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Dans l’attente, apprendre à combattre la dictature du relativisme

Bertrand VERGELY nous apporte, dans ce magnifique texte, un éclairage sur le mensonge et la tyrannie du relativisme.

Le relativisme vient du terme relation et signifie le fait pour la pensée de relier une réalité posée comme absolue à un contexte matériel et historique afin de montrer que celle-ci n’a rien d’absolu. Pour ses défenseurs, le relativisme est un progrès majeur, l’absolu étant synonyme de fanatisme et donc de violence et de folie.

Avant de voir si c’est le cas, voyons ce qui se passe derrière le relativisme.

  1. Retour sur la notion d’absolu. L’absolu désigne ce qui est sans lien avec quoi que ce soit d’autre que lui-même. Les Anciens disaient « ce qui se soutient par soi ». D’où une coupure radicale entre l’absolu et le reste. Il est à la mode de critiquer l’absolu en voyant là une figure du fanatisme et de la violence. Il s’agit là d’une erreur. Consultons notre expérience. Tout ce qui est grand est absolu. Ainsi prenons le vrai, le bien et le beau. Rien n’est vrai, bien ou beau parce que cela est relativement vrai, bien ou beau. Tout est vrai, bien ou beau parce que cela est absolument vrai, bien ou beau. On ne fait pas les choses à moitié. On les fait ou on ne les fait pas. D’où l’erreur de ceux qui croient bien faire en relativisant le vrai, le bien et le beau. En croyant sauver le vrai, le bien et le beau, ils le tuent. On croit que les violents et les assassins sont les fanatiques. De fait, ce sont eux qui sont les violents et les assassins.

Est-ce à dire que le relativisme n’a aucun sens ? Il en a. À condition que l’on comprenne pourquoi et comment. Ainsi il nous arrive sans cesse d’exagérer en donnant trop d’importance à ce qui n’en a pas. D’où des erreurs, en science et en morale.  Relativiser, dans ces conditions, s’avère salutaire afin d’éviter en science de fabriquer des obstacles épistémologiques et en morale des conflits. Hormis ces cas extrêmes, il n’y a aucun intérêt à relativiser. Au XVIIIème siècle pourtant, il en a été décidé autrement. Posant la religion comme une pathologie, les penseurs matérialistes ont décidé de relativiser la religion. Au XIXème siècle, ce principe s’est étendu à toute la sphère de l’esprit et des idées qui ont été relativisées, les idées et l’esprit étant censées faire le jeu de la religion. Résultat, nous vivons sous la dictature du relativisme qui tend à tout relativiser sauf le relativisme afin d’asseoir une vue matérialiste et athée de l’existence. Il importe de se délivrer d’une telle vision proprement pathologique.  L’absolu fait partie de nos vies. C’est ainsi. Rien de ce qui est essentiel ne se divise. Il faut en prendre acte et en être reconnaissant. C’est l’absolu qui sauve la vie de l’esprit. Tant il est vrai qu’avoir de l’esprit consiste

  1. L’absolu et le vrai. Il est de bon ton de répéter qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités. Il s’agit là d’une erreur. Il y a des moments dans l’existence au cours desquels une parole est particulièrement juste et pertinente. On s’exclame alors « C’est vrai ». Cette parole est souvent tellement juste et tellement pertinente, qu’elle frappe non seulement une génération d’hommes et de femmes mais plusieurs générations. On s’interroge sur la nature de la vérité. On a la réponse. Celle-ci est une parole qui, sachant dire la réalité, traverse le temps en se révélant comme absolue et éternelle.

Le relativisme nie l’existence de la vérité. Il avance pour cela la diversité des discours sur la vérité dans l’histoire. En quoi il se trompe. Revenons à l’histoire. Pourquoi y a-t-il diversité de discours au sujet de la vérité ? Parce que ces discours sont les commentaires d’un discours originaire suffisamment vrai pour qu’on le commente.  Loin donc de réfuter la vérité, l’histoire confirme celle-ci en révélant cette vérité de la vérité. S’il n’y a pas une vérité, la vérité n’en est pas moins une. Mieux encore, c’est parce que la vérité est une qu’il n’y a pas une vérité, la vérité une s’enrichissant de tous les discours qui la commentent.

