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Comment gagner la guerre contre le terrorisme?

L’ISLAM RADICAL

Notes sur les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015

Il y a une semaine, Charlie Hebdo a été frappé par un attentat meurtrier. Nous connaissons la suite : au total, vingt personnes ont perdu la vie, dont les trois assassins.

Beaucoup d’éditorialistes, de politiques évoquent une guerre à mener contre le terrorisme. Mais quels sont les ennemis ? Des fous, des barbares. Quelles sont les armes ? L’unité nationale, le refus de la division, même le refus du débat, maintenant et après la retombée de l’émotion.

Cette guerre est mal partie. Appelons un chat un chat, un assassin un assassin et essayons de convoquer le bon sens.

Qui sont les meurtriers ? Des délinquants d’abord d’origine nord-africaine qui ont fréquenté les quartiers populaires du nord-est parisien dont le scénario de vie est presque connu d’avance. Reprenons. Orphelin, coupés de leur identité culturelle d’origine, la République ne leur offre aucun moyen d’intégration : l’école ? Dévastée par le relativisme, ayant renoncé à la culture, aux notes même, elle n’évalue plus n’offre plus de repères, dit que tout se vaut, ennuie à mourir. Bref, il faut se tourner vers autre chose. La famille ? Non ils n’en ont pas. S’ils en avaient elle serait décomposée, recomposée ou monoparentale ou homoparentale, le père serait absent, ou castré. L’armée ? Ah non disparue ; elle offrait une famille de substitution, des valeurs d’exigence et de respect. Disparue là aussi. Des valeurs peut-être, une religion ? Une morale ? Non en Occident la religion, le spirituel c’est l’homme désincarné, hors-sol, éthéré qui plane on ne sait où et qu’il est impératif, dit-on, de respecter dans sa dignité. Ils n’en ont pas voulu. Comme on les comprend… A la place une religion qui affirme ses valeurs, qui dit qu’il existe un Dieu, que tout n’est pas matériel, qu’il existe des lois qui ne sont pas simplement les lois des hommes, qui promet quelque chose. Alors attirés par cette force ils y vont, veulent faire tomber l’Occident matérialiste et empêtré dans son droit-de-l’hommisme anarchisant, libéral. Dans la petite délinquance d’abord, dans les volutes du haschisch, pas très sérieusement, puis plus gravement dans le terrorisme sous la fumée du canon.

Décidément la guerre est mal partie. Oui il s’agit bien d’une guerre. Et voici comment la gagner.

Culturellement, il faut que l’Occident sorte du matérialisme et du droit-de-l’hommisme qui est devenu la marque d’une civilisation affaiblie ayant perdu le sens de la conquête et de la grandeur. Un progressisme naïf, sentimentaliste, multiculturaliste mais profondément individualiste, qui véhicule un humanisme de façade dont les mots transparents parlent de moins en moins aux cœurs et aux esprits. Il convient de retrouver une fierté nationale s’appuyant sur une histoire et une culture clairement assumée, incarnée dans des figures historiques fortes qui rendent à la France et à l’Occident la fierté d’être ce qu’ils sont. La France c’est deux mille ans d’histoire, un héritage grec, romain et chrétien, un patrimoine littéraire et philosophique que l’école a le devoir de transmettre. L’école, ce lieu de négation de la culture et de la tradition doit être le passeur de valeurs qui ont fait la grandeur de la France. Or, elle a été, dans le sillage des déconstructivistes, le passeur d’un nihilisme qui a enfanté la dérision, la critique à tout crin et le fanatisme destructeur. C’est cette bataille culturelle et civilisationnelle, qui s’inscrit dans un temps long, qu’il s’agit maintenant de gagner.

De manière immédiate, et pour parer au plus pressé, il faut agir contre les dérives islamistes en matière de droit et de police.

Comment un étranger, arabo-musulman ou non d’ailleurs, qui arrive en France et qui commet le moindre délit – je dis bien le moindre délit – peut-il rester en France ? Commettre un délit, un crime, c’est nier les lois du pays d’accueil, c’est nier le système de valeurs qui le fonde, c’est cracher sur celui qui vous donne l’hospitalité. Celui qui fait cela, un peu de bon sens, peut-il, doit-il rester sur notre sol ? Non bien sûr.

