Accueil » Edito (page 3)

Edito

Calma francese

Alors qu’après la révision de la loi Léonetti, le gouvernement s’efforce de faire adopter deux autres lois qui augmentent encore de manière très inquiétante l’emprise des pouvoirs publics sur la vie des gens dans ce qu’elle a de plus intime, la loi sur le renseignement d’une part, et celle dite sur la “santé“ de l’autre, notre pays semble rester dans l’attentisme. La majorité vient de réussir l’exploit de déclencher une troisième crise scolaire en trois ans d’exercice du pouvoir – c’est sans doute un record. Mais cette fois-ci, ce sont les “intellectuels“ (vrais ou faux) qui réagissent, non les familles, si ce n’est au moyen de la signature de quelque pétition. Rien de comparable à ce jour à ce qu’ont pu déclencher la réorganisation des horaires de l’école et le programme des “ABCD de l’égalité“. Le gouvernement, de son côté, avance avec prudence. On sait le président traumatisé par les manifestations de 2013 et soucieux d’éviter toute nouvelle contestation dans la rue, ce qui a conduit à édulcorer chacune des lois mentionnées par rapport à ce qui était prévu. Et de ce fait, le fiasco au moins relatif du ministre de l’éducation ressort d’autant plus comme une grande maladresse. Il …

Lire la suite »

Catastrophes

Le drame humain que représente l’immigration en provenance de l’Afrique et du Proche et Moyen Orient – pour ce qui concerne l’Europe – déborde largement les tragédies répétées de ces derniers jours, qui le rappellent une fois de plus avec violence à notre attention oublieuse, et oublieuse car à ce point saturée d’informations de tous ordres, dont la plupart futiles, qu’elle risque d’en perdre toute notion de hiérarchie et de priorité dans les questions. Or, il est assez évident que quelle que soit la manière dont on envisage la chose, la question migratoire s’impose comme l’une des premières de notre temps, qui se trouve être, que nous le voulions ou non, une époque de déplacements importants de populations. Qui est plus est, exception à la règle, c’est une question qui pouvait être anticipée de longue date, et l’a été par les chercheurs sérieux, géographes, démographes ou politologues, mais pas ou peu par les responsables politiques. Par ailleurs, l’histoire enseigne que toute période de forte migration est le prélude à des bouleversements sociaux et politiques majeurs, lesquels sont rarement pacifiques. Le propre de notre époque étant l’interconnexion étroite des sociétés, on peut enfin prévoir que les bouleversements en question ne resteront pas localisés dans …

Lire la suite »

Blasphème, liberté d’expression et post-démocratie

Les évènements du 7 au 11 janvier ont été l’occasion de beaucoup parler de la question du blasphème présenté comme la manifestation de la liberté d’expression et comme une véritable « valeur républicaine ». Le cri de « Je suis Charlie » poussé par plus de trois millions de manifestants en France se voulait un cri contre l’interdiction de blasphème dont « Charlie Hebdo » s’était fait le spécialiste dans l’univers du dessin et de la caricature.   L’interdiction du blasphème en Alsace et en Lorraine était présentée comme le signe d’un oubli du train de la modernité dans une région attardée où il faudrait rapidement changer les lois pour que tout un chacun puisse y blasphémer à son aise.   Pendant les jours qui ont suivi ces évènements, les « commentateurs » pouvaient, dans une seule et même phrase et sans même se rendre compte de la contradiction, parler des bienfaits du blasphème, expliquer qu’il s’agit là d’une façon de célébrer la liberté d’expression et interdire, dans le même souffle et si besoin est en ayant recours à la force, de toucher aux « valeurs de la République ».   Ces « commentateurs » en viennent même à jeter l’anathème sur ceux qui osent dire que la liberté d’expression a des limites …

Lire la suite »

« Tu ne tueras pas »

