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Economie-Entreprise

Du libéralisme économique à l’économie responsable

    « Si vous amassez des richesses, n’y mettez pas votre cœur », Psaume 61 « Frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres », Lettre aux Galates, 5   Contexte et objectifs L’Institut d’éthique politique Montalembert vise à formuler un point de vue de laïcs chrétiens sur la société française, en se basant sur la doctrine sociale de l’Eglise et en ancrant sa réflexion dans la prière. La commission Economie a commencé ses travaux en 2013 dans le contexte de crise économique aiguë que connaît la France. Alors que des courants libéraux renaissent dans un contexte de difficulté de la puissance publique à réduire ses dépenses sans amoindrir la solidarité, le présent article propose une réflexion sur l’économie de marché, fondée sur la méditation de la doctrine sociale de l’Eglise. Des positions fortement antagonistes s’expriment en effet en France, depuis longtemps, sur l’économie de marché et son intégration à une société fondée sur des valeurs chrétiennes : certains penseurs libéraux affirment que l’Eglise ne peut prétendre orienter le fonctionnement de l’économie ; l’Eglise appelle les libéraux à remettre en cause leurs …

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Dossier IEPM / Regard chrétien sur l’assurance

  L’assurance fait aujourd’hui partie du paysage de l’économie, surtout dans nos sociétés occidentales. Et nous ne nous posons pas vraiment la question de la moralité, l’équité ou la légitimité de ces opérations. Dans ces lignes, nous allons parcourir rapidement l’histoire de l’assurance, pour arriver à un état des lieux des sociétés en place en France ; ceci afin d’en comprendre les enjeux et la compatibilité avec les fondements sociaux chrétiens.   Histoire et principe de la mutualisation des risques. Depuis longtemps, les hommes ont cherché à sécuriser leurs biens, surtout dans la mesure où l’un d’eux représente la quasi-totalité de la fortune personnelle.  Ainsi les commerçants de l’antiquité plaçant sur un navire une cargaison plus importante que leurs biens propres ont inventé le système du prêt à la grosse aventure : il s’agissait alors de ne pas rembourser le prêteur si le navire était perdu, mais de rembourser avec des intérêts exorbitants si le navire arrivait à destination. Grégoire IX, en 1236, condamne cette pratique en raison de son caractère usuraire… D’autres systèmes ont vu le jour, mais c’est surtout au XIVème siècle que naît à travers l’Europe le principe d’une « garantie maritime» acquise en contrepartie d’une prime payée (à Gênes, au …

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Pour un redressement économique

  « Conséquence de notre enlisement en termes de croissance, la Grande-Bretagne voit donc son produit intérieur brut dépasser le nôtre: 2232 milliards contre 2134 milliards d’euros. (Source: Commission européenne) [1]». En dehors de notre éternel conflit avec la perfide Albion et ce nouveau Trafalgar subi dans le domaine économique, force est de constater que l’économie française ne se porte pas bien : un chômage endémique, une croissance faible, un dialogue social sclérosé et un manque de fluidité criant dans les interactions entre acteurs économiques (marché du travail). L’Etat ne peut pas tout disait Lionel Jospin alors Premier ministre, François Mitterrand en 1993 déplorait qu’en matière de chômage on eût tout essayé. Une sorte de fatalisme malheureux s’est installé en terme de politique publique économique et ce pour une raison simple. L’Etat se culpabilise de ne pas faire ce qui n’est pas de son ressort. Et les Français grognent pour une politique économique défaillante alors que l’Etat ne fait pas l’économie française mais crée simplement des externalités positives qui vont permettre à l’économie d’être dans une dynamique de croissance. En termes d’externalités, l’Etat conserve une mission réelle. Là-dessus sa responsabilité est énorme et il y a en la matière encore beaucoup à faire.    …

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Pour une « chaîne de CDD »