 

III. L’absolu et le bien. Tout comme il est de bon ton de proclamer qu’il n’y a pas une mais des vérités, il est de bon ton de proclamer également qu’il n’y a pas une mais des morales. Ce qui est une autre erreur. Il y a des moments dans la vie où certains êtres humains agissent de façon supérieure en allant au-delà d’eux-mêmes. Ils pourraient être égoïstes. Ils ne le sont pas. Ils pensent aux autres. Mieux encore, ils agissent en fonction d’un certain idéal d’humanité. Une humanité capable de se dépasser en vivant pour une humanité idéale, c’est-à-dure une humanité qui pense aux autres et qui a un idéal. Nous sentons tous en nous la possibilité de viv re pour nous de façon égoïste et limiotée ou bien la possibilité de vivre au-delà de nous pour un peu mieux que nous. On s’interroge sur la nature de la morale. On a la réponse.  La morale est cette action qui, sachant faire vivre l’humanité de façon supérieure, franchit les espaces et les cultures.

Le relativisme nie l’existence d’une morale, une. Il proclame qu’il n’y a pas, une, mais des morales en avançant la diversité des modes sociaux et culturels dans le temps comme dans l’espace. Il commet là une confusion. Si la morale est une, les moyens d’y accéder sont divers. Il faut du temps pour apprendre à dépasser son égoïsme en vivant de façon supérieure. Cela passe par bien des médiations en fonction des lieux, des époques et des hommes et des femmes avec leur psychologie. La diversité des mœurs raconte ces parcours. De fait, une chose est la morale qui est une, une autre la façon dont elle est vécue qui est diverse. Le relativisme se trompe quand, parce que la morale est diversement vécue, il pense que celle-ci n’existe pas. Au contraire. La diversité des mœurs est bien la preuve de l’existence d’une morale, une, les mœurs étant le commentaire de la morale. Ce qui éclate le relativisme. Celui-ci confond les mœurs et la morale en ramenant la morale aux mœurs. Ce qui fait éclater la morale en la rendant obscure. Si l’on veut comprendre la morale, c’est l’inverse qui s’avère pertinent. Il importe de ramener les mœurs à la morale en voyant comment la diversité est une manière de s’unifier.

  1. L’absolu et le beau. Il faut enfin parler de l’esthétique. Tout comme il nie l’existence d’une vérité et d’une morale, unes, le relativisme nie l’existence d’un beau, un. En quoi il se trompe, comme pour la vérité et comme pour la morale. Il y a des moments dans l’existence où l’on fait l’expérience du beau. Il s’agit de moments au cours desquels on est proprement subjugué par l’harmonie, que ce soit celle de la nature ou des hommes. On vit alors un moment exceptionnel. L’idéal est sur la terre. On s’interroge sur la nature de la beauté. On a la réponse. Si le vrai est une parole qui sait dire ce qui est, si la morale est ce qui sait faire vivre l’humanité de façon supérieure, le beau est l’idéal devenu sensible.

Le relativisme nie l’existence du beau.  Il pense que celui-ci est une affaire de goût subjectif et non d’idéal. En quoi il se trompe. Comme pour la vérité, comme pour la morale, il importe de distinguer le beau de la manière dont il est vécu. Le beau en tant que tel ne connaît pas de limites spatiales ni historiques. La preuve : nous aimons d’autres paysages que ceux où nous vivons et nous admirons d’autres cultures et d’autres œuvres dans ces cultures que notre culture avec ses œuvres. Que le beau soit diversement vécu à travers le monde et l’histoire est une évidence. Qu’il n’existe pas à cause de cela est une erreur. Toutes les cultures recherchant à travers tous les temps et tous les espaces à faire vivre l’idéal dans le sensible en y parvenant plus ou moins heureusement. La modernité a remplacé le beau par le goût. Cela n’affecte pas l’existence du beau. Au contraire. Cela l’enrichit, le beau faisant vivre une expérience humaine. Est-ce parce qu’il y a une diversité d’expériences humaines à propos du beau que celui-ci n’existe plus ? Au contraire. Que le beau puisse être diversement vécu témoigne de sa richesse. Tous les artistes ne font pas du beau ni dans le beau, fera-t-on remarquer. Cela est vrai dans la forme mais pas dans le fond, le beau résidant dans le fait de rendre quelque chose exceptionnelle. Qu’il s’agisse du beau comme du laid. D’où ce paradoxe : quelque chose peut cesser d’être laid en étant exceptionnellement laid.

