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Lettre DSE N°7 : Organisations professionnelles, liberté et bien commun

La septième lettre de doctrine sociale de l’Eglise de l’Institut éthique et politique Montalembert vous propose des extraits de l’ouvrage d’Achille Dauphin-Meunier « La société industrielle contemporaine et les enseignements pontificaux », Nouvelles éditions latines, 1972. A cette époque membre de l’Académie d’agriculture, doyen de la faculté autonome d’économie et de droit de Paris, vice-président de la société française de géographie économique, Achille Dauphin-Meunier analyse les motifs pour lesquels la doctrine sociale de l’Eglise affirme le rôle des organisations professionnelles dans la recherche du bien commun. Une vision déformée des organisations professionnelles, au prisme d’un individualisme radical ou d’un syndicalisme gestionnaire, en fait des obstacles au progrès technique que seule une concurrence effrénée pourrait accélérer. Au contraire, l’organisation des filières professionnelles tournées vers le bien commun est nécessaire pour conforter la dignité et la liberté des acteurs économiques et ainsi dynamiser le progrès technique au service de la société. Pour illustrer ce propos, nous vous proposons également dans cette lettre un extrait de l’encyclique Sertum Laetitiae (« Couronne de la joie ») adressée aux cardinaux américains le 1er novembre 1939 et consacrée à la « question sociale » aux Etats-Unis. L’institut éthique et politique Montalembert souhaite donc à l’occasion de la publication de ces extraits souligner …

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Lettre Politique N°1 : Manifeste pour un conservatisme social

Le conservatisme en politique, c’est croire que le politique n’a pas pour vocation de changer les hommes mais de créer les conditions pour que chacun puisse davantage se réaliser et se libérer dans ses communautés d’appartenance. Croire : un conservateur ne prétend pas détenir la vérité. Il reproche aux progressistes de prétendre transformer la réalité en fonction de leur idéal ou de leur idéologie alors que les connaissances humaines sont trop limitées pour justifier de telles prétentions. Le conservatisme applique une sorte de principe de précaution humain : il s’appuie sur ce qui fonctionne, dans l’économie, dans les institutions, dans la science, pour progresser pas à pas. Le conservatisme n’accepte pas que la société soit un champ d’expérimentation grandeur nature. Le conservateur croit que chaque homme a en lui-même les ressources pour s’accomplir, améliorer sa situation et celle de ses proches. Cette foi en l’homme a été caricaturée dans les propos imputés au grand président américain conservateur Ronald Reagan : voyant un clochard il aurait refusé de lui faire l’aumône indiquant que si ce clochard le voulait vraiment il avait en lui-même la force de se sortir de la rue. Le conservatisme européen doit-il aller jusque-là ? Cela paraît contradictoire avec la tradition catholique, …

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Lettre écologique N°3 : Repousser ses « limites », ou assumer sa « vulnérabilité » ?

Le thème des « limites » est abondamment repris dans les milieux sensibles à l’écologie. Or, le conseil pontifical « Cor unum » dit à propos de la Faim dans le Monde que « l’amour qui vient demeurer dans le cœur de l’homme, lui permet de dépasser ses limites et d’agir dans le monde en créant des structures du bien commun ». Ne serait-ce donc pas nos vulnérabilités qu’il faudrait assumer plutôt que des limites que « Cor unum » nous appelle à dépasser? Pour vous abonner : Adhésion 50 euros à envoyer IEPM, 54 rue Perronet 92200 Neuilly Sur Seine Bonne Lecture Le groupe de travail Ecologie de l’IEPM  

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Lettre PHILO-ECONOMIQUE N°1

La lettre philo-économique de l’Institut éthique et politique Montalembert Novembre 2017 – n°1 Actualités Pourquoi une économie comme celle de la France a-t-elle besoin de l’industrie ? L’économie comme plusieurs autres domaines scientifiques ayant les honneurs de l’actualité font l’objet des rêves les plus fous : combien d’hommes politiques pourtant sérieux ont parlé en son temps de la fin du travail, au motif que la durée du travail n’avait cessé de diminuer tout au long du 20e siècle ? et combien de responsables économiques français d’aujourd’hui continuent de penser que, dans les pays le plus avancés, les services vont finir par supplanter l’industrie ? Ce débat est simpliste car ni l’industrie ni l’agriculture ne peuvent disparaître. Imaginer un partage des activités entre les régions du monde revient à supposer un accord entre gouvernements pour se répartir les tâches : or qui voudra laisser aux autres Etats du monde les activités les plus pointues, les plus glorieuses ou rémunératrices ? On voit bien en posant cette question que le développement de l’industrie et de l’agriculture est en enjeu d’indépendance pour les nations. Les mauvaises décisions industrielles prises en France dans les années 1970 et 1980 ont conduit au triomphe dans certaines …

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Dans l’attente, apprendre à combattre la dictature du relativisme

Bertrand VERGELY nous apporte, dans ce magnifique texte, un éclairage sur le mensonge et la tyrannie du relativisme. Le relativisme vient du terme relation et signifie le fait pour la pensée de relier une réalité posée comme absolue à un contexte matériel et historique afin de montrer que celle-ci n’a rien d’absolu. Pour ses défenseurs, le relativisme est un progrès majeur, l’absolu étant synonyme de fanatisme et donc de violence et de folie. Avant de voir si c’est le cas, voyons ce qui se passe derrière le relativisme. Retour sur la notion d’absolu. L’absolu désigne ce qui est sans lien avec quoi que ce soit d’autre que lui-même. Les Anciens disaient « ce qui se soutient par soi ». D’où une coupure radicale entre l’absolu et le reste. Il est à la mode de critiquer l’absolu en voyant là une figure du fanatisme et de la violence. Il s’agit là d’une erreur. Consultons notre expérience. Tout ce qui est grand est absolu. Ainsi prenons le vrai, le bien et le beau. Rien n’est vrai, bien ou beau parce que cela est relativement vrai, bien ou beau. Tout est vrai, bien ou beau parce que cela est absolument vrai, bien ou …

