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Enseignement social chrétien

Qu’est-ce que le Bien Commun en politique ?

La sixième lettre de doctrine sociale de l’Eglise vous propose un extrait du texte de Marcel Clément « Est-il possible de résumer en quelques lignes la doctrine sociale de l’Eglise ? » (in La DSE, 1891-1991, éd. de l’Escalade, 1995, p. 37), complété par un extrait de l’encyclique Pacem in terris de Jean XXIII sur le bien commun dans la cité. Les principes de la doctrine sociale de l’Eglise en bref et leur application à la politique « Le principe tout à fait commun est que la personne humaine est revêtue d’une dignité qui se définit comme le droit d’être cause responsable de ses actes. Ses actes sont tous à ordonner en vue de sa fin ultime. Tous les droits humains, tels qu’énumérés par Jean XXIII procèdent de cette dignité. Ils s’expriment dans la société par l’exigence de nature, pour chaque homme, d’être traité, non comme un objet, mais comme un sujet de droit. C’est sous le rapport de ce principe commun que tous les hommes sont égaux, ce qui n’empêche pas les complémentarités des sexes, des âges, des fonctions, des cultures, etc.   De ce principe dérive une organisation sociale dont les trois institutions fondamentales sont la famille, la propriété privée et l’Etat. …

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Lettre DSE N° 5 – L’engagement Chrétien en Politique : l’unité de la société

En ce mois de mai marqué par la passation de pouvoir au sommet de l’Etat français, l’Institut éthique et politique Montalembert vous propose le texte de l’audience générale du pape Benoit XVI, consacrée à Sainte Jeanne d’Arc le 26 janvier 2011. Jeanne, patronne secondaire de la France, est fêtée par l’Eglise le 30 mai, la fête du 8 mai commémorant la prise d’Orléans. Dans cette catéchèse, Benoît XVI fait un rapprochement entre Jeanne et Sainte Catherine de Sienne, patronne de l’Italie et de l’Europe, toutes deux vierges consacrées engagées au service du bien commun. En donnant en exemple d’engagement politique l’œuvre de libération de Jeanne et de Catherine, le pape invite les chrétiens à fonder leur action dans le Christ pour pouvoir, dans les situations auxquelles chacun est confronté, faire les choix lui permettant de contribuer selon ses talents personnels au bien commun. Cette invitation nous paraît particulièrement pertinente en cette période de discernement en vue des élections législatives des 11 et 18 juin qui auront une importance décisive pour l’avenir de notre pays. La doctrine sociale de l’église n’oppose pas le bien commun et le bien personnel comme certains philosophes des Lumières opposent l’intérêt individuel et l’intérêt général. Au …

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Note DSE N°4 : Le fondement de la solidarité

100 ans de doctrine sociale de l’Eglise : Quels principes pour quels objectifs ?   Extraits de l’encyclique Centesimus Annus, Rome, 1er mai 1991, mémoire de saint Joseph, travailleur   Le fondement de la solidarité   Jean Paul II reprend les thèmes de l’encyclique de Léon XIII Rerum Novarum pour en montrer l’actualité et l’influence sur l’histoire du XXe siècle. Alors que des débats ont lieu aujourd’hui autour des propos du pape François, les extraits proposés permettent de comprendre que ces propos s’inscrivent fidèlement dans la doctrine sociale de l’Eglise. On pourrait objecter que le pape François met plus l’accent sur la dimension solidaire de la doctrine sociale de l’église, au détriment de l’affirmation du droit à la propriété et à l’épargne. Une telle objection ne tient pas : au contraire en condamnant les rigidités de notre société le pape nous appelle à revenir à l’initiative et à l’esprit d’entreprise qui restent la source des réussites solidaires. (…) Je voudrais proposer maintenant une « relecture » de l’encyclique de Léon XIII, et inviter à porter un regard « rétrospectif » sur son texte lui-même afin de redécouvrir la richesse des principes fondamentaux qui y sont formulés pour la solution de la question ouvrière. …

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Note DSE N°3 : L’homme intégral dans sa souveraineté fondamentale