  1. Le combat pour l’absolu. Il importe d’être lucide. L’absolue suppose une transcendance sous la forme d’une éternité de la vérité, d’une supériorité de la morale et d’une idéalité du beau. On accède à l’absolu en admettant un plan de transcendance. Il est certain que cela ne va pas de soi et qu’il y aura toujours un combat à ce sujet. Pour admettre la transcendance, il faut aller au-delà de soi, ne pas discuter, en un mot être humble. L’orgueil humain n’est pas prêt à être humble. Le relativisme fait croire qu’il est prétentieux de parler d’éternité, de supériorité et d’idéalité. En vérité, c’est lui qui est prétentieux en ramenant tout à l’Homme et en faisant de l’absolu une production du relatif.

Par-delà la question de l’humilité qui est importante, une autre chose est importante. Elle concerne la réalité et, avec elle, l’ontologie. Poser l’absolu consiste à poser l’existence de deux plans de réalité, le plan absolu et le plan du relatif. Pour le relativisme, cela est inacceptable, le relatif étant l’absolu. En ce sens, il importe d’apercevoir la vraie question qui se pose.  Celle-ci n’est pas de savoir si il y a un absolu ou pas, mais de savoir de quel absolu on parle, la vérité étant qu’il y a toujours un absolu. Il n’y a, à ce sujet, que deux possibilités : soit confondre l’absolu et le relatif en faisant du relatif l’absolu, soit, séparer l’absolu du relatif en posant que l’absolu vient de l’Autre avec un grand A et non du relatif. Il va de soi que pour le relativisme, l’absolu se confond avec le relatif. Ce qui a comme conséquences la création d’un certain nombre d’idoles.

  1. Première idole : le scepticisme. Il est important de douter à condition de comprendre ce que douter veut dire. Douter consiste à douter de soi et non de ce qui vient des autres ou de l’Autre. On l’oublie trop souvent. Nous avons tous tendance à ne pas avoir de recul par rapport à ce que nous pensons, imaginons, sentons en pensant que cela est vrai ou bien encore universel. Il importe de prendre des distances vis-à-vis e soi en disant notamment des choses que l’on a mûrement expérimentées. En fait, douter veut dire parler d’expérience par différence avec le fait de parler à la légère. C’est ce que fait Descartes. Douter lui permet de passer du discours spontané au discours mûri.

Ceci étant rappelé, il importe d’apercevoir que ce n’est pas du tout ce que nous vivons. Consultons notre expérience. À quoi assistons-nous ? Au triomphe du doute à l’égard des autres et du monde et non à l’égard de soi. Ce doute est le fait du joueur, du malin, du sophiste. Quand on veut prendre le pouvoir sur les consciences, il existe un bon moyen de subjuguer celles-ci : semer le doute. On y parvient en faisant apercevoir partout une faille. Le résultat est garanti. Quand le doute s’installe, alors que certains sont perdus, d’autres jubilent en jouant avec ceux qui sont perdus et en les manipulant à leur guise. Le relativisme est rempli d’un tel doute. Témoin ce qui se passe. Pourquoi relativise-t-on tant aujourd’hui ? Pour prendre le pouvoir. Ce qui est le cas. Relativisons en doutant du vrai, du bien ou du beau. On s’empare de la pensée en rendant toute pensée, impossible.  On parle du pouvoir dissolvant du doute. On a raison. Le doute est effectivement dissolvant. Un remède face à ce doute pervers ? Revenir au vrai doute en doutant de soi et, notamment de son propre doute, afin de ne pas se laisser séduire par le malin plaisir de dissoudre.

