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Lettre écologique n° 2 : « Entrer en révolte pour le bien commun »

Éditorial de Ludovic Trollé.


L’institut éthique et politique Montalembert souhaite aider la « Société civile de convictions » à mieux porter son message politique ! Albert Camus écrivait : « Je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation. La première et la seule évidence qui me soit ainsi donnée, à l’intérieur de l’expérience absurde, est la révolte ». Cette révolte marque le « dépassement de l’individu dans un bien désormais commun », ajoutait-il

En matière d’écologie, qu’est ce que le bien commun ?  Deux éclairages pour le définir :

Le bien commun : la dimension sociale du bien moral

Certes, il est des biens auxquels une société doit garantir un accès universel : l’eau, l’air qu’on respire, la sécurité des aliments produits. Une société qui n’y parvient pas dysfonctionne. Il est des biens écologiques qui sont indispensables : notre lettre cite des cas de pollutions qu’il faut éviter. Mais le bien commun ne se décline pas au pluriel. Ce n’est pas la somme de diverses mesures destinées à satisfaire le maximum d’inclinations individuelles. S’il en manque une, il faut l’ajouter. Le bien commun se conjugue au singulier. Il ne se consomme pas. Il ne se négocie pas mais se construit en communauté, car il se définit comme la dimension sociale de l’éthique. Le « bien commun » ne relève pas de l’addition mais de la multiplication de plusieurs facteurs. Si l’un est nul parce que ignoré, c’est l’ensemble qui devient nul: le bien commun est alors un tout qu’il faut restaurer.

Nous engageons dans cette lettre une réflexion sur la frugalité. Elle non plus ne consiste pas en une addition d’éco-gestes plus ou moins ascétiques qui contribueraient à sauver la planète. La vertu de frugalité est le signe du combat entre plus d’être et plus d’avoir. Et c’est sa démultiplication qui contribuera à l’élaboration du bien commun.

Le bien commun : une construction en commun

Il est fondé sur les inclinations altruistes de chaque membre de la société. En écologie, il faut entrer en révolte pour exiger l’accès au beau, au vrai, à la liberté, au souci de l’autre, au fait spirituel…. Explicitons ces cinq dimensions :

  • L’idée du beau tient par un lien étroit aux idées de vrai, de bien, d’ordre, d’harmonie et de perfection. En cela le livre de la nature est une véritable grammaire du beau.
  • Chacun doit contribuer au vrai. Tous les totalitarismes ont mis en cause l’existence même de la vérité. Si l’écologisme véhicule des mensonges, il portera inéluctablement atteinte aux libertés fondamentales. 
  • Or notre liberté est d’abord une obéissance à la vérité. La liberté n’est pas seulement à la source des actes; elle en est aussi le fruit, dans la mesure où l’acte juste rend libre alors que l’injustice rend son auteur esclave de ses actes et de ses désirs. Sans éradication de la pauvreté, une juste écologie n’aura pas de sens.
  • C’est bien dans l’altérité et dans ce que l’homme a d’universel que le bien commun trouve son fondement .
  • Dans le fait spirituel, il y a la conviction que la destinée humaine a une autre fin que la construction d’une cité périssable, que l’homme va vers une cité impérissable. Mais, du même coup, ceci nous oblige à situer la cité terrestre dans son ordre propre et à lui donner sa valeur propre  ! C’est tout le sens de la réflexion que nous proposons sur Job.

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