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EI : La réponse tarde….

Le président égyptien souhaite l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité pour contrer l’Etat islamique en Libye avec le feu vert des autorités libyennes.

« Il n’y pas d’autre choix ». Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prôné mardi 17 février l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui permettrait, après le feu vert des autorités libyennes, une intervention d’une coalition contre l’Etat islamique en Libye.

On peut soutenir une telle initiative car l’urgence d’agir est évidente. Nous sommes d’accord avec la prise de position du saint siège, et du cardinal PAROLIN qui a déclaré qu’il fallait « intervenir rapidement, mais sous l’égide de l’ONU », c’est-à-dire avec « un large consensus international ».

De la même manière, on peut comprendre que les autres pays de la zone dont l’Italie réagissent avec beaucoup d’empressement. L’Italie souligne l’urgence « d’enrayer l’avancée de l’État islamique en Libye », et appelle à la mise sur pied d’une mission des Nations unies pour stabiliser la situation.

«Nous étions en Syrie, maintenant nous sommes au Sud de Rome». Menace claire de l’Etat islamiste à l’encontre de l’Italie dans sa dernière vidéo de propagande s’ajoutant aux photos montages de la Basilique Saint-Pierre ornée du drapeau du Califat. Ses forces sont donc au sud de Rome, à 350 km de la péninsule pour être précis, la distance qui la sépare des côtes libyennes.

Autre conséquence : Des embarcations de fortune chargées de migrants continuent à partir de Libye presque quotidiennement pour rallier la Sicile ou la Calabre. Il y a  des naufrages et des morts chaque semaine en Méditerranée. C’est pourquoi Matteo Renzi tweetait à ceux qui réclamaient un retour de l’opération Mare Nostrum : «Le point politique est de résoudre le problème en Libye où la situation est hors de contrôle».

Ainsi il est évidant que l’opération à mener n’est évidemment pas uniquement humanitaire et le point moins politique que militaire. Dans l’urgence, la ministre italienne de la Défense était disposée à prendre la tête d’une coalition internationale rassemblant des pays européens et nord africains. La menace est désormais à quelques centaines de kilomètres de nos côtes et l’Europe ne peut pas rester passive.

Une intervention, mais avec qui, quand, comment et pour quoi faire ? Autant de questions pour l’instant sans réponses précises. Cela démontre bien à nouveau l’échec de l’UE en particulier au niveau de sa politique de défense. On aurait pu anticiper depuis longtemps ce risque au niveau européen si nous avions une organisation de défense effective.

Face aux réticences des partenaires européens et nord africains (France et Egypte mis à part), les déclarations guerrières ont laissé la place à un ton plus diplomatique. Et nous voilà de nouveau à demander aux nations unies de mettre en place une mission. On peut redouter un exode massif sur les côtes du sud de l’Europe et des infiltrations terroristes parmi les migrants.

Des mesures ont été adoptées pour prévenir et lutter contre la menace terroriste. Mais tout cela est encore insuffisant. Un accord préliminaire entre les combattants sur place et un gouvernement d’unité nationale doit être trouvé.  Le gouvernement italien est à pied d’œuvre pour renouer et amplifier les contacts sur place. Le «plan italien» à l’étude implique une collaboration étroite avec les Libyens et le plus de factions possibles sur le terrain. Des discussions lentes et difficiles qui contrastent avec le sentiment d’urgence qui étreint l’Italie et le monde. Même si les Nations unies sont plus fortes que les miliciens de l’Etat islamiste, ceux-ci sont plus rapides que l’ONU peut-on s’inquiéter.

En France, la Défense n’a jamais écarté l’idée d’une intervention dans la région du Fezzan, sanctuaire des terroristes qui viennent s’y reposer, s’y ravitailler en armes et y préparer leurs attentats. Mais l’Elysée et le Quai d’Orsay soutiennent la médiation de l’envoyé spécial de l’ONU, l’espagnol Bernardino LEON, qui tente depuis des mois de rassembler les acteurs politiques autour de la table des négociations. «Il faut d’abord une réponse politique, soutient un diplomate français. La France ne peut s’engager sur tous les fronts. Ce sera ensuite aux Etats de la région de se mettre d’accord pour enrayer la menace terroriste en territoire libyen et dans les pays limitrophes».

Comme en Syrie et en Irak, la réponse n’est pas à la hauteur des enjeux. Elle tarde beaucoup trop ! Nous pouvons malheureusement craindre le pire comme des actions terroristes sur tous les territoires et des drames humanitaires de plus en plus nombreux.

Louis BOIS

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