VII. Deuxième idole : le contextualisme. S’il est important de douter, il est important pour bien juger des choses de contextualiser.  Tout discours est le fait d’êtres humains s’exprimant dans une certaine société donnée à, avec une culture donnée, à un certain moment de l’histoire donné. Il est important de le rappeler pour mieux comprendre ces discours. Encore faut-il bien savoir le faire. Ce qui n’est pas toujours le cas. Le vrai, le bien et le beau sont vrais, bien et beaux parce qu’ils sont vivants. Ils sont vivants parce qu’ils sont incarnés. Ainsi, qu’est-ce qui fait qu’une vérité éternelle est vivante ? Une chose : le fait qu’elle surgisse dans le temps. Ou pour le dire autrement. Ce n’est pas en dehors du temps mais en lui que nous trouvons la profondeur des vérités éternelles. Et ce, parce que c’st le temps qui rend l’éternité nécessaire. La preuve, qui peut vivre dans l’éphémère ? Vivre, c’st trouver ce qui reste comme ce qui est essentiel. D’où l’importance des vérités éternelles. Vérités que l’on trouve parce que nous sommes confrontés au temps qui nie l’éternité. Même chose avec la morale et du beau. C’est parce que nous vivons dans un monde égoïste que la question de la morale se pose. Tout comme c’est parce que nous sommes confrontés à la laideur que nous aspirons au beau. En ce sens, si l’absolu existe, ce n’est pas simplement parce qu’il vient d’en haut. C’est aussi parce qu’il vient d’en bas.

Voilà ce que veut dire contextualiser. Loin de nier l’absolu, cette méthode consiste à fait apparaître combien m’absolu est l’absolu parce qu’il surgit au cœur des choses en étant appelées par elles. On devrait toujours contextualiser ainsi. On aurait une lecture riche du relatif. Ce qui n’est pas le cas. Reportons nous au relativisme. Quand il contextualise, ce n’est pas pour faire vivre l’absolu mais pour le faire mourir. Ce qui se fait sur le mode d’un abus. S’il est vrai que tout discours s’enracine dans un contexte, ce n’est pas parce qu’il s’enracine ainsi dans un contexte que l’absolu n’existe pas. Nous l’avons vu, au contraire. Si tout discours s’inscrit dans un contexte, tout contexte appelle un discours. On devrait le rappeler. On ne le fait pas, le relativisme se servant du contexte pour nier l’absolu et ce afin de prendre le pouvoir sur la pensée.

VIII. Troisième idole : le culturalisme. Si le relativisme s’emploie à éliminer l’absolu  de façon théorique grâce au contextualisme, il l’élimine pratiquement grâce au culturalisme. Terme vague en apparence, mais précis en réalité, celui-ci consistant à montrer que tout est culture en usant pour cela du psychologisme, du sociologisme et du culturalisme proprement dit. Nous faisons partie d’une société qui obéit à une culture laquelle est l’expression d’une psychologie donnée. C’est là une évidence. Que tout discours absolu s’enracine dans ce contexte, c’est là une autre évidence. Quand un individu parle du vrai, du beau et du bien, il le fait dans une société, en parlant à cette société, en lui répondant, en dialoguant avec elle. Cela dit, ce n’est ps parce que cet absolu s’inscrit dans un dialogue avec la société qu’il n’existe pas. Au contraire. C’est bien parce qu’il fait vivre un dialogue qu’il est vivant et réel.