Note DSE n°3 Culture et christianisme, éducation, famille, nation Extraits DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II À L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO)* Paris, Lundi 2 juin 1980 Genus humanum arte et ratione vivit (Saint Thomas, commentaire des Posteriora Analytica d’Aristote, n.1). Ces paroles d’un des plus grands génies du christianisme, qui fut en même temps un continuateur fécond de la pensée antique, portent au-delà du cercle et de la signification contemporaine de la culture occidentale, qu’elle soit méditerranéenne ou atlantique. Elles ont une signification qui s’applique à l’ensemble de l’humanité où se rencontrent les diverses traditions qui constituent son héritage spirituel et les diverses époques de sa culture. La signification essentielle de la culture consiste, selon ces paroles de saint Thomas d’Aquin, dans le fait qu’elle est une caractéristique de la vie humaine comme telle. L’homme vit d’une vie vraiment humaine grâce à la culture. La vie humaine est culture en ce sens aussi que l’homme se distingue et se différencie à travers elle de tout ce qui existe par ailleurs dans le monde visible : l’homme ne peut pas se passer de culture. La culture est un mode spécifique de l’« exister » et de l’« être » …

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Le Bien Commun : foi et société

Extraits du Compendium de doctrine sociale de l’Eglise, chapitre IV, 2e partie Le premier texte de doctrine sociale de l’Eglise proposé le 11 novembre 2016 par l’institut éthique et politique Montalembert était consacré à l’engagement et au comportement des chrétiens en politique. Nous avions fait à cette occasion le rapprochement entre la conception de la laïcité développée par la doctrine sociale de l’Eglise et le geste de saint Martin donnant son manteau, illustration concrète de la demande de Jésus de rendre à César ce qui lui appartient, et à Dieu ce qui lui revient. Le deuxième texte que nous proposons porte sur la définition du bien commun élaborée par la doctrine sociale de l’Eglise. Ce texte est tiré du Compendium de doctrine sociale de l’Eglise publié en 2004 par le Conseil pontifical « Justice et paix » présidé par le cardinal Martino. Ce texte vise à expliquer comment un croyant, sans imposer une société confessionnelle, peut orienter son action vers le bien de la société. L’analyse que nous proposons de ce texte ébauche un rapprochement de cette réflexion de l’Eglise avec des passages des Lettres persanes, de Montesquieu. Ce rapprochement vise à illustrer la cohérence entre la réflexion ancrée dans la foi …

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Le catholicisme social, aujourd’hui, défend le projet d’une saine économie

Notes de l’intervention de JP VALUET lors du colloque IEPM du 30 avril dernier :  » Figures contemporaines de la tyrannie « . Intitulée :  La société laminée , les embarras de l’économie Introduction : Il n’est pas d’économie saine et prospère sans organisation sociale telle que les individus et les corps sociaux soient incités à agir en vue du bien commun autant que dans leur intérêt propre. Une économie prospère est donc celle d’une société structurée, telle que la préconise depuis un siècle surtout la doctrine sociale de l’Eglise. Autrement dit une société où l’on veille à maintenir vivants les « amortisseurs » de chocs liés aux variations des marchés et à la mondialisation, notamment  les corps intermédiaires  (associations professionnelles, syndicats , organismes de formation, centres de recherche, centre techniques de métiers, etc…) et où la liberté d’entreprendre est encouragée par l’attitude des pouvoirs publics, non seulement en paroles mais aussi en faisant régner, loin de tout forme d’étatisme, une atmosphère de confiance par des règles claires et stables. La confiance est mère de l’investissement et grand-mère de l’emploi durable. Si notre économie va mal en France, c’est qu’il y a des causes idéologiques et sociales lointaines : il faut s’y arrêter, avant de se …

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Engagement et comportement des chrétiens dans la vie politique

