Accueil » Politique » La Dictacratie : Nouvelle figure de la tyrannie politique

La Dictacratie : Nouvelle figure de la tyrannie politique

Qu’ont de commun la démocratie Américaine, la démocratie Européenne et la démocratie Française ?

Ce sont trois figures de « Dictacratie ». Elles organisent des élections mais en réalité ce sont des régimes néo-totalitaires
qui ne respectent pas les règles de base démocratiques ( Médias Libres, pluralisme politique, justice indépendante) prétendant représenter directement la volonté populaire. Ceux qui ne pensent pas comme le politiquement correct imposé par elle, ne sont pas des concurrents, mais des ennemis, des traites. Les justicialistes abreuvent leur pouvoir d’imaginaire complots avec la « Phobie » comme prétexte. Les « islamophobes », les « homophobes », etc…, sont interdits de s’exprimer.

Le sentimentalisme ressemble beaucoup au justicialisme : même appel à se fondre dans une communauté conformiste et prohibitrice et enclain à se venger d’ennemis imaginaires tenus responsables des échecs, même refus de toute forme de pluralisme intellectuel.

Comment donc expliquer cette situation ? Une forme d’anesthésie générale devant une idéologie dominante.

L’individualisme qui caractérise notre époque est une des sources de notre désaffection pour l’action politique et le bien commun. Pour qu’une situation moralement inacceptable nous fasse agir, il faut qu’elle nous affecte personnellement, sans quoi nous ne nous en préoccupons pas. Notre analyse politique, a permis, à cet égard, d’observer très souvent la séquence suivante : 1. Prise de conscience ; 2. Réaction naïve ; 3. Action inefficace. Cette attitude, prévisible, rend la population vulnérable. Ses libertés sont donc menacées par toutes sortes de manipulations.

Pour identifier les manipulateurs potentiels, il suffit de se demander : à qui sert telle politique, telle loi, tel règlement, telle intervention ? Et la réponse est toujours un groupe de pression. Un candidat à l’élection présidentielle ne propose plus de programme politique mais une liste de mesures pour satisfaire tous les lobbies qui se sont manifestés à lui.  

Il n’est pas certain que notre classe politique comprenne la nature de la crise actuelle et en quoi celle-ci est intimement liée à une crise beaucoup plus vaste qui, elle, n’épargne ni l’Europe, ni l’Occident, ni même le reste du monde.

En quelques mots, on a nié la possibilité de distinguer avec rectitude le bien du mal, le juste de l’injuste, le vrai du faux. Dans notre tradition occidentale, les normes qui dirigent nos actes sont considérées comme objectives et accessibles à la raison naturelle. Tout indique que les Institutions comme les universités et grandes écoles ne sont plus les gardiennes de cette tradition, qu’elles se sont mises au service d’un esprit qui refuse la vérité, qu’elles encouragent, prolongent, affermissent la rupture entre le mot et le monde, entre le verbe et l’être, entre l’intelligence et le réel. Bref, nous sommes dans un mensonge généralisé.

Dans cette dissociation entre l’esprit et la vie, l’État-société se permet de déterminer à partir de rien les conditions mêmes de la vie en société, remplaçant l’unité vivante par une homogénéité imposée et enseignée par ses écoles, sa presse, ses intellectuels, ses juges et ses dirigeants, s’emparant de tout, multipliant les lois, les règlements, les fonctionnaires, s’efforçant de prendre le contrôle de la vie économique et même des familles. Pourtant, et la crise actuelle le démontre encore une fois, cette volonté de domination s’accompagne d’une immense lâcheté. L’étatisme contrôle les esprits, mais se soumet aux passions, aux intérêts, aux marottes, aux réclamations des uns et des autres. C’est le paradoxe de l’étatisme : il crée un État omniscient et impotent, despotique et servile, un État qui castre non seulement ses citoyens, mais aussi ses défenseurs.

Seul l’homme ordinaire, encore lié au réel par les soucis qu’entraîne nécessairement une condition modeste, est encore lucide sur l’état de la situation et a au moins quelques bonnes raisons de se méfier des élites républicaines. Ne pouvant guère compter sur elles pour défendre ses droits de parent ou de citoyen, il en est venu à dédaigner l’intelligence et la culture et surtout les bureaux de votes.

Le rejet du politique n’est dû qu’au comportement des politiques et à la perversion du projet démocratique dont ils se sont rendus responsables. Ce retournement des institutions en général et de la justice en particulier contre une ou plusieurs parties de la population, quelle qu’elles soient, à l’initiative d’une de ses composantes, serait-t-elle même majoritaire, constitue un véritable danger pour la démocratie.

Le déni de démocratie fait partie de ces signes avant-coureurs annonçant les totalitarismes. Si tous les éléments formels d’une véritable démocratie sont encore présents mais si l’esprit implicite de la démocratie a déjà disparu, il est possible d’affirmer que, sans être encore dans un régime totalitaire, nous sommes en post-démocratie.

En effet, on ne peut pas écarter le danger de la mise en place progressive d’une administration totalitaire, échappant à tout contrôle démocratique. Lorsque l’Education fait l’objet d’une démolition quasi-systématique au titre d’une imaginaire et mensongère « réussite pour tous », lorsque le principe républicain d’égalité se change en égalitarisme, lorsque la liberté et la fraternité ne constituent plus que des principes  – encore républicains ? – de second ordre, alors il est possible de dire que les institutions sont utilisées dans un dessein néo-totalitaire et que nous sommes bien en post-démocratie ou plutôt en « Dictacratie »

C’est en tout cas l’analyse de l’Institut Montalembert.

Le Libéralisme social politiquement correct dont tous les partis politiques se réclament pour une grande part à une sorte d’anarchisme plus ou moins radical, quasi rousseauiste dans son puéril optimisme. Un sot moralisme se croit apte à guider, à distinguer, à choisir, à statuer. Et la grossièreté, l’impolitesse, la bêtise, la brutalité finissent par tout rabaisser et par priver la tradition humaniste chrétienne de sa noblesse, de sa finesse, de sa richesse et de son passé. On n’envie nullement, aussi misérable soit notre petite patrie, l’espèce de dissolution intellectuelle et mentale de la pensée libérale libertaire.

L’Institut Ethique et Politique Montalembert, modestement, porte le poids d’un souci politique, religieux, moral et même esthétique, puisque toute beauté pour les maîtres de la pensée occidentale, pour Bossuet, Dante, Platon ou pour un saint Thomas, a son origine et son modèle dans l’ontologie, toute beauté correspond à une grande loi de l’être. La rédemption de l’intelligence passe par la prière et par l’amour, par le sentiment profond de l’unité du monde et par une confiance en la bonté des choses. C’est à partir de là, de ce germe vivant et fécond, que l’idée classique, chrétienne, hiérarchique, humaine peut et pourra s’incarner à nouveau dans la vie de la cité.

 

Check Also

A la recherche d’un nouveau souffle ! Intervention d’Olivier ROY**

Dans la première décennie des années 2000, les politiciens catholiques français ont abandonné une vision …