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Education-Culture

JÉSUS : L’événement d’une rencontre !

L’un des impératifs non écrits du monde d’aujourd’hui voudrait nous obliger à penser que pour se sentir vivants, il convient de changer souvent. Changer de lieu, changer d’amours, changer de travail, changer de look, changer de vie et de croyance. Le poète TS ELIOT dans les chœurs du Roc, donne cet avis : «  Le monde tourne et le monde change / mais une chose ne change pas / La lutte perpétuelle du Bien et du Mal». C’est-à-dire la lutte, la différence entre ce qui réalise complètement le désir et ce qui, au lieu de cela, le déçoit et le déprime. L’histoire change, aussi bien l’histoire personnelle que l’histoire collective, les lieux changent, les usages. Durant ces dernières décennies, nous avons assisté à une série impressionnante de changements dans la politique mondiale, dans les habitudes, dans les modes et les lois, dans les moyens que les hommes ont à leur disposition. Et pourtant le cœur de la personne, ce que saint Paul appelle « mentalité », peut rester identique, immobile. Et au milieu d’une lutte quotidienne entre ce qu’on sent comme le bien et le mal, il peut rester dépaysé, incertain : une mentalité, un « moi », au fond rabougris, suspendus peut-être entre de grands …

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Dans l’attente, apprendre à combattre la dictature du relativisme

Bertrand VERGELY nous apporte, dans ce magnifique texte, un éclairage sur le mensonge et la tyrannie du relativisme. Le relativisme vient du terme relation et signifie le fait pour la pensée de relier une réalité posée comme absolue à un contexte matériel et historique afin de montrer que celle-ci n’a rien d’absolu. Pour ses défenseurs, le relativisme est un progrès majeur, l’absolu étant synonyme de fanatisme et donc de violence et de folie. Avant de voir si c’est le cas, voyons ce qui se passe derrière le relativisme. Retour sur la notion d’absolu. L’absolu désigne ce qui est sans lien avec quoi que ce soit d’autre que lui-même. Les Anciens disaient « ce qui se soutient par soi ». D’où une coupure radicale entre l’absolu et le reste. Il est à la mode de critiquer l’absolu en voyant là une figure du fanatisme et de la violence. Il s’agit là d’une erreur. Consultons notre expérience. Tout ce qui est grand est absolu. Ainsi prenons le vrai, le bien et le beau. Rien n’est vrai, bien ou beau parce que cela est relativement vrai, bien ou beau. Tout est vrai, bien ou beau parce que cela est absolument vrai, bien ou …

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Il NE FAUT PAS ATTENDRE GODOT

DISCOURS de Václav Havel, Associé étranger, à l’ ASMP MONSIEUR LE PRESIDENT, Je vous remercie de vos paroles. Je suis à la fois honoré et touché par la qualité et la profondeur de la lecture que vous avez faite de mon engagement et de celui de mes nombreux concitoyens. CHERS CONFRÈRES, C’est un grand honneur pour moi d’être élu parmi vous, en cette prestigieuse Académie des Sciences morales et politiques, honneur qui représente pour moi un grand encouragement aujourd’hui et me propose un grand pari sur l’avenir. Puisqu’il me revient le privilège d’être l’un des vôtres jusqu’à la fin de mes jours, je dois savoir en être digne. Je vous promets d’essayer d’honorer ce contrat. Respectueux de l’esprit de cette belle tradition académique, j’ai l’agréable devoir de m’incliner, du haut de cette tribune, devant mon prédécesseur, l’économiste italien Giuseppe Ugo Papi, dont l’œuvre qui porte, entre autres, sur la mise en place des structures internationales de coopération économique, dépasse largement les frontières de son pays. MESDAMES ET MESSIEURS, Je viens parmi vous d’un pays qui, pendant de longues années, a vécu dans l’attente de sa liberté. Qu’il me soit permis de saisir cette occasion pour présenter une brève réflexion sur …

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Chantal Delsol, La Haine du monde – Totalitarismes et postmodernité (éditions du Cerf) – Analyse IEPM

  Le dernier essai de Chantal Delsol publié en février 2016 donne une analyse critique des représentations selon lesquelles notre temps serait « une époque de grand déploiement des libertés personnelles. Tous les choix sont rendus possibles par l’émancipation générale, la liberté des mœurs, la récusation de tous les tabous et l’esprit d’ouverture. » Dans ce passage du livre intitulé « Ce qui est légal est moral », l’auteur, membre de l’Institut, ajoute immédiatement : « Et cependant, les citoyens sont d’une docilité désarmante. Ils ploient l’échine et suivent le troupeau sans un mot. » La thèse soutenue est que notre époque est au plus haut point exposée à un totalitarisme discret mais efficace. Notre époque, dite « post-moderne » parce qu’elle rejette à juste titre la terreur à laquelle ont abouti les Etats modernes, reste totalitaire lorsqu’elle exige que chacun adhère à l’idéal d’autonomie absolue qui s’oppose à tout enracinement. Le totalitarisme aujourd’hui Ce totalitarisme, anticipé par Tocqueville dans son observation de la démocratie américaine, a été le mieux décrit, selon Chantal Delsol, par les intellectuels confrontés aux régimes communistes. A la fin de la guerre froide, ces intellectuels ont fait le constat que la fin du communisme ne signifie pas la fin de la promesse trompeuse d’une …

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La culture, une exigence de participation

