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ALain JUPPE : Apte à la fonction ?

Le premier débat de la primaire de la droite et du centre a connu un moment d’embarras surréaliste. Les candidats se sont affrontés sur la question de leur casier judiciaire, chacun déballant publiquement ses mises en examen, condamnation et autres difficultés judiciaires.

Alain Juppé assume sa condamnation

Le candidat réagissait à la proposition de Bruno Le Maire (qui souhaite que les candidats à une élection locale ou nationale rendent publique leur casier judiciaire. ‘’C’est une exigence de transparence, c’est une exigence d’exemplarité. Ça ne vise personne mais ça concerne tout le monde’’. Si comme le député de l’Eure le prétend, sa proposition ne vise personne, difficile de ne pas faire le lien avec Alain Juppé, condamné en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs de Paris. Le maire de Bordeaux, impassible, a choisi d’assumer pleinement sa sanction. ‘’Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno, il est connu d’ailleurs. Tout le monde connaît la condamnation qui m’a été infligée’’, rappelle Alain Juppé. Avant de préciser, à point nommé, que la cour d’appel avait conclu qu’il ne s’était rendu coupable ‘’d’aucun enrichissement personnel’’ et qu’il ne devait pas ‘’être le bouc-émissaire d’une responsabilité collective’’. Circulez, il n’y a rien à voir…Pourtant il reste la question éthique concernant les pratiques !

L’exigence de transparence pourrait réclamer des candidats qu’il présente aussi un bilan de santé ?

Si les candidats semblent tous en bonne santé, il n’en reste pas moins, qu’un candidat à dépasser l’âge légal de la retraite et à plus de 70 ans, l’âge où commencent les déboires de santé.

Pour rappel, Alain Juppé a été hospitalisé le 14 mai 2014 au Val-de-Grâce pour y subir une série d’examens médicaux. Alain Juppé pouvait avoir besoin de contrôles médicaux urgents comme son entourage l’a précisé…

Cependant le maire de Bordeaux a annulé tous ses rendez-vous consécutivement à cet événement, en particulier un meeting prévu le surlendemain avec Michèle Alliot-Marie, ce qu’avait révélé le journal Sud-Ouest.

Dans le cas de monsieur Juppé, hospitalisé en urgence dans une soirée, il s’agissait manifestement d’examens qu’il était impératif de pratiquer, sinon il aurait pu attendre le jeudi matin. Le caractère urgent de ces investigations n’est absolument pas synonyme de gravité. Et il ne s’agissaitt là peut-être que d’une petite alerte, à prendre en compte sans doute puisqu’il semble qu’on lui ait quand même conseillé le repos pendant quelques jours.

IL est parfaitement compréhensible qu’un homme très actif puisse avoir un coup de fatigue sans qu’il ne couve une maladie grave. Les seuls à connaître la vérité sont, bien sûr, ses médecins qui sont tenus au secret médical le plus absolu, que le patient soit un simple quidam ou une personnalité connue. Le seul autorisé à parler publiquement de ses problèmes de santé, c’est le malade lui-même.

A l’époque, on eût déjà apprécié que Monsieur Juppé vienne expliquer publiquement ses problèmes de santé, même mineurs.

Aujourd’hui, à la veille de la Primaire et de l’élection présidentielle, la question de l’état de santé de Monsieur Juppé subsiste et il nous semble légitime de réclamer du candidat une réponse claire.

« Si j’avais des doutes sur ma capacité de santé à assumer ma tâche, je m’arrêterais tout de suite (…) Oui, j’ai 71 ans ».

Cette affirmation récente, ne permet pas totalement d’être rassuré d’abord parce que l’affirmation reste très évasive. Ensuite parce que, à l’époque de son malaise, il avait laissé d’autres que lui s’exprimer au sujet de sa santé. Les propos ainsi tenu n’engageront que ceux qui veulent bien les croire et en aucun cas monsieur Juppé lui-même. Enfin parce que trop souvent nos Présidents ont caché la réalité de leurs maladies. Ce fut le cas de Pompidou, de Mitterrand et de Chirac. Pourquoi monsieur Juppé ferait-il exception ?

Sans la présentation d’un bilan de santé, comme le casier judiciaire du premier débat, on peut encore l’accuser de cacher un état de santé préoccupant, peut-être susceptible de ne pas le permettre d’assumer les hautes fonctions auxquelles il se destine, mais cela pourrait aussi faire taire les rumeurs qui ne manquent pas de se développer, on parlerait d’un possible AVC dans ce cas. même si son état de santé actuel est satisfaisant et rassurant pour l’avenir.

Quel que soit le diagnostic évoqué, qui touche certes à l’intimité des hommes qui nous gouvernent, on aimerait qu’ils prennent eux-mêmes la responsabilité d’en informer le peuple qu’ils ont prétention à diriger.

C’est de manière évidente une exigence de transparance et d’éthique !

Louis BOIS

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