un conservateur ne prétend pas détenir la vérité. Il reproche aux progressistes de prétendre transformer la réalité en fonction de leur idéal ou de leur idéologie alors que les connaissances humaines sont trop limitées pour justifier de telles prétentions. Le conservatisme applique une sorte de principe de précaution humain : il s’appuie sur ce qui fonctionne, dans l’économie, dans les institutions, dans la science, pour progresser pas à pas. Le conservatisme n’accepte pas que la société soit un champ d’expérimentation grandeur nature. Le conservateur croit que chaque homme a en lui-même les ressources pour s’accomplir, améliorer sa situation et celle de ses proches. Cette foi en l’homme a été caricaturée dans les propos imputés au grand président américain conservateur Ronald Reagan : voyant un clochard il aurait refusé de lui faire l’aumône indiquant que si ce clochard le voulait vraiment il avait en lui-même la force de se sortir de la rue. Le conservatisme européen doit-il aller jusque-là ? Cela paraît contradictoire avec la tradition catholique, …

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Dans l’attente, apprendre à combattre la dictature du relativisme

Bertrand VERGELY nous apporte, dans ce magnifique texte, un éclairage sur le mensonge et la tyrannie du relativisme. Le relativisme vient du terme relation et signifie le fait pour la pensée de relier une réalité posée comme absolue à un contexte matériel et historique afin de montrer que celle-ci n’a rien d’absolu. Pour ses défenseurs, le relativisme est un progrès majeur, l’absolu étant synonyme de fanatisme et donc de violence et de folie. Avant de voir si c’est le cas, voyons ce qui se passe derrière le relativisme. Retour sur la notion d’absolu. L’absolu désigne ce qui est sans lien avec quoi que ce soit d’autre que lui-même. Les Anciens disaient « ce qui se soutient par soi ». D’où une coupure radicale entre l’absolu et le reste. Il est à la mode de critiquer l’absolu en voyant là une figure du fanatisme et de la violence. Il s’agit là d’une erreur. Consultons notre expérience. Tout ce qui est grand est absolu. Ainsi prenons le vrai, le bien et le beau. Rien n’est vrai, bien ou beau parce que cela est relativement vrai, bien ou beau. Tout est vrai, bien ou beau parce que cela est absolument vrai, bien ou …

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Dans l’attente, acquérir la dignité de l’être

Ceux qui réfléchissent un tant soit peu s’accordent sur le fait que le monde, notre monde à nous, c’est-à-dire l’Occident, est au plus mal et que les crises qui le secouent ne cessent de se multiplier tout en s’aggravant. Les attaques terroristes régulières viennent seulement s’y ajouter. Une sourde angoisse nous étreint ; On voudrait bien qu’une nouvelle révolution soit en marche, mais il ne se passe rien, sinon le morne défilement de jours gris tendant à s’assombrir. Sommes-nous donc désormais totalement abandonnés par les dieux ? Chaque jour qui passe nous révèle de nouveaux scandales, de nouvelles déchéances, nous rapprochant d’une horreur dont nous commençons plus ou moins consciemment à distinguer les contours. Cette marche vers la catastrophe est-elle due à la fatalité d’un destin morbide ? N’y-a-t-il donc rien à faire pour conjurer le sort funeste qui nous attend ? Dans les contingences actuelles, Il n’y a pas de solution, aucune alternative ; nous aurons bientôt droit à la fin des temps… ? L’Alternative spirituelle A moins que… A moins que nous n’acceptions de nous remettre véritablement en question. avec la volonté de laisser de côté nos grilles de lecture habituelles. Au vu de la situation calamiteuse dans laquelle nous …

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Il NE FAUT PAS ATTENDRE GODOT

DISCOURS de Václav Havel, Associé étranger, à l’ ASMP MONSIEUR LE PRESIDENT, Je vous remercie de vos paroles. Je suis à la fois honoré et touché par la qualité et la profondeur de la lecture que vous avez faite de mon engagement et de celui de mes nombreux concitoyens. CHERS CONFRÈRES, C’est un grand honneur pour moi d’être élu parmi vous, en cette prestigieuse Académie des Sciences morales et politiques, honneur qui représente pour moi un grand encouragement aujourd’hui et me propose un grand pari sur l’avenir. Puisqu’il me revient le privilège d’être l’un des vôtres jusqu’à la fin de mes jours, je dois savoir en être digne. Je vous promets d’essayer d’honorer ce contrat. Respectueux de l’esprit de cette belle tradition académique, j’ai l’agréable devoir de m’incliner, du haut de cette tribune, devant mon prédécesseur, l’économiste italien Giuseppe Ugo Papi, dont l’œuvre qui porte, entre autres, sur la mise en place des structures internationales de coopération économique, dépasse largement les frontières de son pays. MESDAMES ET MESSIEURS, Je viens parmi vous d’un pays qui, pendant de longues années, a vécu dans l’attente de sa liberté. Qu’il me soit permis de saisir cette occasion pour présenter une brève réflexion sur …

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L’attente est la première forme de notre révolte

Chers amis, En cette rentrée de septembre, les difficultés auxquelles nous devons faire face, qu’elles soient personnelles (précarité, perte d’emploi, maladie, fragilité humaine, trouble existentiel, mal provoqué ou subi) ou collectives (crise économique, malaise social, confusion politique, incertitude internationale) sont si imposantes que nous pourrions finir par nous résigner à ne plus rien attendre. Pourtant, jamais comme en ces circonstances, les mots de DANTE – qui nous reviennent en tête- ne se sont révélés aussi évidents : » Chacun confusément conçoit un bien ou l’âme se repose et le désire; et chacun s’efforce à l’atteindre ». Mais quelle loyauté chacun de nous doit avoir pour reconnaitre cette attente et ce désir de bien ! Et ce qui rend cette reconnaissance plus difficile, c’est cette clameur sociale que nous concourons tous à engendrer par notre passivité complice. En fait,  » tout est unanime à nous passer sous silence, moitié comme une honte peut-être, moitié comme une indicible espérance »(RILKE). Chacun de nous sait très bien dans quelle mesure il contribue à cette situation inconfortable. Qui l’emporte ? Notre côté qui attend ou celui qui se contente? PAVESE nous donne un début de réponse, en saisissant en nous, comme personne d’autre, la persistance de cette …

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Lettre écologique n° 2 : « Entrer en révolte pour le bien commun »

Éditorial de Ludovic Trollé. L’institut éthique et politique Montalembert souhaite aider la « Société civile de convictions » à mieux porter son message politique ! Albert Camus écrivait : « Je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation. La première et la seule évidence qui me soit ainsi donnée, à l’intérieur de l’expérience absurde, est la révolte ». Cette révolte marque le « dépassement de l’individu dans un bien désormais commun », ajoutait-il En matière d’écologie, qu’est ce que le bien commun ?  Deux éclairages pour le définir : Le bien commun : la dimension sociale du bien moral Certes, il est des biens auxquels une société doit garantir un accès universel : l’eau, l’air qu’on respire, la sécurité des aliments produits. Une société qui n’y parvient pas dysfonctionne. Il est des biens écologiques qui sont indispensables : notre lettre cite des cas de pollutions qu’il faut éviter. Mais le bien commun ne se décline pas au pluriel. Ce n’est pas la somme de diverses mesures destinées à satisfaire le maximum d’inclinations individuelles. S’il en manque une, il faut l’ajouter. Le bien commun se conjugue au singulier. Il ne se …

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