Accueil » 2020 » février

Monthly Archives: février 2020

La liberté au service du bien commun — Réponse à Charles Becquérieux

La liberté guidant le peuple

Dans France catholique, Charles Becquérieux propose une analyse percutante du tableau de Delacroix : La liberté guidant le peuple. « Le plus intéressant dans ce tableau, c’est le titre. Car il renferme le secret du désarroi moderne. Pour s’en rendre compte, il suffit de poser une question élémentaire : où va-t-on quand on est guidé par la liberté ? » Souvent édifiés par les démonstrations de l’auteur, nous estimons ici que son analyse de la notion moderne de liberté est pré-thomiste. L’article vise à mettre en perspective une conception de la liberté « auto-déterminante » qui s’est développée à partir de la Renaissance en Europe : liberté privée de contenu et de destination parce qu’elle idolâtre la volonté humaine (et plus précisément la volonté individuelle). À cette conception, l’article oppose en fin d’analyse une liberté « conçue comme la faculté humaine d’être maître de ses actes ». Pourtant cette définition, au-delà du vocabulaire choisi, est précisément ce qui pose problème : l’homme peut-il prétendre être maître de ses actes ? On connaît les analyses très profondes de Max Weber sur le paradoxe des conséquences, illustré chaque jour par l’actualité de notre époque : lorsque l’homme se prétend maître de ses actes, il commet les plus grandes erreurs. Au contraire, …

Lire la suite »

Lettre écologique n° 12 : « De la frugalité »

Dans un épisode rapporté par saint Matthieu, Jésus est qualifié de « glouton » alors que Jean Baptiste est critiqué pour son excès de frugalité (Mt 11, 18-19). Il semble en être ainsi des débats écologiques de notre époque. Pour préserver notre planète et les générations futures, devons-nous limiter notre consommation de biens matériels, ou plutôt développer les investissements dans la recherche de nouvelles techniques ? De la frugalité heureuse à la frugalité par précaution Le concept de « frugalité heureuse » rappelle celui de « sobriété heureuse », développé par Pierre Rabhi et repris par le pape François. Il a été accaparé par les auteurs d’un « ma­nifeste pour une frugalité heureuse et créative » [1], dont l’introduction explique : « Le temps presse. L’alarme sonne de tous côtés. Les rapports du GIEC confirment la responsabilité humaine dans le dérèglement global. » En se fondant sur des thèses alarmistes, ils plaident en quelque sorte pour une « frugalité par précaution ». La sobriété : une vertu L’encyclique Laudato si’ se tourne au contraire vers une « sobriété par choix », par choix libre : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice […] …

Lire la suite »

Sobriété par précaution ?

Shadock

Le principe de précaution propose de s’interroger sur les risques liés à une technique ou à un mode de consommation. En amont de cette analyse, il peut être utile de considérer les hypothèses qui conduisent à l’identification de chaque risque. Sont-elles si neutres qu’elles y paraissent ?

Lire la suite »