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Enseignement social chrétien

Engagement et comportement des chrétiens dans la vie politique

  Extraits de la note doctrinale de la congrégation de la foi du 24 novembre 2002 L’institut éthique et politique Montalembert souhaite proposer chaque mois une réflexion sur un texte de la doctrine sociale de l’Eglise. Le premier texte est extrait d’une note de la congrégation de la foi préparée par le cardinal Ratzinger en 2002. Il porte sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. Ce texte est proposé alors que la conférence des évêques de France publie une réflexion importante sur l’engagement chrétien en politique, mais aussi à l’occasion du 1700e anniversaire de la naissance de saint Martin de Tours. Premier patron choisi par les Francs, fêté le 11 novembre, Martin est aussi le fondateur du premier monastère occidental et l’inventeur de la paroisse rurale. Les extraits proposés à la réflexion pour ce mois de novembre traitent plus particulièrement de la conception de la laïcité promue par l’Eglise. Le geste célèbre de Martin consistant à donner la moitié de son manteau d’officier de l’armée impériale à un pauvre grelottant est un exemple simple mais très clair de l’articulation entre l’affirmation de la foi chrétienne et les obligations du monde correspondant à cette conception de la …

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Politique et Miséricorde : L’esprit du renouveau Français

L’année jubilaire de la miséricorde célébrée par l’Eglise romaine est l’occasion de s’interroger sur la présence de la miséricorde dans la politique française, alors qu’une vision du pouvoir fondée sur une inéluctable violence s’est développée dans notre pays de façon insidieuse au point de paraître aujourd’hui irréversible. Pour l’Institut Ethique et Politique Montalembert, le changement politique souhaité par notre pays ne peut venir que d’une prise de conscience du rôle prépondérant de la miséricorde pour relever les défis les plus difficiles de notre époque. Il ne s’agit rien moins que renouveler la capacité de notre République à créer une véritable solidarité.   La miséricorde, fondement de la vocation personnelle de l’homme dans la société Saint Thomas d’Aquin définit la miséricorde comme « la compassion éprouvée en son cœur pour la misère d’autrui, misère que nous devons soulager si nous le pouvons[1] ». Cette définition nous semble rendre évident le lien entre responsabilité politique et miséricorde. Il reste à expliciter comment la politique pourrait aujourd’hui davantage « soulager la misère ». La miséricorde est souvent présentée à tort comme une forme de dénigrement de soi ou de l’autre totalement contraire à l’idéal d’une humanité dynamique, capable de surmonter les épreuves de la vie par ses …

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La culture, une exigence de participation

« Au sens large, le mot culture désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que la vie civile, grâce au progrès des mœurs et des institutions ; traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l’homme, afin qu’elles servent au progrès d’un grand nombre et même de tout le genre humain. [1]» « La culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l’ »être »[2]. La doctrine sociale de l’Eglise, telle qu’elle est synthétisée dans le compendium de la doctrine sociale, prête une attention spéciale à la culture, dans laquelle s’exprime la sagesse de l’humanité. Elle rappelle que « l’amour chrétien pousse à dénoncer, à proposer et à s’engager en vue des projets culturels et sociaux ». L’action en faveur de la culture se développe au plan individuel comme à l’échelle collective. Pour la personne, l’accès à la culture fait partie de sa promotion intégrale et de ses droits fondamentaux, au même titre que l’éducation. …