Il faut donc envisager la refonte des services de police et de justice dans un ministère unique de l’ordre public, qui devra avoir les moyens juridiques et administratifs de chasser sans condition celui qui, de manière avérée, a foulé aux pieds les valeurs du pays qui l’accueille.

Pour les Français d’origine étrangère, comme c’est le cas des trois criminels, qui sont connus des services de police dans le cadre de filières djihadistes, nos services de renseignements doivent être mieux armés pour anticiper et mettre sous surveillance les individus potentiellement dangereux. Une coopération interministérielle entre ce futur ministère de l’ordre public et le ministère des affaires étrangères s’impose par la création d’un système d’information commun, qui fait actuellement défaut, afin de partager des informations en temps réel sur le modèle du SIS 2 européen par exemple. Ciblage, surveillance, neutralisation des individus dangereux : cela demande de la lucidité, pas trop de naïveté, ainsi que des moyens et, si nous voulons mener à bien ce combat, une part du budget du ministère de l’ordre public doit être sanctuarisée et consacrée aux opérations de terrorisme. Mais ne nous cachons pas la vérité. Il ne s’agit pas simplement d’une affaire de budget,  de police ou de maintien de l’ordre public.

C’est la structuration entière de nos villes notamment dans la périphérie qui favorise l’expansion du terrorisme. La ville périphérique, la banlieue, par sa laideur, par la concentration de pauvreté (voir les chiffres du revenu fiscal par habitant), par l’uniformité démographique et ethnique, ressemble à un ghetto où le mode de vie français laisse place à des mœurs, des tenues vestimentaires, des comportements qui sont clairement en rupture avec ce mode de vie et exacerbent la fraction de la société. Cette urbanisation désastreuse crée les conditions d’un enfermement dans un communautarisme destructeur, engendrant le cycle infernal de la délinquance qui se substitue comme valeur suprême à la réussite dans le cadre des institutions nationales. Bien entendu, on ne va pas retirer le voile des femmes qui marchent dans la rue. Bien entendu, on ne va pas chasser les personnes qui ont ces moeurs exogènes et qui sont souvent naturalisées ou françaises depuis deux générations. Il s’agit de rééquilibrer de manière incitative la démographie de ces quartiers en réaménageant l’architecture des banlieues, en créant des incitations fiscales à la réinstallation des populations ouvrières (les grandes oubliées de Terra Nova la généreuse) qui se sont périphérisées dans le périurbain, en créant finalement les conditions d’une ville assimilative dont il faudrait dessiner les contours pour le XXIème siècle et qu’un ministère de la ville de plein exercice pourrait avoir pour fonction d’étudier[1]. Je le répète : l’humanisme des bien-pensants est sans doute sincère, je leur en donne volontiers le crédit, mais en interdisant l’analyse des problèmes réels de ces quartiers, leur composante ethnique, culturelle et civilisationnelle, il en interdit du même coup le traitement et en perpétue la barbarie.

Une semaine après le début des attentats, le deuil n’est pas encore fini, et la réflexion est plus que jamais à l’ordre du jour. Intimidés trop longtemps par la moraline des bien-pensants, nous avons reculé, différé, pensé qu’ils n’avaient pas raison mais peut-être pas tout à fait tort. Maintenant il faut réagir, en l’honneur même de ceux qui sont tombés sous les balles. Il convient d’éradiquer coûte que coûte l’islamisme radical sans avoir peur de voir que ce nihilisme est peut-être un peu le miroir du nôtre. Tel est le défi qui nous attend en ce début de XXIème siècle.

Nous le relevons.

FREDERIC LOZERE


[1] A titre d’ordre de grandeur, la mission « Immigration, asile et intégration » inscrite au budget 2014 de l’Etat s’élève à 659 millions d’euros soit 0,16% du budget global. Une politique publique sérieuse peut-elle être entreprise sur cette base ?

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