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La culture, une exigence de participation

« Au sens large, le mot culture désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que la vie civile, grâce au progrès des mœurs et des institutions ; traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l’homme, afin qu’elles servent au progrès d’un grand nombre et même de tout le genre humain. [1]»

« La culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l’ »être »[2].

La doctrine sociale de l’Eglise, telle qu’elle est synthétisée dans le compendium de la doctrine sociale, prête une attention spéciale à la culture, dans laquelle s’exprime la sagesse de l’humanité. Elle rappelle que « l’amour chrétien pousse à dénoncer, à proposer et à s’engager en vue des projets culturels et sociaux ». L’action en faveur de la culture se développe au plan individuel comme à l’échelle collective.

Pour la personne, l’accès à la culture fait partie de sa promotion intégrale et de ses droits fondamentaux, au même titre que l’éducation. L’institution politique a comme finalité de lui rendre accessibles les biens culturels, comme les biens matériels, spirituels et moraux, pour qu’elle puisse conduire une vie vraiment humaine. Il est d’ailleurs rappelé que l’amour de l’Eglise pour les pauvres concerne aussi la pauvreté culturelle et qu’il faut réduire les inégalités culturelles. La rémunération du travail doit d’ailleurs inclure la possibilité de mener une vie digne sur le plan culturel.

Collectivement, la nation garde un droit essentiel à conserver sa langue et sa culture, qui se transmettent au premier chef dans les familles. Ce qui caractérise en effet un peuple est « un partage de vie et de valeurs, source de communion au niveau spirituel et moral ». C’est à ce titre que les minorités doivent pouvoir conserver leur culture propre au sein des Etats. « Les hommes sont débiteurs du patrimoine de la culture. » Cette dette doit être honorée, pour que le chemin des hommes se poursuive et que les sociétés soient plutôt orientées vers l’être que vers l’avoir.

Sur le plan du contenu doit primer la recherche de la Vérité. « Les cultures des diverses nations sont autant de manières d’aborder la question du sens de l’existence personnelle ». Il faut aussi mettre en valeur la dimension proprement religieuse des différentes cultures, « présenter en termes culturels de la Tradition catholique ». Cela permettra d’évangéliser les pratiques culturelles et réduire la fracture entre Evangile et culture. Dans une société de l’information, il faut éviter que la culture ne devienne qu’une accumulation de faits sans signification. « Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question de Dieu serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable. [3]»

Pour ces raisons, la culture doit « constituer un domaine privilégié de présence et d’engagement pour l’Eglise et pour chaque chrétien ». Il y a donc une exigence de participation dans le respect du principe de subsidiarité, qui permette l’expression de « la personnalité créative du citoyen. »

 


[1] Gaudium et Spes, 53, 2

[2] Discours de Jean-Paul II à l’UNESCO du 2 juin 1980

[3] Discours de Benoit XVI au collège des Bernardins du 12 septembre 2008

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