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Défendre la grande Sagesse ( Hagia Sophia)

L’IEPM vous partage une rétrospective de la manifestation avec tous les messages de soutien reçu pour sa mobilisation.

Vous pouvez retrouver la vidéo complète de la manifestation sur notre chaîne YouTube

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François Xavier BELLAMY, député européen LR

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Avant tout je voudrais vous dire un immense merci d’avoir pris l’initiative de ce rassemblement, ce soir, pour veiller sur celle qui restera à jamais devant l’histoire et pour l’avenir la basilique Sainte Sophie…

Retenu par une obligation familiale, je regrette vivement de ne pouvoir me joindre à vous aujourd’hui. Je voudrais vous dire par ces quelques mots combien est grave l‘évènement qui vous réunit, malgré la passivité du monde occidental et le silence résigné qui entoure ce moment. La basilique Sainte Sophie, construite au IVème siècle, siège du patriarche de Constantinople, poumon du christianisme en Orient, lieu de sa transmission et de la création de ce qui fut parmi son plus bel héritage artistique pour une civilisation tout entière, la basilique Sainte Sophie reste pour notre monde un signe définitif. Le signe que la foi chrétienne a irrigué l’Orient d’où elle est si largement chassée aujourd’hui, victime des persécutions les plus intenses à l’égard d’une confession religieuse. Le signe que l’Orient et l’Occident peuvent dialoguer en se fondant sur cette histoire commune. Le signe de la vocation universelle de la conscience humaine, contre tous les communautarismes agressifs qui voudraient nous diviser.

En 1935, Mustapha Kemal Ataturk avait fait de cette basilique un musée qui témoignait de cet héritage chrétien en Turquie, et de la vocation universelle de ce lieu.

Aujourd’hui, Recep Tayyib Erdogan décide d’en refaire une mosquée. Le message est clair : l’islamisme d’Etat ne craint plus de détourner un lieu essentiel du patrimoine mondial de l’humanité. La falsification de l’histoire menée par le gouvernement turc sert un projet d’avenir inquiétant. Après le mensonge national qui touche le génocide arménien ou la persécution des Grecs d’Asie mineure, cette nouvelle réécriture du passé est une provocation assumée, et salué comme tel par ceux qui ont applaudi cette décision en affirmant que le Président Erdogan est « un sauveur capable de défier l’Occident. »

Face à cette provocation, l’Europe saura-t-elle réagir ? Aujourd’hui, elle reste bien silencieuse. Il est pourtant temps d’affirmer que le chantage de M. Erdogan doit cesser, et de se donner les moyens de faire respecter nos lois, notre souveraineté défiée en mer Méditerranée, et le patrimoine commun de l’humanité détourné par l’islamisme au pouvoir.

En grec, Sophie signifie la « Sagesse ». Vous pouvez compter sur notre engagement collectif pour faire prévaloir la sagesse, avec la force dont elle a besoin, face à la déraison de ce jour. Le mensonge ne peut rien sur elle : Sainte Sophie a été, est et restera une basilique. Merci encore pour l’engagement courageux avec lequel vous êtes venus en témoigner aujourd’hui.

Julien AUBERT, Président d’Oser la France

« La Turquie d’Erdogan tourne le dos à son histoire laique et multiplie depuis quelques années les actes belliqueux à l’égard de ses alliés de l’OTAN tandis qu’une répression intérieure s’accroit contre les adversaires du pouvoir.
Tout ceci est inquiétant. Dans ces conditions, la décision de modifier le statut de Sainte Sophie n’est pas un acte isolé mais délibéré d’instrumentaliser l’Histoire au détriment de sa complexité et de la qualité des relations interreligieuses. C’est une décision souveraine de politique intérieure, certes, mais qui ne peut que rejaillir défavorablement sur l’image de la Turquie dans le monde méditerranéen. Il faut que la Turquie prenne conscience qu’en faisant ceci, elle démontre irrémédiablement qu’elle ne peut pas et ne veut plus appartenir à la civilisation européenne. Il appartient à la France de dénoncer cette politique d’affrontement systématique avec l’Europe »