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Dans l’attente, nous avons besoin de Livres « Habités »

Invitation à la lecture ! Nous éprouvons une véritable passion pour les « livres habités » où se déploie le génie de nos maîtres, ceux qui ont su exprimer avec profondeur l’aventure humaine et qui, ce faisant, ont témoigné de l’irréductible humanité de l’homme sans laquelle il n’est d’autre avenir que barbare. Aussi Faut-il insister sur l’importance d’une redécouverte de la métaphysique. Non la métaphysique abstraite, mais celle, vivante, dont Socrate est le porteur et le Christ l’illuminateur. Bien sûr, notre époque se loge à une tout autre enseigne, dira-t-on. Soulignons, que la philosophie moderne, en se refusant à regarder au-dessus d’elle-même, s’est condamnée à regarder en dessous, là où l’on s’efforce de justifier des révoltes qui nous appauvrissent. N’est-il pas courant d’entendre des intellectuels − journalistes, professeurs, artistes et experts en tout genre − affirmer que les valeurs traditionnelles sont dépassées et qu’il faut, pour avancer, les détruire ? Reconnaissons-le : Notre utilité sera d’être des éveilleurs, des vivants. Notre parole, doit être une parole de service, ouverte sur autre chose qu’elle-même, pour vraiment marqué le destin du plus grand nombre… Serait-ce que l’homme ne parle vraiment que lorsqu’il se situe bien au-delà de ce qu’il dit ? L’essentiel …

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Dans l’attente, acquérir la dignité de l’être

Ceux qui réfléchissent un tant soit peu s’accordent sur le fait que le monde, notre monde à nous, c’est-à-dire l’Occident, est au plus mal et que les crises qui le secouent ne cessent de se multiplier tout en s’aggravant. Les attaques terroristes régulières viennent seulement s’y ajouter. Une sourde angoisse nous étreint ; On voudrait bien qu’une nouvelle révolution soit en marche, mais il ne se passe rien, sinon le morne défilement de jours gris tendant à s’assombrir. Sommes-nous donc désormais totalement abandonnés par les dieux ? Chaque jour qui passe nous révèle de nouveaux scandales, de nouvelles déchéances, nous rapprochant d’une horreur dont nous commençons plus ou moins consciemment à distinguer les contours. Cette marche vers la catastrophe est-elle due à la fatalité d’un destin morbide ? N’y-a-t-il donc rien à faire pour conjurer le sort funeste qui nous attend ? Dans les contingences actuelles, Il n’y a pas de solution, aucune alternative ; nous aurons bientôt droit à la fin des temps… ? L’Alternative spirituelle A moins que… A moins que nous n’acceptions de nous remettre véritablement en question. avec la volonté de laisser de côté nos grilles de lecture habituelles. Au vu de la situation calamiteuse dans laquelle nous …

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Il NE FAUT PAS ATTENDRE GODOT

DISCOURS de Václav Havel, Associé étranger, à l’ ASMP MONSIEUR LE PRESIDENT, Je vous remercie de vos paroles. Je suis à la fois honoré et touché par la qualité et la profondeur de la lecture que vous avez faite de mon engagement et de celui de mes nombreux concitoyens. CHERS CONFRÈRES, C’est un grand honneur pour moi d’être élu parmi vous, en cette prestigieuse Académie des Sciences morales et politiques, honneur qui représente pour moi un grand encouragement aujourd’hui et me propose un grand pari sur l’avenir. Puisqu’il me revient le privilège d’être l’un des vôtres jusqu’à la fin de mes jours, je dois savoir en être digne. Je vous promets d’essayer d’honorer ce contrat. Respectueux de l’esprit de cette belle tradition académique, j’ai l’agréable devoir de m’incliner, du haut de cette tribune, devant mon prédécesseur, l’économiste italien Giuseppe Ugo Papi, dont l’œuvre qui porte, entre autres, sur la mise en place des structures internationales de coopération économique, dépasse largement les frontières de son pays. MESDAMES ET MESSIEURS, Je viens parmi vous d’un pays qui, pendant de longues années, a vécu dans l’attente de sa liberté. Qu’il me soit permis de saisir cette occasion pour présenter une brève réflexion sur …

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L’attente est la première forme de notre révolte

Chers amis, En cette rentrée de septembre, les difficultés auxquelles nous devons faire face, qu’elles soient personnelles (précarité, perte d’emploi, maladie, fragilité humaine, trouble existentiel, mal provoqué ou subi) ou collectives (crise économique, malaise social, confusion politique, incertitude internationale) sont si imposantes que nous pourrions finir par nous résigner à ne plus rien attendre. Pourtant, jamais comme en ces circonstances, les mots de DANTE – qui nous reviennent en tête- ne se sont révélés aussi évidents : » Chacun confusément conçoit un bien ou l’âme se repose et le désire; et chacun s’efforce à l’atteindre ». Mais quelle loyauté chacun de nous doit avoir pour reconnaitre cette attente et ce désir de bien ! Et ce qui rend cette reconnaissance plus difficile, c’est cette clameur sociale que nous concourons tous à engendrer par notre passivité complice. En fait,  » tout est unanime à nous passer sous silence, moitié comme une honte peut-être, moitié comme une indicible espérance »(RILKE). Chacun de nous sait très bien dans quelle mesure il contribue à cette situation inconfortable. Qui l’emporte ? Notre côté qui attend ou celui qui se contente? PAVESE nous donne un début de réponse, en saisissant en nous, comme personne d’autre, la persistance de cette …

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