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Finance et Subsidiarité

Donner aux entreprises l’initiative et la responsabilité de leurs financements. Les principales sources de financement des entreprises en France sont avant tout privées. Le secteur financier en organise une large partie, que ce soit par le marché (fonds propres, dettes des meilleures signatures), les banques (300Md€ d’encours pour les PME sur un total de 1400Md€ de crédits aux entreprises d’après la BdF) et, pour une portion réduite, mais en croissance, par les acteurs de ce qui est appelé la « finance non réglementée » qui contribuent à « désintermédier » le crédit (fonds, assureurs, banques). Au sein du financement privé, la première source de crédit pour les PME reste le crédit inter entreprises estimé au total en France à 474Md€ (chiffre 2010 source : Rapport 2012 de l’observatoire des délais de paiement). De manière schématique, le secteur financier offre un service allant du court au long terme, alors que les entreprises, entre elles, ne se financent qu’à court terme. Enfin, les financements publiques concernent ce que le privé ne peut (temps long, montant trop élevé, quasi gratuité de l’usage), ou ne veut pas (risques trop élevés), financer. En ce sens, la sphère publique française applique une forme de subsidiarité. Les sources traditionnelles du financement des …

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Laissons-nous bousculer par l’encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune.

  La lecture d’une encyclique n’est jamais facile. Malgré l’aura du pape François et son sens de la communication, l’encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune n’échappe pas à cette règle. Face aux difficultés de notre monde, il paraît étonnant de chercher les solutions par l’écologie. Pour l’institut éthique et politique Montalembert, qui souhaite contribuer à fonder davantage en vérité le débat éthique et politique, surmonter cette première réticence s’imposait : par principe la doctrine sociale de l’Eglise se nourrit des évolutions de la société pour apporter des réponses fondées dans la foi et capables d’éclairer chacun. Cet effort de compréhension, particulièrement sollicité par l’aridité de la première partie de l’encyclique reprenant la plupart des résultats parfois contestés des sciences de l’environnement, mérite d’être fait : la méditation du mystère de la relation de l’homme avec la nature est un chemin de conversion des cœurs d’aujourd’hui, qu’ils soient ou non déjà sensibles à la parole chrétienne.     1.    L’écologie selon François : un appel à la responsabilité   Même si l’introduction de l’encyclique démontre que la préoccupation écologique, depuis saint François d’Assise, marque l’église romaine, et particulièrement depuis le concile de Vatican II, le fait de consacrer une encyclique …

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Crise des Migrants : Notre analyse partagée avec la Fondation NOVAE TERRAE

Nous vous proposons une analyse de la situation par la Fondation NOVAE TERRAE présidée par notre ami Luca VOLONTE  (ancien député européen) qui a été notre 24 ème invités du cercle Montalembert.Nous avons rejoint en 2014, le réseau d’associations européennes qui se sont réunies sous l’impulsion de Luca VOLONTE autour de la Fondation NOVAE TERRAE avec laquelle nous sommes en partenariat, pour porter nos convictions de manière concertée au niveau européen. La crise des migrants est avant tout un problème pour l’Europe, c’est pourquoi nous relayons cette analyse avec laquelle nous sommes totalement en accord. Le phénomène historique de la migration de masse que nous subissons en Europe devrait être gouverné et aurait dû être prévu à temps; il y a vingt ans en effet, le «Plan sur les migrations et pour le voisinage en Méditerranée», présenté par le Commissaire Vittorino, aurait pu être approuvé. Nous ne nous trouverions pas à l’heure actuelle dans la situation difficile où nous sommes aujourd’hui et, surtout, des centaines de milliers de personnes, peut-être des millions, ne seraient pas contraintes de quitter leur pays d’origine. Rappelons quelques critères d’action inspirés des enseignements sociaux chrétiens qui peuvent constituer un moyen utile pour faire face aux …

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Mondialisation de l’indifférence

Que recouvre l’expression “mondialisation de l’indifférence”, employée par le Pape François, dans son message pour le Carême 2015 (4 octobre 2014) ? Dans ce court message, l’expression revient trois fois, mais le terme “indifférence” revient dix-neuf fois. Cette parole adressée en premier lieu aux catholiques, semble avoir plus une dimension morale que politique, et serait à ranger, comme toute bonne parole du Pape, dans la sphère du “privé”, voire du for interne. Ne s’inscrit-elle pas dans une démarche de conversion personnelle : “il arrive que, quand nous allons bien et nous sentons à l’aise, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que je suis à l’aise, j’oublie ceux qui ne vont pas bien”[1] ? Néanmoins, l’expression “mondialisation de l’indifférence” nous intéresse à plusieurs titres. D’une part, le terme d’indifférence nous place d’emblée dans une relation à autrui, dans la famille, dans l’entreprise, dans la cité… D’autre part, nous savons que la qualité de la vie politique repose sur la qualité morale des personnes. …