En ce sens, cessons de dire que l’absolu n’existe pas, tout étant culturel, ainsi que le fait le relativisme. Cessons d’utiliser la culture pour détruire toute pensée, toute vérité transcendante, toute valeur universelle, tout goût universel. Tant il s’agit là d’une erreur. Tant il s’agit là également  d’un renoncement à sa propre liberté. On ne ‘en rend pas toujours compte ? mais quand on dit que tout est culturel, on donne l’impression de relativiser. Ce qui n’est qu’une apparence. On fait, de fait de la culture et de l’explication culturaliste, des absolus à la place de l’absolu. Où l’on retrouve ce que nous disons plus haut. Il y a toujours un absolu, disions-nous. Aussi l’important est-il non pas de savoir s’il existe ou pas, mais quel est-il. Le culturalisme en est l’illustration. Quand il nie l’absolu, ce n’est pas pour le nier qu’il le nie, mais pour prendre sa place.

Quatrième idole : l’historicisme. Si tout est culturel, tout est historique, nous dit enfin le relativisme. Propos là encore ambigu. Il va de soi que tout est historique. Vivant dans un contexte culturel, nous vivons également dans un contexte économique, social et politique. En ce sens, ce n’est jamais abstraitement que nous nous posons les questions du vrai, du bien et du beau, mais concrètement. Ainsi, c’est parce qu’il existe une trahison de la vérité que nous nous posons la question du vrai comme c’est parce qu’il existe des phénomènes de tyrannie et de servitude que nous posons la question de la morale. Cela dit, ce n’est pas parce les grandes questions que nous nous posons sont dictées par les  circonstances, que ces questions n’ont pas de valeur propre. Elles en ont une, la vérité et la morale créant des circonstances et pas simplement les circonstances la vérité et la morale.  Ainsi, s’il est vrai que l’on se pose la question de la vérité parce qu’il existe des trahisons en son sein, c’est parce que nous avons une idée de la vérité que nous pouvons nous rendre compte des trahisons qui ont lieu.

Le relativisme là encore n’est pas prêt à l’entendre. Pour une raison simple que le politologue Léo Strauss a bien aperçue. Posons que tout est une affaire de circonstances. Tout devient possible. Tout devient permis. La volonté de puissance n’a plus aucun frein. Il suffit pour cela de provoquer des circonstances. On peut obéir à l’absolu comme Autre. Comme on peut confondre l’absolu à soi en n’obéissant qu’à soi. Avec l’historicisme, constatons-le, il est possible de n’obéir qu’à soi. D’où le lien entre historicisme et relativisme, l’historicisme étant l’accomplissement du relativisme.

  1. Cinquième idole : le nihilisme. Tout cela pour apercevoir en définitive le véritable enjeu du relativisme, à savoir, le nihilisme. Depuis la fin du Moyen Âge, l’Occident est engagé dans un processus qui est celui de la mort de Dieu, l’important aux yeux de la culture humaniste étant de remplacer dieu par l’Homme et son moi. Ce processus culmine aujourd’hui devant nous puisque c’est effectivement l’homme-dieu contrôlant tout qui sert de référent à la civilisation occidentale post-moderne.

Dans ce processus, le relativisme revêt une importance décisive. Il suffit de se reporter à l’expérience. Quand on veut prendre le pouvoir, que fait-on ? On relativise toute valeur autre que celle que l’on veut défendre avant d’imposer les siennes par un coup de force. Ainsi, que fait-on pour éliminer Dieu ? On le ramène à une production humaine dans un certain contexte culturel et historique. L’ayant ainsi relativisé en voyant en lui une production arbitraire, il devient facile de passer en force en s’imposant comme le maître de la vérité puisque l’on a dit la vérité de Dieu.

Une fois de plus on s’en aperçoit, relativisme et pouvoir sont liés, le relativisme donnant immédiatement du pouvoir en se faisant passer pour la vérité de la vérité.  Il y a un combat, avons-nous dit, entre l’ego de l’Homme et l’absolu. Le relativisme marque le refus de l’absolu par l’égo afin de faire passer celui-ci pour l’absolu. Il est possible de sortir de ce mensonge et de cette tyrannie. Il suffit pour cela de retourner le relativisme en démystifiant les démystificateurs. On y parvient en ne se laissant pas intimider par eux et en n’étant pas dupe de leur jeu.

Bertrand VERGELY pour l’Institut Montalembert

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