Laurence TROCHU, présidente de Sens Commun, représentée par Jean-Christophe ACHARD ( Adjoint au Maire de Saint CLOUD)

Passage de sa tribune publiée hier avec le sénateur LR Sébastien MEURANT et lue lors de notre manifestation :

(…)  » Notre incapacité à nous imposer face à Erdogan et à l’islamisme découle directement de notre incapacité à nous penser comme espace civilisationnel chrétien. Pour lutter contre l’islamisme, il faut d’abord prendre conscience qu’il ne se limite pas au terrorisme et aux actions violentes. Dans son rapport adopté à l’unanimité le 7 juillet 2020, la commission d’enquête du Sénat insiste sur ce point:

«Les islamistes cherchent à peser sur la vie quotidienne et le rapport aux autres des Français de confession musulmane et des musulmans étrangers résidant en France, pour leur imposer une orthopraxie, des pratiques vestimentaires, alimentaires, rituelles, mais surtout une norme de comportement et de rapports entre les hommes et les femmes, afin de les séparer du reste de la population française.»

Il est donc capital de cerner la notion d’Islam culturel dont l’emprise sur la manière de vivre est grandissante. Et, à la suite de Rémi Brague dans son ouvrage Au moyen du Moyen-Âge, de distinguer d’une part l’Islam comme religion et d’autre part l’Islam comme culture et civilisation imprégnées par la religion musulmane. Nous parvenons à freiner l’expansion de l’Islam politique et à déjouer ses modes d’action violents. Mais la France reste incapable de contrer le développement de l’Islam culturel qui cherche à régenter les modes de vie et qui se développe en marge du djihad terroriste. C’est ainsi que, petit à petit, la société civile est islamisée et que le séparatisme prend forme.

Pourquoi n’arrivons-nous pas à le faire? Nous sommes paralysés par le mauvais usage que nous faisons de la laïcité. La loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État ne visait qu’à protéger le pouvoir politique de l’influence de l’Église. « 

Alexandre DEL VALLE, essayiste spécialiste du moyen orient

 » Pendant que l’Europe bat sa coulpe pour son passé chrétien et colonial, la Turquie néo-Ottomane complétement décomplexée d’ERDOGAN :
– Célèbre chaque année la conquête de Constantinople en 1453 et la destruction de l’empire chrétien byzantin
– Nie ostensiblement le génocide  des chrétiens Araméens et Arméniens
– Menace une Europe dont la faiblesse est tentatrice !
C’est pourquoi il est important  aujourd’hui de manifester notre opposition à la logique d’ERDOGAN et mobiliser les Européens pour dénoncer les dangers que celle-ci porte ! « 

Bertrand VERGELY , philosophe et théologien orthodoxe

Pourquoi se mobiliser pour dénoncer la reconversion de Sainte Sophie en moquée ?
 » D’abord, ne pas désespérer. Il y a toujours du possible. Bien plus qu’on ne le pense. Souvent, celui-ci nous vient par des voies inattendues.
Ensuite, ne pas être dupe. Les régimes politiques tyranniques sont des comédies. La propagande le montre. Celle-ci est ridicule. Il est possible d’en rire et de la ridiculiser. Quand on le fait, sa crédibilité s’écroulant, c’est la tyrannie qui s’écroule. Elle n’est plus crédible. Si donc on n’est pas dupe, on peut faire de grandes choses.
Enfin, on peut ne pas subir. Comme le rappelle Étienne de la Boétie dans son Discours sur la servitude volontaire, s’il y a des tyrans, c’est  » parce qu’il y a des tyrans, mais c’est aussi parce qu’il y a des esclaves ». Les esclaves, ce sont ceux qui acceptent de subir ceux qui les oppriment et qui, parfois même, les admirent. Cessons intérieurement de subir et d’admirer ce qui opprime. Le tyran finit par s’écrouler. Sans soutien moral, un tyran ne tient pas. Développons ensemble le sens de la résistance intérieure. »

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