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Subsidiarité et Management

En cherchant à traiter le principe de subsidiarité, il est vite apparu qu’il est le principe en économie le plus méconnu. Sa « technicité » et son originalité le hissent au niveau des modèles de management qui pourraient (devraient) être étudiées dans les Ecoles de gestion de manière plus approfondie. Le principe de subsidiarité a été repris du droit canonique. On trouve déjà cette notion dans la pensée de Thomas D’AQUIN mais il a été formulé pour la première fois par le pape Léon XIII, dans l’encyclique RERUM NOVARUM première formalisation de la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Celle-ci avait été rendue nécessaire par les abus de la révolution industrielle et ses conséquences sur la société civile. Ce principe, dit aussi « principe d’aide », énonce que c’est une erreur morae et de charité que de laisser faire par un niveau social trop élevé ce qui peut être fait par le niveau social le plus bas, car on le priverait de tout ce qu’il peut faire. À ce titre, et en conséquence de cela, « le travail de chacun a droit au même respect quel que soit son niveau social, car il est le seul à pouvoir le faire. » 1.- Notre Constat Bien que l’on parle assez fréquemment du « principe de subsidiarité » pour ce qu’il …

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Le respect de la vie est-il un droit ?

Parler de droit au respect de la vie suppose un certain nombre de remarques préalables, car il est le droit de base, le droit source duquel tout découle. Encore faut-il savoir ce que signifie droit, ce que signifie vie. Le droit est intimement lié à la justice en ceci que la justice est ce qui est dû à qui cela est dû. Toute la question est donc de savoir ce qui est dû et en vertu de quoi. En d’autres termes si la justice est la norme du droit quelle est la source de la justice ? La majorité ? Cela revient donc à poser le rapport de force comme source du droit. Ce qui suppose que le droit est relatif et ne repose sur aucune vérité objective. Serait-ce alors celui à qui la justice est due ? Cela revient à regarder le destinataire de la justice, à savoir les êtres pour qui le droit est considéré. Ce qui suppose un droit relatif et individuel propre à chaque être (qu’il soit humain, animal, végétal ou inanimé). Comment alors juxtaposer des droits individuels dans une communauté qui doit vivre ensemble ? Cela revient à poser l’alternative d’un droit universel qui serait ce qui est dû …

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L’objection de conscience / Dossier IEPM

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », mettait déjà en garde Rabelais. Une belle phrase pour nous chrétiens, pour l’homme spirituel, pour l’homme de bien. Une phrase réconfortante même, tant elle sent la raison. Une phrase, pourtant, vide de sens pour la plus grande partie des hommes d’aujourd’hui. Ni les mots, ni leur connexion logique, ni leur rapport de dépendance ne sont réellement accessibles à l’immense majorité de nos contemporains. Et les chrétiens ne sont pas systématiquement exempts. De fait, l’homme d’aujourd’hui ne sait pas vraiment ce que signifie ces mots : science, conscience et, bien moins encore, âme. L’un des problèmes fondamentaux aujourd’hui est un problème de vocabulaire et donc d’amalgame, de définition, et donc en définitive de sens. Tout philosophe, tout penseur, sait bien que pour penser, pour dialoguer, il faut s’entendre au préalable sur le sens que l’on donne aux mots. Ne pas sacrifier à un tel préambule, c’est courir le risque presque inévitable du dialogue de sourds. Tout idéologue, tout tyran sait, lui aussi, que pour manipuler, désorienter et diviser, il suffit simplement de brouiller les sens, de travestir les définitions pour mieux jouer de l’amalgame avec des coques vides. La baisse indéniable …

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