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Lettre écologique n° 8 : « Paradis perdu »

À écouter le bruit ambiant, il semble que l’apocalypse est proche. Ne sortez pas de chez vous, la pollution aurait raison de vos poumons. Ne mangez pas de tomates, le cancer vous emporterait. Ne prenez pas votre voiture, ou vous mourrez d’un accident. La litanie est longue. En réalité, l’air est redevenu pur à Paris [1] ; notre sécurité alimentaire atteint un niveau inespéré [2] ; les déplacements en voiture tuent vingt fois moins qu’il y a un demi-siècle [3]. Dans de nombreux domaines, l’humanité progresse de jour en jour.

Mais si trop de difficultés sont surmontées, que deviendront nos autorités et les organisations qui les entourent ? Administrations, associations, éducateurs et autres lanceurs d’alerte pourraient perdre leur emprise sur nos vies. Heureusement pour eux, depuis la chute d’Adam, notre monde est imparfait. Il est aisé d’y dénicher de nouveaux problèmes auxquels s’attaquer.

Le loup et l’agneau

Sur le plan anthropologique, une telle démarche est le signe d’une immaturité de la pensée. Elle oublie le péché originel et développe « le désir vague d’un retour au paradis perdu » [4], selon l’expression de Jean-Paul II. Il devient alors loisible de tout dénigrer, puisque rien n’est parfait. On en vient à refuser de reconnaître une quelconque amélioration, sous le prétexte qu’on pourrait faire encore mieux.

Dans la Jérusalem céleste, les rêves de certains antispécistes seront exaucés, eux qui souffrent avec la gazelle dévorée par le lion [5]. « Le loup et l’agneau auront même pâture, le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage » (Is 65, 25). Mais cet état d’achèvement de la création, auquel nous contribuons par notre travail, n’adviendra pas par nos seuls petits bras. Le Christ nous met en garde contre cette tentation de dépasser nos prérogatives humaines. Ce sont les anges qui mettront en œuvre la justice absolue, qui sépareront le bon grain de l’ivraie (cf. Mt 13, 40-41). L’homme, du haut de son orgueil, n’est pas maître de l’accomplissement du monde.

Lire la lettre (PDF, 4 pages).

[1] Christian Gerondeau, L’air est pur à Paris… mais personne ne le sait, 2018.
[2] FAO, L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, 2018.
[3] ONISR, données brutes 1952-2016 (mortalité par kilomètre parcouru).
[4] Jean-Paul II, Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix, 1990.
[5] David Olivier, I am vegan TV, « Faut-il empêcher le lion de tuer la gazelle ? », 13 mai 2018.

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