Accueil » 2019 » novembre

Monthly Archives: novembre 2019

Lettre écologique n° 11 : « Conversion écologique »

Choisir

Dans l’encyclique Laudato si’, le pape François invite les chrétiens à une « conversion écologique ». Il lance un appel à des changements d’attitudes et de mentalités dans notre relation à notre environnement. Cet enseignement social est souvent qualifié de « prudentiel ». Il se situe sur un autre plan que d’au­tres aspects plus spirituels, comme les dogmes de foi. Le cœur d’un paradoxe Sur de tels sujets, notre société refuse une définition commune du bien et du mal, qui permettrait à l’État de définir des interdits au plan indi­vi­duel. En matière d’éducation, elle récuse l’efficacité des punitions et des contraintes. Pourtant, l’opinion publique véhicule l’universalité du bien et du mal écologiques. Pour s’y conformer, elle serait prête à renoncer à la démocratie, certes imparfaite, au profit d’une gouvernance mondiale dépourvue de subsidiarité et d’ancrage historique. Les sanctions et autres mesures contraignantes deviendraient vertueuses, dès lors qu’elles sont dirigées contre les États. Autant l’éthique est rejetée au niveau national, autant la morale écologique apparaît comme un absolu « pour la planète ». Les appels à la conversion écologique, garante d’un salut temporel, se substituent à un salut spirituel, dont plus personne ne croit que la communauté nationale pourrait nous aider à y parvenir. …

Lire la suite »

La grande illusion des messianismes temporels

Tenture de l'Apocalypse, Château d’Angers (détail).

[Texte paru dans la lettre écologique no 11.] La plupart des programmes politiques brandissent la menace apocalyptique écologique. Chacun s’emploie à proposer des recettes, voire à imposer des conversions comportementales. L’utilisation de telles techniques se fait souvent au détriment de la vérité. Comment croire les appels à des transitions écologiques forcées, dont on ne sait sur quoi ils sont fondés ni sur quel futur ils jettent des ponts ? Le salut annoncé fait supposer que l’adaptation de notre environnement et ses interactions internes seraient inexistantes, face à une humanité qui serait toute-puissante. Comme si cette résilience de notre planète dépendait d’une simple addition d’« éco-gestes » dérisoires. Ces appels ne cachent-ils pas d’au­tres intérêts, qu’ils soient malthusiens, économiques, phi­lo­sophiques ou politiques ? On qualifie de messianique un mouvement religieux ou politique qui annonce un avenir meilleur fondé sur la « libération » de l’homme. La tentation est grande, pour les élites gouvernantes, de hâter l’avènement de la nouvelle société promise. Nos dirigeants proposent des concepts de « bonheur national brut » ou d’« indice du bonheur mondial ». Fabrice Hadjadj nous met en garde : « Certains discours appellent à une société par­faite, et pour ce faire, méprisent les désirs d’autrui …

Lire la suite »