  Extraits de la note doctrinale de la congrégation de la foi du 24 novembre 2002 L’institut éthique et politique Montalembert souhaite proposer chaque mois une réflexion sur un texte de la doctrine sociale de l’Eglise. Le premier texte est extrait d’une note de la congrégation de la foi préparée par le cardinal Ratzinger en 2002. Il porte sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. Ce texte est proposé alors que la conférence des évêques de France publie une réflexion importante sur l’engagement chrétien en politique, mais aussi à l’occasion du 1700e anniversaire de la naissance de saint Martin de Tours. Premier patron choisi par les Francs, fêté le 11 novembre, Martin est aussi le fondateur du premier monastère occidental et l’inventeur de la paroisse rurale. Les extraits proposés à la réflexion pour ce mois de novembre traitent plus particulièrement de la conception de la laïcité promue par l’Eglise. Le geste célèbre de Martin consistant à donner la moitié de son manteau d’officier de l’armée impériale à un pauvre grelottant est un exemple simple mais très clair de l’articulation entre l’affirmation de la foi chrétienne et les obligations du monde correspondant à cette conception de la …

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Politique et Miséricorde : L’esprit du renouveau Français

L’année jubilaire de la miséricorde célébrée par l’Eglise romaine est l’occasion de s’interroger sur la présence de la miséricorde dans la politique française, alors qu’une vision du pouvoir fondée sur une inéluctable violence s’est développée dans notre pays de façon insidieuse au point de paraître aujourd’hui irréversible. Pour l’Institut Ethique et Politique Montalembert, le changement politique souhaité par notre pays ne peut venir que d’une prise de conscience du rôle prépondérant de la miséricorde pour relever les défis les plus difficiles de notre époque. Il ne s’agit rien moins que renouveler la capacité de notre République à créer une véritable solidarité.   La miséricorde, fondement de la vocation personnelle de l’homme dans la société Saint Thomas d’Aquin définit la miséricorde comme « la compassion éprouvée en son cœur pour la misère d’autrui, misère que nous devons soulager si nous le pouvons[1] ». Cette définition nous semble rendre évident le lien entre responsabilité politique et miséricorde. Il reste à expliciter comment la politique pourrait aujourd’hui davantage « soulager la misère ». La miséricorde est souvent présentée à tort comme une forme de dénigrement de soi ou de l’autre totalement contraire à l’idéal d’une humanité dynamique, capable de surmonter les épreuves de la vie par ses …

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La culture, une exigence de participation

« Au sens large, le mot culture désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que la vie civile, grâce au progrès des mœurs et des institutions ; traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l’homme, afin qu’elles servent au progrès d’un grand nombre et même de tout le genre humain. [1]» « La culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l’ »être »[2]. La doctrine sociale de l’Eglise, telle qu’elle est synthétisée dans le compendium de la doctrine sociale, prête une attention spéciale à la culture, dans laquelle s’exprime la sagesse de l’humanité. Elle rappelle que « l’amour chrétien pousse à dénoncer, à proposer et à s’engager en vue des projets culturels et sociaux ». L’action en faveur de la culture se développe au plan individuel comme à l’échelle collective. Pour la personne, l’accès à la culture fait partie de sa promotion intégrale et de ses droits fondamentaux, au même titre que l’éducation. …

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Finance et Subsidiarité

Donner aux entreprises l’initiative et la responsabilité de leurs financements. Les principales sources de financement des entreprises en France sont avant tout privées. Le secteur financier en organise une large partie, que ce soit par le marché (fonds propres, dettes des meilleures signatures), les banques (300Md€ d’encours pour les PME sur un total de 1400Md€ de crédits aux entreprises d’après la BdF) et, pour une portion réduite, mais en croissance, par les acteurs de ce qui est appelé la « finance non réglementée » qui contribuent à « désintermédier » le crédit (fonds, assureurs, banques). Au sein du financement privé, la première source de crédit pour les PME reste le crédit inter entreprises estimé au total en France à 474Md€ (chiffre 2010 source : Rapport 2012 de l’observatoire des délais de paiement). De manière schématique, le secteur financier offre un service allant du court au long terme, alors que les entreprises, entre elles, ne se financent qu’à court terme. Enfin, les financements publiques concernent ce que le privé ne peut (temps long, montant trop élevé, quasi gratuité de l’usage), ou ne veut pas (risques trop élevés), financer. En ce sens, la sphère publique française applique une forme de subsidiarité. Les sources traditionnelles du financement des …

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