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L’attente est la première forme de notre révolte

Chers amis,

En cette rentrée de septembre, les difficultés auxquelles nous devons faire face, qu’elles soient personnelles (précarité, perte d’emploi, maladie, fragilité humaine, trouble existentiel, mal provoqué ou subi) ou collectives (crise économique, malaise social, confusion politique, incertitude internationale) sont si imposantes que nous pourrions finir par nous résigner à ne plus rien attendre.

Pourtant, jamais comme en ces circonstances, les mots de DANTE – qui nous reviennent en tête- ne se sont révélés aussi évidents : » Chacun confusément conçoit un bien ou l’âme se repose et le désire; et chacun s’efforce à l’atteindre ».

Mais quelle loyauté chacun de nous doit avoir pour reconnaitre cette attente et ce désir de bien !

Et ce qui rend cette reconnaissance plus difficile, c’est cette clameur sociale que nous concourons tous à engendrer par notre passivité complice.

En fait,  » tout est unanime à nous passer sous silence, moitié comme une honte peut-être, moitié comme une indicible espérance »(RILKE).

Chacun de nous sait très bien dans quelle mesure il contribue à cette situation inconfortable.

Qui l’emporte ? Notre côté qui attend ou celui qui se contente?

PAVESE nous donne un début de réponse, en saisissant en nous, comme personne d’autre, la persistance de cette attente :  » Comme est grande la pensée que vraiment rien ne nous est dû. Quelqu’un nous a t’il jamais promit quelque chose ? Et alors pourquoi attendons-nous ? ».

En effet, pourquoi continuons-nous à attendre même dans les situations les plus désespérées? Pourquoi aucun échec personnel ou aucune crise historique n’ont-ils réussi à supprimer de chaque fibre de notre être cette lueur, même inconsciente, d’une attente ? Pourquoi cette attente nous constitue au plus profond de nous, à tel point qu’elle  » se représente encore aujourd’hui sous de nombreuses formes au cœur de l’homme » ( Benoît XVI).

Même si le cœur est réduit, bouleversé et pris en otage, il ne cesse de désirer ce Bien Commun auquel il aspire. C’est le sens de la révolte à laquelle nous appelons chacun.

LT

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