Pour une « chaîne de CDD » Brèves réflexions sur l’assouplissement du marché du travail en France     Le constat   La France serait un des pays du monde dont le droit du travail est le plus complexe : le code du travail annoté aux éditions Dalloz  compte ainsi plus de 3000 pages aujourd’hui. Cette complexité se retrouve dans les contrats de travail : selon Alain Dupays, « il existe en France 38 formes de contrats de travail différents, 27 régimes dérogatoires et une dizaine d’organisations du temps de travail. » [1][] Une complexité dans laquelle les employeurs se perdent et qui débouche sur un taux très élevé de litiges après un licenciement (ce taux serait de 25 %)[2]. Une situation qui incite les employeurs à freiner les embauches.[] Certains, dont Jean Tirole, ont proposé de simplifier ce système par l’adoption d’un « contrat de travail unique », en assouplissant par ailleurs fortement le régime des licenciements économiques[3]. Le contrat unique en général proposé présenterait quatre grandes caractéristiques[4] : le contrat unique serait un CDI, afin de favoriser la continuité dans l’accumulation des droits des salariés, en évitant les effets de rupture entre CDD et CDI. L’ensemble des formes de CDD disparaîtrait, y compris les CDD en usage ; en …

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Dossier/ gestion du fait religieux en entreprise

Aujourd’hui, les mots sont souvent biaisés et un langage toujours plus approximatif conduit à maints amalgames sources de faux problèmes et d’inutiles conflits. Aborder une question si sensible que le « fait religieux » dans l’entreprise suppose au minimum d’adopter le même langage pour savoir de quoi nous parlons. Comme bien souvent, préciser un tel sujet ouvre un vaste champ de réponses à une question qui au fond, en temps ordinaires, n’empêche pas nos entreprises de « tourner », mais qui demande une attention particulière parce qu’avant d’être une question d’entreprise et de société, elle est une affaire d’hommes et de femmes. Nous devons nous interroger sur les causes de l’irruption de ce « fait » en entreprise aujourd’hui, avant de donner des orientations sur la manière de le gérer en entreprise. Ce qui implique un minimum de formation : d’où l’idée lancée par l’IEPM de mettre au point un modèle de séminaire-type sur le mangement de ce « fait religieux», sans le noyer dans des considérations trop générales sur la « diversité » en entreprise.   Résumé Dans nos pays développés, la « laicité » est  naturelle et en général les salariés  comprennent spontanément de quoi il s’agit : depuis longtemps, la discrétion sur leurs convictions religieuses en entreprise est acceptée sans discussion, …

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Subsidiarité et Management

En cherchant à traiter le principe de subsidiarité, il est vite apparu qu’il est le principe en économie le plus méconnu. Sa « technicité » et son originalité le hissent au niveau des modèles de management qui pourraient (devraient) être étudiées dans les Ecoles de gestion de manière plus approfondie. Le principe de subsidiarité a été repris du droit canonique. On trouve déjà cette notion dans la pensée de Thomas D’AQUIN mais il a été formulé pour la première fois par le pape Léon XIII, dans l’encyclique RERUM NOVARUM première formalisation de la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Celle-ci avait été rendue nécessaire par les abus de la révolution industrielle et ses conséquences sur la société civile. Ce principe, dit aussi « principe d’aide », énonce que c’est une erreur morae et de charité que de laisser faire par un niveau social trop élevé ce qui peut être fait par le niveau social le plus bas, car on le priverait de tout ce qu’il peut faire. À ce titre, et en conséquence de cela, « le travail de chacun a droit au même respect quel que soit son niveau social, car il est le seul à pouvoir le faire. » 1.- Notre Constat Bien que l’on parle assez fréquemment du « principe de subsidiarité » pour ce qu’il …

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Ethique et paperasserie

Sous prétexte de sécuriser au maximum les citoyens et parfois sous couvert d’impératifs éthiques, nos entreprises sont submergées par la paperasse.Comment en est-on arrivé là ? Comment retrouver le fil conducteur d’une véritable éthique au travail ? La paperasserie ? En voici divers exemples. Un chef d’entreprise français, contrôlé à 12 reprises en un an, a calculé qu’il a passé 6 mois entiers au cours de l’année à répondre aux diverses administrations : à l’inspecteur du travail, à la Direction des douanes, au contrôle de la facturation, à la police de l’air et des frontières, à l’URSSAF, au fisc. « J’ai passé six mois à ne faire que cela, à essayer sans cesse de démontrer notre bonne foi » [1]. Un menuisier-ébéniste se plaint qu’il passe trois heures par jour dans la paperasse : « il manque toujours un papier » : d’où de longues heures au téléphone, avec un machine qui vous balade de musique d’attente en musique d’attente, sans aucun interlocuteur au bout du fil. La paperasse, c’est aussi « les normes qui s’accumulent », pour chaque produit et chaque opération. « Au lieu de former les gens, on leur demande de remplir des fiches pour prouver qu’ils respectent les normes contraignantes »[2]. Une entreprise de 130 salariés est aujourd’hui, en …

