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Lettre PHILO-ECONOMIQUE N°1

La lettre philo-économique
de l’Institut éthique et politique Montalembert
Novembre 2017 – n°1 Actualités

Pourquoi une économie comme celle de la France a-t-elle besoin de l’industrie ?

L’économie comme plusieurs autres domaines scientifiques ayant les honneurs de l’actualité font l’objet des rêves les plus fous : combien d’hommes politiques pourtant sérieux ont parlé en son temps de la fin du travail, au motif que la durée
du travail n’avait cessé de diminuer tout au long du 20e siècle ? et combien de responsables économiques français d’aujourd’hui continuent de penser que, dans les pays le plus avancés, les services vont finir par supplanter l’industrie ?
Ce débat est simpliste car ni l’industrie ni l’agriculture ne peuvent disparaître.
Imaginer un partage des activités entre les régions du monde revient à supposer un accord entre gouvernements pour se répartir les tâches : or qui voudra laisser aux autres Etats du monde les activités les plus pointues, les plus glorieuses ou
rémunératrices ? On voit bien en posant cette question que le développement de l’industrie et de l’agriculture est en enjeu d’indépendance pour les nations.
Les mauvaises décisions industrielles prises en France dans les années 1970 et 1980 ont conduit au triomphe dans certaines sphères d’une vision totalement libérale de l’économie, au moment même où l’essor industriel de l’Asie poussait
l’Allemagne et les Etats-Unis à mettre en place des politiques industrielles très habiles. Ces Etats dont la France s’était rapprochée dans les années 1960 ont à nouveau creusé l’écart avec elle en aménageant le cadre fiscal et social, tournant
l’approfondissement constant du libre-échange à leur profit.
Cette réalité complexe n’est pas traitée correctement dans le débat public, qui donne au contraire une large part aux rudes conflits sociaux de la grande industrie, au risque de les alimenter. Au contraire, les entreprises industrielles de taille
ou intermédiaire, lorsque le cadre fiscal et social protège leurs actionnaires, et que le système de formation répond à leurs besoins, parviennent à créer une mobilisation collective fondée sur l’intelligence et la solidarité, sans recherche excessive du profit.
La France a conservé une puissance de frappe dans l’industrie grâce au crédit d’impôt recherche, adapté en 2009 aux petites entreprises. L’importance de la recherche pour l’industrie et réciproquement devrait faire prendre conscience que
sans industrie il n’y aura pas suffisamment de débouchés pour les jeunes Français diplômés, qu’ils soient chercheurs, ingénieurs, gestionnaires ou commerciaux.
Mais le bref débat sur la robotisation pendant la présidentielle a démontré l’étendue du travail de pédagogie qui reste à faire : il vaut mieux développer les compétences et la créativité qui permettront, sur la base de l’expérience des systèmes de production, de créer et faire fonctionner des robots que continuer de confier à des ouvriers, même bien payés, les tâches répétitives qu’un robot fera mieux qu’eux. Pourquoi cela n’a-t-il pas été dit ?

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La lettre philoeco N°1

 

 

 

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