« Au sens large, le mot culture désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que la vie civile, grâce au progrès des mœurs et des institutions ; traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l’homme, afin qu’elles servent au progrès d’un grand nombre et même de tout le genre humain. [1]» « La culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l’ »être »[2]. La doctrine sociale de l’Eglise, telle qu’elle est synthétisée dans le compendium de la doctrine sociale, prête une attention spéciale à la culture, dans laquelle s’exprime la sagesse de l’humanité. Elle rappelle que « l’amour chrétien pousse à dénoncer, à proposer et à s’engager en vue des projets culturels et sociaux ». L’action en faveur de la culture se développe au plan individuel comme à l’échelle collective. Pour la personne, l’accès à la culture fait partie de sa promotion intégrale et de ses droits fondamentaux, au même titre que l’éducation. …

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VERS une VILLE ASSIMILATIVE

POUR un REGLEMENT VOLONTARISTE du PROBLEME des BANLIEUES   Les attentats du mois de janvier conduisent à s’interroger sur ce que l’on nomme « l’intégration » et qui est une usine à produire de l’exclusion, des fractures communautaires, du ressentiment. L’échec de l’intégration provient de phénomènes bien connus : une immigration massive et mal maîtrisée, une crise identitaire de la France elle-même qui n’affirme plus avec fierté ce qu’elle est et qui se laisse prendre aux pièges du multiculturalisme, une souveraineté économique, monétaire économique chancelante. Mais aussi, et peut être surtout, une géographie urbaine qui favorise la désintégration identitaire, ou plutôt qui est un kaléidoscope d’identités multiples, fractionnées voire fracturées, qui n’ont plus rien pour se réunir et que tout sépare désormais.   L’accueil des étrangers se fait essentiellement et généralement selon trois modalités :   Le multiculturalisme, où les peuples vivant dans le même pays coexistent en respectant a minima les lois du pays d’accueil mais exportent leurs modes de vie, leur culte et leur culture exposés visiblement dans l’espace public au sein d’un territoire déterminé qui est une enclave culturelle. L’intégration, qui est l’adhésion aux règles de fonctionnement et aux valeurs de la société d’accueil, ce qui n’interdit pas le maintien des différences …

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Dossier IEPM/ Les ambiguïtés de l’égalité – une analyse du programme « ABCD de l’égalité »

Nous présentons ici une étude faite il y a quelques mois déjà sur le programme gouvernemental concernant l’école dit « ABCD de l’égalité ». Bien que le programme ait été officiellement revu (mais pas vraiment abrogé) par le ministère, sous la pression des familles et des associations qui l’ont combattu, il ne nous a pas semblé vain de produire ce texte resté jusqu’à ce jour non publié, et ce malgré sa longueur. Même si la polémique autour de la « théorie du genre » et des élucubrations de Judith Butler est quelque peu retombée, l’enjeu de la question demeure en effet, et il est de premier plan. ***   Introduction   L’ « ABCD de l’égalité » est présenté par le Ministère de l’Education Nationale comme un service en ligne dédié à l’égalité à l’école qui « offre aux enseignants des outils et des ressources pour aider à la prise de conscience des préjugés et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes ». C’est, à ce titre, appelé un “programme”. Mais c’est aussi une « démarche pédagogique conçue pour amener les élèves à réfléchir autour de certaines questions : la danse est-elle réservée aux filles ? Une femme peut-elle être pompier ? Un homme peut-il être sage-femme ? »[1] Le sérieux avec lequel des questions aussi …

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Nous devons défendre la Mosaïque religieuse au proche Orient !

Arabes, musulmans, Proche-Orient, Perses, … Ces noms que nous confondons parfois, renvoient, quand on plonge le nez dans ce qu’ils représentent vraiment, à une réalité extrêmement riche. On découvre un univers qu’on ignore. Même au niveau de la recherche universitaire, ce monde est en train d’être redécouvert. Et quelle découverte ! Qui sont donc les chrétiens au Proche-Orient ? L’intérêt pour l’institution « Eglise », l’étude historico critique du Coran, la prise de conscience de l’ancienneté des chrétiens dans le Proche-Orient, un autre rapport possible avec les musulmans, tout est une nouveauté pour nous, alors que cela ne devrait pas l’être. Le christianisme est né là-bas. Mais les chrétiens d’Orient souffrent de devoir rappeler trop souvent qu’ils ne sont pas l’héritage des Croisades ou de l’impérialisme occidental récent. Ils ne sont en rien extérieurs à l’identité de la région. Ils participent à sa définition. Des intellectuels chrétiens ont été très impliqués dans le renouveau de la langue arabe au XVIIIe siècle. L’arabe était la langue du christianisme avant de devenir la langue de l’Islam. Les désaccords entre les conciles des premiers siècles autant que les particularismes culturels ont créés des schismes entre les communautés chrétiennes : sont nées alors les …

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L’avenir de l’institut du monde arabe

Depuis son inauguration par François Mitterrand, l’Institut du monde arabe (IMA) n’a cessé de susciter des interrogations sur son financement et sur sa gouvernance. Ces difficultés internes, malgré la qualité de la programmation, l’ont emporté sur le débat relatif au contenu de la politique culturelle de cet établissement, qui devrait compter parmi les fleurons du réseau des grands établissements français œuvrant dans le domaine de la Culture. 1.- Une concurrence accrue La nécessité de revoir la stratégie de l’IMA est renforcée par les évolutions du paysage culturel parisien et national. Le département des Arts de l’Islam du Louvre, ouvert en 2012, devient de facto le lieu de présentation des œuvres d’art du monde islamique, compris dans sa dimension artistique culturelle. L’Institut des cultures de l’Islam (ICI), créé par la ville de Paris, « est dédié à la découverte de la diversité des cultures musulmanes actuelles ». Malgré la volonté d’apparaître comme complémentaire de l’IMA, la programmation de l’établissement municipal recoupe en grande partie celle de son prédécesseur. La Cité nationale de l’immigration (CNHI), développe elle aussi des programmes en lien avec les missions initiales de l’IMA. Enfin, à Marseille, l’ouverture en 2013 du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée …

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