En votant ce mercredi 18 mars 2015 la loi « Claeys / Leonetti », la caste au pouvoir en France a fait franchir un nouveau seuil à notre pays dans sa longue déchéance politique et morale. Sous un vernis humanitaro-sentimental en effet, et qui plus est de manière hypocrite, le vote en faveur d’ »un traitement à visée sédative et antalgique provoquant une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès associé » 1] avalise dans son principe la pratique de l’euthanasie, et donc enfreint le sixième commandement. Depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir et les premières lois dites “sociétales“ que ses gouvernements ont porté, il est devenu courant de parler de “changement de civilisation“. Défendu par les soutiens au pouvoir actuel, vigoureusement dénoncé par ce qui reste de chrétiens lucides sur les implications culturelles et politiques de leur foi, le thème s’est imposé. Mais à vrai dire, l’expression est controuvée. Une civilisation quelle qu’elle soit suppose la reconnaissance et la défense de mœurs qui respectent la vie naturelle des hommes. L’interdit du meurtre, et ce quelles que soient les circonstances, en fait partie. En effet, cet interdit ne concerne pas que l’innocent, comme on le voit parfois écrit à tort : car …

Lire la suite »

Le seul clivage politique réel

Nul n’ignore plus que notre pays est en proie à des tensions de toutes sortes, politiques, économiques, sécuritaires, géographiques – la liste n’est pas exhaustive – qui mettent à rude épreuve son unité et constituent autant de périls qui jalonnent notre époque. Mais de manière plus profonde encore, la société française voit s’affronter des conceptions anthropologiques inconciliables, ce qu’ont révélé sans détour les lois dites “sociétales“ de l’actuel pouvoir et les réactions qu’elles ont heureusement suscité dans la société. La gravité d’une telle opposition ne saurait être sous-estimée. Car avec la conception de l’homme, ce sont les fondements mêmes de la culture qui sont en jeu, et les propos irresponsables des dirigeants socialistes sur le changement de civilisation dont ils entendraient être les maîtres d’œuvre sont hélas à prendre au sérieux. Il n’est pas impossible, après plusieurs siècles d’une pensée idéaliste qui n’a eu de cesse de rejeter un passé qu’elle méprise en même temps que de brûler ses propres vaisseaux au fur et à mesure qu’elle avance, que l’Europe (car cela dépasse de ce point de vue le seul cas de la France) soit parvenue à un point de rupture, comparable sans doute, dans son fond sinon dans ses modalités, …

Lire la suite »

Ut omnes unum sint

Le semblant d’ « unité nationale » qui fait suite aux événements tragiques qu’a connus notre pays la semaine dernière et à leur gestion correcte par le pouvoir ne fera pas illusion longtemps : l’impéritie manifeste qui est en général celle du personnel politique qui gouverne la France depuis plusieurs décennies maintenant, atteint manifestement avec le gouvernement actuel un paroxysme qui fait ressembler la situation politique de notre pays à une sorte de dangereuse vacance du pouvoir. D’innombrables problèmes se posent à notre pays qui ne sont pas même évoqués, de multiples réformes devraient être faites sans plus tarder, qui n’apparaissent pas à l’ordre du jour, et notre pays contribue à subir une situation que le politique semble se complaire à maintenir, à moins que sidéré, il n’ait perdu toute intelligence autre que tactique, en vue des sacrosaints sondages et des élections, lesquelles confèrent un pouvoir qui semble chaque jour plus absurde à force de n’être pas exercé, ou si peu, et si mal. Divers partis en profitent pour imposer leurs intérêts, et la division de la société qui ne cesse de croître porte en elle une violence croissante, dont les événements récents ont été la confirmation Alors que la nécessité d’une réaction …

Lire la suite »

Attentats : On ne répond pas au vide par le vide

   L’attentat le premier jour des soldes d’hiver. La peur qui s’empare de tout le monde. Tous ces slogans. Et face au désarroi, le défi du fait chrétien : « De qui attendons-nous le salut ? »  Mercredi 7 janvier, jour de l’attentat au journal Charlie Hebdo, était aussi le premier jour des soldes. À Paris, cela signifie la présence d’une foule infernale dans les quartiers du centre. Une cohue “programmée”. Je suis sorti du métro dans l’un de ces quartiers et j’ai vu le vide se matérialiser. Il n’y avait pratiquement personne dans les rues, aucun bruit, peu de voitures. La peur était physiquement palpable partout où, quelques heures auparavant, régnait la frénésie du shopping. J’ai pensé au début de l’Apocalypse et je me suis dit : « Le commencement ressemblera à ça ». “Vide” est le premier sentiment qui décrit le mieux ce que l’on ressent face à ce qui est arrivé. Tout est comme cela a toujours été, tout est comme avant, mais tout se perçoit comme vide. Un massacre a été perpétré au nom de je ne sais qui ou de je ne sais quoi, et cela a créé un vide humain : ne plus pouvoir …

Lire la suite »

IVG, 40 après, l’euthanasie ?