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Le faux problème du travail dominical

Le faux problème du travail dominical Le travail du dimanche se rappelle à nous d’une bien curieuse manière. Lors du débat lancé par Nicolas Sarkozy il y a quelques années, l’aspect confessionnel de la question avait surtout attiré l’attention des commentateurs. Il est vrai que le Jour du Seigneur ne pouvait laisser indifférent les chrétiens. Et ce d’autant moins que, de douloureuse mémoire pour eux, en 1880, la IIIème République avait supprimé l’obligation de choisir le dimanche, trop empreint de l’héritage chrétien, comme jour de repos hebdomadaire, laissant aux patrons la liberté de décider. Aujourd’hui, le dimanche apparaît comme un acquis social. Et c’est peut-être là son point faible. Les salariés en viennent à s’opposer aux syndicats. Ceux-là même qui sont sensés les défendre sont parvenus au point de rupture de l’idéologie de l’acquis social. En poussant à l’extrême la défense de ces « acquis » ils font passer la défense des salariés, donc des personnes, au second plan. Et/Là nous touchons du doigt la dichotomie essentielle entre idéologie et vérité. Tôt ou tard la première se retourne contre la seconde et l’être humain en fait les frais. L’idéologie finit toujours par mettre en place ses propres instances de défense et de …

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Pour une micro-économie de la sagesse

L’économie, nous l’oublions trop souvent, est une science composée. Depuis le XVIIIème siècle, elle tend toutefois à ne se développer qu’à partir d’une seule de ses composantes, la technique, oubliant l’autre pan intimement lié au précédent, la philosophie. J’aurais du reste tendance à considérer l’économie comme un des aspects de la philosophie, une sous-catégorie de l’éthique, pour ne pas dire de la morale quoique ce dernier terme soit plus adapté. Ce point de vue pourrait cependant paraitre excessif et il l’est par certains côtés, si l’on ne définit pas l’économie comme discipline anthropologique. Or à bien y regarder qu’est-ce que l’économie sinon un ensemble de faits résultants de l’activité humaine ou voulant organiser  celle-ci ? L’économie, comme science, prise indépendamment de la philosophie, étudie des mécanismes constatés ou établit des projections dans le but de perfectionner ces mêmes mécanismes qui ont pour objectif d’améliorer la vie des Hommes. L’économie, en tant que telle est donc l’ensemble des faits, des actes qui régissent la vie des Hommes en matière d’échanges, de transformation et de production. Il est possible d’affiner cette définition en précisant ses contours et ses mécanismes internes. Néanmoins, il s’agit bien de ces faits et actes qu’ils soient monnayés ou …

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Des caisses automatiques : la France pour les robots ?

Quel phénomène amène une grande librairie religieuse parisienne à remplacer ses caissiers par des machines, des caisses automatiques, et à supprimer ainsi, du moins on le suppose, les emplois correspondants ? Dès lors qu’une machine peut faire, à moindre coût, le travail de l’homme, celui-ci est-il condamné à perdre sa place ? Le raisonnement économique sous-jacent est simple et connu : maîtrise des coûts par la diminution de la masse salariale et concentration de la gestion des ressources humaines sur les personnes dites à haut potentiel. On ajoutera, dans le cas d’espèce, la fragilité économique du secteur concerné, la vente de livres, touché à la fois par la baisse du nombre de lecteurs et par la concurrence d’internet et des grandes surfaces. On nous objectera que les travailleurs concernés, grâce à une formation professionnelle adaptée, retrouveront un emploi et se consacreront bientôt à des tâches d’une plus grande technicité ; que les fonctions d’accueil et de conseil, plus valorisantes seront renforcées. Acceptons en l’augure. Observons toutefois la réalité courante. Toutes les personnes ne disposent pas toutes et tout le temps des mêmes capacités d’adaptation. Certaines d’entre elles risquent de ne rien retrouver ou de traverser une longue période de chômage. D’autres pouvaient en outre …

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