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Lettre Philo-Economique N°2 : Que penser honnêtement de la mondialisation ?

Les débats économiques opposent souvent en France les adversaires de la mondialisation et les soutiens d’une « mondialisation heureuse ». Ce débat englobe une bonne partie des discussions sur la construction européenne, à juste titre puisque l’Union européenne est avant tout un effort pour créer un grand marché européen. Les termes de ce faux dialogue doivent être critiqués. Leur simplisme ne rend pas compte des différents niveaux de réflexion à mobiliser : 1) Une réflexion philosophique sur la neutralité de l’économie. Le philosophe André Comte-Sponville écrivait il y a quelques années que les reproches faits à l’économie venaient du fait que les mécanismes économiques ne tenaient pas compte de la dimension morale : une entreprise régie par des principes moraux ne peut tirer de ces principes un avantage déterminant dans la compétition économique. La mondialisation ne peut répondre à l’aspiration de chacun à la justice, puisqu’elle ne bénéficie pas nécessairement aux plus vertueux. On peut aller plus loin : c’est une vérité de l’action humaine que certains comportements qui paraissent blâmables peuvent servir de justes causes, tandis que des intentions qui paraissent bonnes peuvent au contraire être guidées par l’égoïsme. Dans ces conditions, on ne peut « moraliser » le …

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Lettre DSE n°8 : Organisations professionnelles, liberté et bien commun (suite)

La huitième lettre de doctrine sociale de l’Eglise de l’Institut éthique et politique Montalembert vous propose de poursuivre la lecture des extraits de l’ouvrage d’Achille Dauphin-Meunier « La société industrielle contemporaine et les enseignements pontificaux », Nouvelles éditions latines, 1972. A cette époque membre de l’Académie d’agriculture, doyen de la faculté autonome d’économie et de droit de Paris, vice-président de la société française de géographie économique, Achille Dauphin-Meunier analyse les motifs pour lesquels la doctrine sociale de l’Eglise affirme le rôle des organisations professionnelles dans la recherche du bien commun. L’extrait précédent expliquait pourquoi l’organisation des filières professionnelles tournées vers le bien commun est nécessaire pour conforter la dignité et la liberté des acteurs économiques et dynamiser le progrès technique au service de la société. Le présent extrait rappelle les orientations données par l’Eglise sur le rôle des organisations professionnelles. Jean-Paul Valuet Lien pour le téléchargement : DSE-8 (1) Bonne lecture !

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Lettre Politique N°2 : Qu’est ce que l’Idéologie

Qu’est-ce que l’idéologie ?  Dans son essai Le pouvoir des sans pouvoir, Vaclav Havel définit ainsi l’idéologie : « … chacun est en même temps plus ou moins prêt à se résigner à la « vie dans le mensonge », chacun succombe d’une manière ou d’une autre à une réification profane et à la docilité ; en chacun il y a une tendance à se dissoudre dans la masse anonyme et à suivre tranquillement avec elle le courant de la pseudo-vie. Il ne s’agit plus ici depuis longtemps du conflit de deux identités. Il s’agit de quelque chose de pire : de la crise de I’identité elle-même. » Léger MOISSAC Voici le lien pour lire la lettre dans sa totalité : La lettre politique2

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POLITIQUE et BIEN COMMUN : Rechercher un point au delà de l’Horizon

 Texte de notre intervention lors du dernier dîner de l’Institut Montalembert Le politique devrait être le lieu où les relations entre l’individuel et le collectif sont le mieux régulées. Or en démocratie, presque par construction, le politique donne toujours la priorité à l’intérêt collectif tel qu’il est supposé être exprimé par la majorité, et ceci bien souvent aux dépens de l’intérêt particulier. Depuis Condorcet, nous savons qu’il est impossible de déterminer un intérêt collectif par simple addition d’intérêts individuels. Même avec l’aide d’une « main invisible », cela reste impossible. Au delà de l’intérêt général, de l’intérêt collectif, voire de la raison d’état qui sont souvent invoqués et qui ne sont que des cache-misères de la démocratie, il faut faire appel au Bien Commun pour s’assurer du fonctionnement harmonieux d’une communauté. Or ce Bien Commun est malheureusement de plus en plus souvent invoqué sans que ceux qui l’invoquent ne sachent véritablement à quoi il renvoie. D’après le Compendium, le Bien Commun est « un ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée »[1]. Définition assez compliquée mais qui reprend des éléments importants : social, groupe membres, perfection… …

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Révolte pour le Bien Commun : Constituer une communauté nouvelle

La POLIS parallèle Pour se mettre dans cet état d’esprit, nous trouvons un excellent modèle dans l’expérience des dissidents au régime communiste tchèque. Le dramaturge et prisonnier politique Václav Havel et ses proches on écrit, sous des degrés d’oppression et de persécution inimaginables pour nous, des essais qui offrent une saisissante vision de ce qu’est la politique chrétienne dans un monde où ses tenants sont une minorité impuissante et méprisée. Havel, mort en 2011, professait une « politique antipolitique », dont l’essence était de « vivre en vérité ». Il le développa fameusement dans un long essai écrit en 1978, le Pouvoir des sans pouvoir, qui électrisa, à sa publication, les mouvements de résistance en Europe de l’Est. C’est un livre remarquable, que tous les chrétiens orthodoxes occidentaux devraient lire et méditer. Prenons l’exemple, écrit Havel, d’un marchand de primeurs vivant sous un régime communiste, qui mettrait sur sa devanture une pancarte clamant : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! » II ne le fait pas nécessairement parce qu’il y croit ; tout ce qu’il souhaite, c’est ne pas avoir d’ennuis. Et s’il n’y croit pas vraiment, il s empêche de ressentir l’humiliation d’une telle coercition en se …

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JÉSUS : L’événement d’une rencontre !

L’un des impératifs non écrits du monde d’aujourd’hui voudrait nous obliger à penser que pour se sentir vivants, il convient de changer souvent. Changer de lieu, changer d’amours, changer de travail, changer de look, changer de vie et de croyance. Le poète TS ELIOT dans les chœurs du Roc, donne cet avis : «  Le monde tourne et le monde change / mais une chose ne change pas / La lutte perpétuelle du Bien et du Mal». C’est-à-dire la lutte, la différence entre ce qui réalise complètement le désir et ce qui, au lieu de cela, le déçoit et le déprime. L’histoire change, aussi bien l’histoire personnelle que l’histoire collective, les lieux changent, les usages. Durant ces dernières décennies, nous avons assisté à une série impressionnante de changements dans la politique mondiale, dans les habitudes, dans les modes et les lois, dans les moyens que les hommes ont à leur disposition. Et pourtant le cœur de la personne, ce que saint Paul appelle « mentalité », peut rester identique, immobile. Et au milieu d’une lutte quotidienne entre ce qu’on sent comme le bien et le mal, il peut rester dépaysé, incertain : une mentalité, un « moi », au fond rabougris, suspendus peut-être entre de grands …

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