Il y a 40 ans, la loi Veille donnait droit à l’avortement. Amendement après amendement, la loi a ensuite permis son remboursement, repoussé l’âge limite de l’embryon puis l’a finalement reconnu comme un droit fondamental retirant même la notion de détresse qui prévalait à l’origine de la loi. Autrement dit, le droit de la mère passe avant le droit de l’enfant à naître. C’est bien une société de mort qui se met peu à peu en place. Il faut entendre les détresses, mais ces détresses ne doivent pas donner le droit de tuer. La vie est sacrée de la conception à la mort naturelle. Par contre, celui qui connaît la détresse a un droit fondamental, c’est celui d’être accompagné, écouté, soutenu. La femme pour mener sa grossesse jusqu’au bout, la personne avec un handicap pour continuer longtemps encore à remplir nos vies de leur joie de vivre, le grand malade pour que lui soit ôté toutes souffrances physiques et morales jusqu’à son dernier souffle et la personne âgée pour qu’elle ne soit plus seule et garde un sentiment d’utilité durant tout le crépuscule de sa vie. A la mort, préférons la vie. Le serment d’Hippocrate qui reste toujours le principe …

Lire la suite »

Vous devez être la lumière du monde… même en politique !

« Il (le roi de Juda) mourra à Babylone sans l’avoir vue. Tout son entourage, sa garde et tous ses escadrons, je les disperserai à tous vents et je tirerai l’épée derrière eux. Alors ils connaîtront que je suis le Seigneur, quand je les aurai dispersés parmi les nations et que je les aurai disséminés parmi les pays. » Ez 12, 14-16   Il peut nous paraître surprenant que Dieu châtie ainsi son peuple, le poursuive même de sa vindicte au point de vouloir le disséminer et presque l’anéantir. Quelques lignes plus loin, le même Ezéchiel nous rapporte en effet que le Seigneur ne laisse qu’un petit reste, comme témoin de ce qui s’est passé. Il ne nous est pas dit, un petit reste de justes ! Non, il s’agit d’un reste pour témoigner tout à la fois de la Gloire de Dieu et de ce qui a conduit les hommes à leur perte, ou plus exactement à la perte du royaume céleste. Car que se passe-t-il sinon une déchéance, un nouvel exode, mais mortel celui-ci, du peuple élu ? Le roi déchu quitte Jérusalem assiégée. Il quitte la capitale de la terre promise. Il la fuit de nuit, le visage couvert au point …

Lire la suite »

Droits de l’enfant, une avancée ou un péril ?

    Le 20 novembre prochain, nous fêterons les 25 ans de la convention des droits de l’enfant. Deux siècles après la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, le monde, subitement, ressent le besoin de préciser les droits de l’enfant. Si louable que cela soit, ce n’est pas sans poser de multiples problèmes et le premier est de constater que les droits de l’Homme ne suffisent pas à protéger le plus faible d’entre eux, l’enfant. Devrait-on donc préciser, Déclaration des Droits de l’homme adulte (sans majuscule alors) ? Car qu’elle est la différence entre un enfant et un adulte ? La majorité légale ? C’est en tout cas ce que suggère l’article premier de cette convention. Ainsi, dans la nuit de ses 17 à 18 ans, l’enfant devient homme et n’a automatiquement plus les mêmes droits que la seconde avant minuit. Il y a là une aporie évidente qui coupe l’être humain en deux, comme une discontinuité. Or cette discontinuité est d’autant plus injustifiée qu’elle porte sur la dimension anthropologique de l’Homme. La convention, en effet, ne s’occupe pas de donner des droits civiques, comme la possibilité de voter, d’être jugé et les devoirs qui vont avec. L’objet de ce traité …

Lire la suite »